Titre original :  Robert Weir. Via Saskatchewan Archives Board, R-B11272.

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WEIR, ROBERT, éducateur, officier de milice, soldat, cultivateur, éleveur et homme politique, né le 5 décembre 1882 à Wingham, Ontario, fils de Robert Weir et de Jane Johnson ; en 1922, il épousa Margaret Dorothy Vance, d’Emerson, Manitoba, et ils eurent une fille et un fils ; décédé le 7 mars 1939 près de Weldon, Saskatchewan.

Robert Weir grandit à la ferme familiale dans le comté de Huron, et fit ses études dans une petite école primaire rurale et une école secondaire de Clinton. Il reçut une formation d’enseignant à la Normal School de London, inaugurée en 1900 sous la direction de Francis Walter Merchant, puis enseigna quelque temps dans le comté de Huron et dirigea l’école publique de Marmora. Il fréquenta ensuite la University of Toronto, où il étudia les mathématiques, la physique et l’actuariat, et obtint une licence ès arts en 1911. Il travailla pendant une courte période dans le service d’actuariat de la Confederation Life Association à Toronto, puis, en 1912, accepta un poste de professeur au Regina Collegiate Institute et partit vivre en Saskatchewan. Pédagogue apprécié et excellent entraîneur d’athlétisme, Weir y fut apparemment heureux. Selon le rapport d’un inspecteur d’école, Weir enseignait les mathématiques « avec vigueur et efficacité », ses leçons étaient « construites logiquement » et ses élèves, « hautement stimulés et disciplinés ». Il devint aussi instructeur en chef des 70 étudiants du corps de cadets n155, unité de la milice canadienne de l’établissement.

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale en août 1914, Weir se sentit obligé de s’enrôler, comme de nombreux hommes de sa génération. Dès la fin de l’année scolaire 1914–1915, il intégra le 95th Regiment (Saskatchewan Rifles) de la milice active et, en février 1916, s’engagea dans le Corps expéditionnaire canadien pour servir outre-mer. Grâce à son expérience dans la milice, il devint un officier de l’instruction efficace ; il assuma cette fonction au Canada et en Angleterre. Avant le mois d’octobre, on le promut major. Cependant, résolu à prendre part aux hostilités, il renonça à son grade pour être envoyé au front de l’Ouest, qu’il atteignit au mois de février 1917. Il souffrit d’un accès de fièvre des tranchées, mais ne subit aucune blessure durant presque toute l’année 1917, alors qu’il combattit bravement dans de nombreux affrontements. La chance de Weir l’abandonna toutefois le 31 octobre à la bataille de Passchendaele, quand les éclats d’une bombe d’artillerie le blessèrent gravement. Retiré du front, il passa le reste du conflit à organiser et à gérer les cours par correspondance de la Khaki University of Canada, qui permettaient aux soldats démobilisés de poursuivre leurs études.

En 1919, le gouvernement libéral de la Saskatchewan de William Melville Martin* nomma Weir inspecteur d’école provincial. Il trouva cependant difficile et stressant lhoraire exténuant de ses déplacements professionnels, en partie à cause de ses blessures de guerre. Ses médecins lui ayant conseillé de songer à occuper un emploi en plein air, Weir acheta en 1922 ce qui deviendrait la Hereford Park Farm, propriété de 1 000 acres près de Weldon, village situé entre Melfort et Prince Albert. La même année, il épousa Margaret Dorothy Vance, et le couple s’installa dans la ferme mixte. En recourant à des techniques scientifiques d’exploitation du bétail et du blé, Weir transforma la Hereford Park Farm en une attraction majeure de la province, surtout pour ses porcs berkshires, ses moutons shropshires, ses bovins herefords et ses chevaux percherons, tous primés. Son succès financier lui permit d’acquérir un ranch près de Pincher Creek, en Alberta, où il éleva aussi des herefords.

La notoriété de Weir comme cultivateur et éleveur attira l’attention des partis politiques, et les conservateurs fédéraux le recrutèrent pour briguer la circonscription de Melfort aux élections du 28 juillet 1930. En grande partie grâce à sa popularité, Weir réussit à défaire le député libéral Malcolm McLean. Les conservateurs remportèrent le scrutin général et formèrent un gouvernement majoritaire. Sous les pressions de certains tories de la Saskatchewan, le nouveau premier ministre, Richard Bedford Bennett*, nomma Weir à la tête du ministère de l’Agriculture malgré son manque d’expérience en politique.

Weir entra au gouvernement durant la grande dépression, soit à un bien mauvais moment. Il se heurterait à une double crise : l’effondrement des marchés mondiaux de produits agricoles et une grave sécheresse, qui sévissait surtout dans le climat semi-aride du sud des Prairies canadiennes, région appelée le « triangle de Palliser » en mémoire de l’explorateur John Palliser*. Weir agit en premier lieu en instaurant une mesure pour encourager les cultivateurs de blé des zones arides à se tourner vers l’agriculture mixte ou, si nécessaire, à quitter les territoires du triangle de Palliser les plus durement touchés pour s’installer dans des régions plus humides en bordure de la forêt. Weir se rendrait compte beaucoup trop tard qu’aucune de ces options coûteuses n’était viable pour les cultivateurs, qui survivaient à peine grâce aux allocations de secours.

Weir semblait paralysé par l’ampleur du « cratère de poussière » qui dévastait le triangle de Palliser. Il facilita la distribution de l’aide financière aux cultivateurs des provinces des Prairies, en particulier la Saskatchewan, mais il ne savait que faire d’autre. À la fin de 1933, ses détracteurs insistèrent sur les succès des nombreuses initiatives du New Deal, mises en place aux États-Unis par le président Franklin Delano Roosevelt. Tôt l’année suivante, visiblement inspiré par les mesures interventionnistes de la National Recovery Administration de Roosevelt, Weir supervisa le cheminement de la Loi sur l’organisation du marché des produits naturels, qui, une fois sanctionnée, permit aux cultivateurs de recourir à des quotas pour régir l’offre – et donc les prix de vente – sur le marché intérieur. Malheureusement, cette politique n’avait aucune incidence sur les produits, comme le blé, cultivés principalement à des fins d’exportation.

Dans un esprit plus constructif, Weir ordonna aux directeurs des fermes et stations expérimentales de son ministère dans les Prairies (comme celle qu’Angus Mackay avait fondée près d’Indian Head, en Saskatchewan) de compiler des données sur la lutte contre l’érosion des sols et de préparer d’autres études sur le problème. Lorsque Bennett annonça son propre New Deal en janvier 1935, Weir était enfin prêt à mettre en œuvre des mesures radicales pour s’attaquer à la catastrophe écologique qui touchait le triangle de Palliser. La Loi sur le rétablissement agricole des Prairies, promulguée en avril, entraîna la mise sur pied de l’Administration du rétablissement agricole des Prairies ; le nouvel organisme lança un programme exhaustif de bonification des terres, de stockage de l’eau et d’irrigation, qui rencontrerait un réel succès.

Pour la carrière politique de Weir, cela venait toutefois trop tard. Six années de dépression avaient laissé les Canadiens dans une situation désespérée [V. Edward Jack Bates]. Le 1er juillet, une émeute éclata à Regina au terme d’un bras de fer de deux semaines entre la Gendarmerie royale à cheval du Canada et des chômeurs participant à la Marche sur Ottawa [V. Nicholas John Schaack]. On y avait envoyé Weir et son collègue, le ministre Robert James Manion*, pour tenter de négocier avec les manifestants, sans succès. Les violences de Regina érodèrent davantage la popularité du gouvernement Bennett. Aux élections générales du 14 octobre, les conservateurs furent battus à plate couture, et Weir perdit son siège. Même si les libéraux avaient rejeté la majeure partie du New Deal au cours de la campagne, le gouvernement de William Lyon Mackenzie King* s’appuierait sur les réformes de Weir. Le ministre de l’Agriculture de King, James Garfield Gardiner*, qui avait critiqué l’Administration du rétablissement agricole des Prairies à titre de premier ministre de la Saskatchewan, s’arrogerait avec plaisir les succès de l’organisme.

Après sa défaite, Robert Weir quitta la politique et se remit à l’agriculture. Il ne vivrait encore que quelques années. Au début du mois de mars 1939, tandis qu’il transportait des sacs d’orge de semence de Weldon à la Hereford Park Farm, son traîneau se coinça dans une congère, dérapa et se renversa. Écrasé sous le véhicule et son contenu, Weir succomba à des blessures internes avant l’arrivée d’un médecin. Peu après ses funérailles, sa veuve et ses deux enfants allèrent vivre en Alberta. La création de l’Administration du rétablissement agricole des Prairies constitue le legs le plus important de Weir. Pour répondre à la sécheresse qui frappa le triangle de Palliser, l’organisme dirigea une intervention nationale qui contribua à restaurer l’agriculture après la dévastation du grenier du Canada.

Gregory P. Marchildon

Des photographies de Robert Weir se trouvent aux PAS (R-B2999, R-B11272) et à BAC (C-010149).

BAC, RG 150, Acc. 1992–93/166, boîte 10207-12.— PAS, F 671 (William Melville Martin fonds).— G. C. Allison, « “Bob” Weir – teacher, soldier, farmer : how Canada’s new minister of agriculture wins success », Saskatchewan Farmer (Regina), 15 août 1930 : 15.— Gazette (Montréal), 8 mars 1939.— Journal (Melfort, Saskatchewan), 15 juill., 26 août 1930.— Saskatoon Star-Phoenix, 7 mars 1939.— P. M. Abel, « Saskatchewan’s Cincinnatus », Country Guide (Winnipeg), septembre 1930 : 5, 63, 66.— L. A. Glassford, Reaction and reform : the politics of the Conservative Party under R. B. Bennett, 1927–1938 (Toronto, 1992).— G. P. Marchildon, « The Prairie Farm Rehabilitation Administration : climate crisis and federal–provincial relations during the Great Depression », CHR, 90 (2009) : 275–301.— G. P. Marchildon et Carl Anderson, « Robert Weir : forgotten farmer-minister in R. B. Bennett’s depression-era cabinet », Prairie Forum (Regina), 33 (2008) : 65–98.

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Gregory P. Marchildon, « WEIR, ROBERT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 juin 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/weir_robert_16F.html.

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Auteur de l'article:    Gregory P. Marchildon
Titre de l'article:    WEIR, ROBERT
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
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Date de consultation:    2 juin 2026