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ALLARD, OVID, commis de la Hudson’s Bay Company, né le 11 juillet 1817 à Montréal (Bas-Canada) d’une famille de souche française, décédé le 2 août 1874 au fort Langley, C.-B.

Selon une tradition familiale, Ovid Allard entra au service de la Hudson’s Bay Company à Lachine en 1834. Il fut immédiatement envoyé dans l’Ouest avec un groupe de trafiquants et de trappeurs qui devaient fonder par la suite le fort Boise où Allard, dit-on, commandait en second. En 1839, il fut muté au quartier général du département de Columbia au fort Vancouver et de là, en Nouvelle-Calédonie, au fort Langley, le premier poste installé par la compagnie dans les basses terres de ce qui est aujourd’hui la province de la Colombie-Britannique. Aguerri par cinq années passées dans les plaines à bisons et connaissant bien les habitudes des Indiens, Allard fut un des hommes les plus utiles parmi le personnel du fort Langley. Quand le fort fut entièrement détruit par un incendie, le 11 avril 1840, il contribua à le reconstruire sur le même emplacement. On dit également qu’il aurait été chargé du commerce avec les Indiens et de les surveiller. James Murray Yale écrivit à sir George Simpson* le 17 décembre 1845 : « Ovid Allard, dit Chatelain, est toujours ici et il sert d’interprète et de commis ; à son arrivée, il avait des habitudes plutôt répréhensibles mais il s’est considérablement amendé ces derniers temps ; il a toujours été un type débrouillard. » C’est à cette époque qu’il épousa Justine, une Indienne qui, d’après ce qui s’est transmis dans la famille, était la sœur du chef des Cowichans. Ils eurent quatre enfants.

En fixant les frontières de l’Oregon, le traité de 1846 rendit inévitable le retrait de la compagnie depuis le fleuve Columbia jusqu’au Fraser ; Allard participa donc à la construction de la nouvelle route de brigade qui conduisait du fort Kamloops au fort Langley. En novembre 1847, on l’envoya avec un groupe de six hommes construire le fort Yale dont on lui confia le magasin par la suite. Il semble qu’il y ait fait preuve de beaucoup de courage et d’ingéniosité dans ses rapports avec les Indiens. Allard était au nombre de ceux qui construisirent le fort Hope pendant l’hiver de 1848–1849 et, une fois encore, il fut chargé de s’occuper du magasin. Il y demeura au moins jusqu’au 2 juin 1850, date où il signala à Yale qu’il allait « bientôt manquer de tous les articles de commerce ». Ensuite, il retourna au fort Langley pour s’occuper du commerce avec les Indiens et de leur surveillance, mais à la suite d’une violente dispute avec Yale, it fut muté au fort Victoria vers la fin de l’année 1852. L’année suivante, Allard fut envoyé à Nanaimo où la compagnie exploitait les gisements de charbon. Il y passa cinq ans à diriger les travailleurs indiens qui, selon son supérieur, le chef de poste Joseph William McKay*, étaient « plus qu’inutiles s’ils n’étaient pas surveillés de très près ».

Quand la ruée vers l’or du fleuve Fraser s’amorça au printemps de 1858, le gouverneur James Douglas envoya Allard rouvrir le fort Yale qui était désaffecté depuis le parachèvement du fort Hope environ dix ans plus tôt. La présence d’un homme expérimenté s’avérait maintenant de nouveau nécessaire pour commercer avec les Indiens et pour éviter toute confrontation avec les mineurs qui affluaient dans la région. Allard resta à Yale jusqu’en 1864 ; à cette date les affaires allaient si mal qu’on l’envoya prendre le commandement du fort Langley. Il y passa les dix dernières années de sa vie à gérer la ferme de la compagnie et à commercer avec les Indiens en achetant du saumon, des canneberges et des fourrures. Il semble avoir été apprécié dans ce poste, bien qu’il n’atteignît jamais un rang plus élevé que celui de commis. Ce fut vraisemblablement son manque d’instruction qui l’empêcha de progresser. Ses lettres sont remplies de fautes de grammaire et il avoua à ses supérieurs de Victoria qu’il ne se sentait pas capable d’ouvrir de nouveaux registres car, disait-il, « je me perds beaucoup dans votre façon de tenir les comptes ».

Ce « fidèle serviteur de la HBC » s’intéressa aussi aux affaires de la petite communauté qui entourait le fort. Il fut président de la commission scolaire dans les années 1870 et maître de poste du 2 septembre 1870 jusqu’au moment de sa démission au début de 1871. Sa santé aurait commencé à s’altérer dès 1867, mais il était toujours en charge du fort Langley quand il mourut. Il fut enseveli près du fort, dans le vieux cimetière de la compagnie, et son nom est inscrit sur le cairn que le gouvernement de la Colombie-Britannique érigea pour commémorer ce cimetière de pionniers. En 1840, il avait participé à la reconstruction du fort Langley, restauré en 1958, qui est devenu le parc national historique de Fort Langley.

Dorothy Blakey Smith

HBC Arch. B.113/b/2, ff.2–6, 6–6v, 18, 25v–26, 36 ; B.113/b/3, ff.44v–115, 60v ; B.113/c/1, f.3.— PABC, Jason Ovid Allard, Biographical notes on Ovid Allard ; Reminiscences (s.d.) ; Sketches of early life in British Columbia (copié et annoté par George Green, 1942) ; Fort Nanaimo correspondence, août 1852–septembre 1853.— Colonist (Victoria), 1858–1874.— Gazette (Victoria), 1858–1874.— Mainland Guardian (New Westminster, C.-B.), 5 août 1874.— Denys Nelson, Fort Langley, 1827–1927, a century of settlement in the valley of the lower Fraser River (1re éd., Vancouver, C.-B., 1927 ; 2e éd., 1947).— George Green, The fort builder, Vancouver Province, 24 janv. 1953.— F. W. Howay, The raison d’être of Forts Yale and Hope, MSRC, 3e sér., XVI (1922), sect. ii : 49–64.— B. A. McKelvie, Jason Allard : furtrader, prince, and gentleman, BCHQ, IX (1945) : 243–257.

Bibliographie générale

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Dorothy Blakey Smith, « ALLARD, OVID », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/allard_ovid_10F.html.

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Auteur de l'article:   Dorothy Blakey Smith
Titre de l'article:   ALLARD, OVID
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   2 septembre 2014