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BRENNAN, MARGARET, dite sœur Teresa, membre des Sœurs de la Congrégation de Saint-Joseph, née le 1er juillet 1831 à Kingston, Haut-Canada, deuxième enfant de Michael Brennan, marchand, et de Mary Begley ; décédée le 23 août 1887 à Port Arthur (maintenant partie de Thunder Bay, Ontario).

À l’époque où Margaret Brennan prit l’habit chez les Sœurs de la Congrégation de Saint-Joseph à Toronto, le 15 octobre 1852, la communauté comptait neuf membres au Haut-Canada, dont quatre étaient les fondatrices venues de Carondelet (St Louis, Missouri) et de Philadelphie [V. Maria Bunning*] l’année précédente : Née au sein d’une famille assez instruite, de condition moyenne, elle entra dans une communauté pauvre qui s’occupait des orphelins, des indigents et des malades. Le couvent était situé sur un terrain dont John Elmsley* avait fait don au diocèse, dans un immeuble que Mme Elmsley et sa sœur, Mme John King, avaient aménagé en orphelinat. Quand Margaret Brennan commença son noviciat, les religieuses et 55 orphelins vivaient dans cette petite maison à deux corps de logis.

En 1853, sœur Teresa commença d’enseigner à l’école épiscopale St Paul, une des trois institutions dans lesquelles les sœurs de Saint-Joseph enseignaient à l’époque, et, l’année suivante, elle prononça ses vœux perpétuels. Cette année-là, le couvent étant surpeuplé, on dut construire un noviciat et un pensionnat près de l’église St Paul. La première supérieure générale de la congrégation, Marie-Antoinette Fontbonne*, dite sœur Delphine, mourut victime du typhus en 1856 et fut remplacée par Caroline Struckhoff, dite sœur Teresa. Sœur Teresa Brennan assuma les fonctions de cette dernière comme supérieure locale de l’orphelinat jusqu’à sa nomination comme supérieure générale par Mgr Armand-François-Marie de Charbonnel*, en 1858. Première novice de la congrégation à être née au pays, elle devint la première supérieure générale d’origine canadienne.

Pendant la première année de son mandat, sœur Teresa ouvrit un couvent et une école à Oshawa. En 1862, lorsque John Elmsley fit don aux religieuses de deux acres de sa propriété de Clover Hill en vue de construire une nouvelle maison mère à Toronto, elle surveilla le tracé des plans et l’édification de l’immeuble qui comprenait un pensionnat et un noviciat. Au bout de cinq ans, elle démissionna comme supérieure générale et fut nommée maîtresse des novices, un poste requérant des qualités spirituelles et intellectuelles spéciales en vue d’entraîner et de former de nouvelles adhérentes. Sœur Teresa fut supérieure locale à St Catharines en 1865 et 1866 et de 1869 à 1872, à London en 1868 et à Barrie de 1875 à 1878. De 1878 à 1887, elle exerça les fonctions d’assistante de la supérieure générale, poste qu’elle avait occupé à diverses époques après 1866.

Sœur Teresa consacra sa vie avec le plus grand désintéressement aux intérêts de la congrégation mais elle eut aussi d’autres préoccupations. Les inscriptions dans les écoles catholiques de Toronto avaient augmenté régulièrement et, en 1881, il y avait des sœurs œuvrant dans huit écoles élémentaires. Elles enseignaient aussi dans une école secondaire, grâce à une certaine aide financière du conseil d’administration des écoles séparées, et dans leur pensionnat privé. À la House of Providence, ouverte en 1857, les orphelins, les pauvres, les vieux et les jeunes, hommes et femmes, catholiques et non-catholiques étaient hébergés, soignés et on leur faisait même la classe s’ils étaient d’âge scolaire. De plus, on rendait visite à domicile aux malades de la ville, bien que le travail d’hôpital lui-même ne commençât pas avant l’ouverture du St Michael’s Hospital en 1892. Sœur Teresa prit part à l’organisation et à la direction de toutes ces entreprises. En 1876, elle fit même une tournée aux États-Unis en vue de réunir des fonds pour maintenir les institutions et permettre d’avoir des sœurs compétentes dans le domaine de l’éducation.

Sœur Teresa ne fut jamais de santé robuste. Après avoir commencé son noviciat en 1852, elle tomba malade, et Mgr de Charbonnel lui accorda la permission sans précédent de retourner dans son foyer vêtue de l’habit religieux. Sa guérison fut considérée comme miraculeuse, mais à certaines époques pendant ses quelque 35 années de vie religieuse, sa santé l’obligea à interrompre une partie de son activité. Finalement, en février 1887, elle subit une attaque cardiaque sérieuse. Afin de se rétablir, elle se rendit à Port Arthur où la congrégation, forte de 200 membres, avait ouvert une mission en 1881. Le 23 août, elle mourut subitement, loin de la maison mère où elle avait passé une grande partie de sa vie.

Sœur Teresa avait largement accompli sa mission de professeur, d’administratrice, de conseillère et de bienfaitrice, et elle avait apporté sa contribution à la vie canadienne par l’exemple qu’elle donna d’une vie consacrée aux besoins des autres. Elle avait aussi aidé à établir les Sœurs de la Congrégation de Saint-Joseph qui exercent encore leur apostolat dans les domaines de l’éducation, de la santé et du travail social, non seulement en Ontario mais aussi dans les provinces de l’Ouest et dans les Territoires du Nord-Ouest.

Mary Bernita Young

St Mary’s Cathedral (Kingston, Ontario), Register of baptisms, burials, and marriages, juill. 1831.— Sisters of St Joseph of Toronto Arch. (Toronto), Reception and profession books.— Sisters of St Joseph of Toronto, Community annals, [1851–1956] (3 vol., Toronto, [1968]),1 : 6, 53, 56, 154–156.— Kingston Chronicle (Kingston, Ontario), 2 juill. 1831.— W. P. Bull, From Macdonell to McGuigan, the history of the growth of the Roman Catholic Church in Upper Canada (Toronto, 1939).— Jubilee volume, 1842–1892 : the archdiocese of Toronto and Archbishop Walsh, [J. R. Teefy, édit.] (Toronto, 1892), 156.— Sister Mary Agnes, The Congregation of the Sisters of St. Joseph : Le Puy, Lyons, St. Louis, Toronto (Toronto, 1951).

Bibliographie générale

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Mary Bernita Young, « BRENNAN, MARGARET », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/brennan_margaret_11F.html.

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Auteur de l'article:   Mary Bernita Young
Titre de l'article:   BRENNAN, MARGARET
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   25 octobre 2014