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BULL, GEORGE PERKINS (il avait peut-être un troisième prénom : Bothesby), imprimeur, libraire, éditeur, journaliste et fonctionnaire, né le 14 juin 1795 à Drogheda (république d’Irlande), fils du capitaine Joseph Bull ; le 28 juin 1818, il épousa Dorothea Burland, et ils eurent quatre fils ; décédé le 5 décembre 1847 à Hamilton, Haut-Canada.

George Perkins Bull était issu d’une famille de militaires dont les ressources étaient très modestes. Son père et son frère Richard étaient officiers dans les dragons légers ; George, quant à lui, reçut une formation d’imprimeur à Dublin. Dès 1823, il était devenu assez prospère pour prendre à sa charge les deux enfants de Richard. En 1827, il devint éditeur de l’Antidote, or Protestant Guardian, périodique de Dublin dont le rédacteur en chef était Ogle Robert Gowan*. Orangistes tous les deux, ils essayèrent d’assurer dans ce journal une défense de dernière heure aux protestants dont les privilèges étaient menacés par l’émancipation des catholiques. La parution de l’Antidote prit fin lorsque Bull fut contraint de purger une peine d’emprisonnement d’un an pour diffamation contre un prêtre catholique. Au même moment Bull rompit avec Gowan. Ce dernier avait sans aucun doute abusé de Bull, mais leur différend venait surtout d’une incompatibilité de caractères entre l’homme doué et haut en couleur qu’était Gowan et le travailleur acharné à l’imagination moins fertile qu’était Bull. Celui-ci se vengea en menant contre Gowan une campagne qu’il allait poursuivre une fois établi dans le Nouveau Monde.

Bull partit pour le Bas-Canada à la fin de 1831 et s’installa à Montréal. Il se lança d’abord en affaires à titre d’« imprimeur, papetier et libraire » et, par la suite, il entreprit la publication du London and Canada Record. Gowan, qui s’était installé deux ans plus tôt dans le comté de Leeds, Haut-Canada, était parvenu à réunir la plupart des orangistes canadiens sous son leadership dans la Grand Orange Lodge of British North America, fondée le 1er janvier 1830. La première intention de Bull fut de ruiner l’œuvre de Gowan. Aussi s’employa-t-il à convaincre les orangistes montréalais que Gowan était un imposteur et qu’il avait mauvaise réputation, ce qui amena les orangistes du Bas-Canada à rompre leurs relations avec la loge de Gowan et à établir des liens directs avec la grande loge du Royaume-Uni. Bull devint temporairement le maître de la Montreal Lodge No. 434. Au cours de l’année 1832, Gowan réussit à se disculper suffisamment des accusations que Bull avait publiées dans la presse du Haut-Canada pour conserver l’estime de ses disciples et même obtenir des témoignages de confiance de la grande loge britannique.

Bull s’efforça de se tailler une situation à Montréal en donnant son appui au parti des bureaucrates. Il servit à titre de constable spécial dans les bagarres électorales de 1832 et de témoin de la couronne dans les procès qui suivirent. Malgré tout, selon les termes d’une pétition qu’il adressa le 20 juin 1833 à sir John Colborne*, lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, il n’avait pas « reçu suffisamment d’encouragement » pour demeurer à Montréal et il était parti pour York (Toronto). Sa pétition à Colborne, qui donnait comme références les noms de plus de 40 gentilshommes, aristocrates, magistrats et membres du clergé, tous orangistes, témoigne de l’empressement avec lequel il utilisait ses relations orangistes. Même s’il ne reçut aucune aide de Colborne, Bull fut en mesure de fonder en juillet 1834 le Recorder and General Advertiser de Toronto, journal important qui prit la défense des intérêts des tories aux élections de 1834.

Bull s’empressa de rapporter dans le Recorder la violence exercée au cours du scrutin qui se déroula dans le comté de Leeds, violence qui entraîna l’invalidation de l’élection de Gowan. C’est peut-être à cause de leur querelle continuelle qu’Allan Napier MacNab*, un autre adversaire obstiné de Gowan, invita Bull à fonder un journal tory à Hamilton en 1835. La Hamilton Gazette, journal de ton modéré que Bull fit paraître deux fois la semaine et qui se voulait le porte-parole du torysme de la Haute Église, connut un succès moyen. Au milieu des années 1840, toutefois, le dynamisme du Journal and Express, journal réformiste de Solomon Brega, convainquit les tories de Hamilton du besoin d’une voix plus énergique que la Hamilton Gazette, dont les intérêts semblaient se porter de plus en plus vers la théologie. Le 15 juillet 1846, le Hamilton Spectator, and Journal of Commerce, fondé par Robert Reid Smiley*, commença à défendre la cause tory. Bull, nommé coroner du district de Gore le 19 juin 1846, continua de publier la Hamilton Gazette jusqu’à sa mort, l’année suivante. L’un des trois fils qui lui survivaient, Harcourt Burland, prit alors la relève et assura la parution du journal jusqu’à ce qu’il soit absorbé par le Hamilton Spectator au milieu des années 1850.

Fils d’un officier de l’armée, George Perkins Bull, même sans fortune, put maintenir son rang social en se taillant une place dans le journalisme politique. Dans le conflit qui l’opposa à Gowan, comme dans la plupart de ses écrits, il a adopté le ton d’un honnête homme outré par la suffisance arrogante de ses ennemis personnels et politiques. Cette attitude, associée à la pratique d’un journalisme populaire et efficace, lui permit de s’assurer la sécurité et les contacts politiques qu’il recherchait.

Hereward Senior

AO, MU 1857, no 2311 ; RG 22, sér. 205, no 740.— APC, MG 11, [CO 42] Q, 202–1 : 17–18 ; MG 27, I, E30 ; RG 5, Al : 71753–71756.— G.-B., Parl., House of Commons paper, 1835, 17, no 605, Report from the select committee appointed to inquire into the origin, nature, extent and tendency of Orange institutions in Great Britain and the colonies, app., no 23 : 396.— Interesting trial : Hopkins against Gowan, Wexford spring assizes, March 14, 15, 1827 [...] (Dublin, 1827 ; réimpr., Kingston, Ontario, et Toronto, 1837 ; copie à la Queen’s Univ. Library, Special Coll. Dept., Kingston).— Brockville Gazette (Brockville, Ontario), 21 juin, 16 août 1832.— Church, 10 déc. 1847.— Constitution, 14 juin 1837.— Hamilton Gazette, and General Advertiser (Hamilton, Ontario), 1835–1847.— Recorder and General Advertiser (Toronto), 14 mai, 6 juin 1835.— StCatharines Journal, 16 déc. 1847.— Vindicator (Montréal), 2 avril 1832.— Death notices of Ont. (Reid).— DHB. Hereward Senior, Orangeism, the Canadian phase (Toronto, 1972), 41–42, 48.

Bibliographie générale

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Hereward Senior, « BULL, GEORGE PERKINS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bull_george_perkins_7F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   23 octobre 2014