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CAMERON, GEORGE FREDERICK, poète, avocat et journaliste, né le 24 septembre 1854 à New Glasgow, Nouvelle-Écosse, fils aîné de James Grant Cameron et de Jessie Sutherland ; le 22 août 1883, il épousa Ella Amey, et ils eurent une fille ; décédé le 17 septembre 1885 à Millhaven, Ontario.

George Frederick Cameron fit ses premières études à New Glasgow et semble avoir été à la fois excellent élève et sportif accompli. En avril 1869, il déménagea avec sa famille à Boston, ce qui interrompit une affaire de cœur précoce. Néanmoins, le jeune couple s’estimait fiancé et correspondit régulièrement. Pendant trois ans, Cameron consacra une grande partie de ses énergies à écrire sur la liberté et en particulier sur la lutte qui avait lieu à Cuba. Il fournissait des poèmes et des articles portant sur ce sujet à des journaux et à des revues de l’endroit. Cependant, en 1872, il apprit que sa future épouse était fiancée à un autre prétendant, qu’elle épousa par la suite ; sa santé en fut gravement affectée physiquement et moralement. Deux ans plus tard, de retour à Boston après dés vacances destinées à le guérir, il apprit la mort de son ancienne fiancée ; il alla alors sur sa tombe en Nouvelle-Écosse. Les tensions connues durant ces années lui fournirent matière à une grande partie de ses premières poésies.

Cameron revint donc à Boston à l’automne de 1874 et s’inscrivit à la Boston School of Law. Il se classa premier et reçut son diplôme en 1877 ; il entra en fonction dans l’étude Dean, Butler and Abbot de cette ville. Cameron y resta cinq ans tout en continuant à soumettre aux revues locales des articles littéraires. En juin 1882, il quitta Boston, et, à l’automne, s’inscrivit au Queen’s College à Kingston, Ontario. Bien qu’il n’excellât pas dans ses études, il fit partie, à l’université, d’un groupe de poètes comprenant, entre autres, Thomas Guthrie Marquis*, et il gagna le prix de poésie à l’université en 1883 pour son poème Adelphi. En mars de la même année, il quitta cette institution pour devenir directeur du Daily News à Kingston. Il occupa ce poste tout en continuant à écrire des vers jusqu’à sa mort prématurée, due à un arrêt du cœur, deux ans plus tard.

Un recueil des poèmes de Cameron, Lyrics on freedom, love and death, parut à titre posthume à Boston et à Kingston en 1887 grâce à son frère Charles John dont la préface louangeuse servit de base à des articles biographiques ultérieurs. Charles John publia également le livret, dont son frère était l’auteur, d’un opéra militaire, [...] Leo, the royal cadet, qui parut en 1889 sous les noms conjoints de Cameron et du compositeur Oscar F. Telgmann. L’opéra, dont l’action se situe au collège militaire royal du Canada à Kingston, est un ouvrage léger sur l’amour et la guerre, rappelant vaguement les opéras de Gilbert et Sullivan, et ceux de la même époque du théâtre Savoy. Il fut joué en 1889 à Kingston et dans plusieurs autres villes de l’Ontario.

Ce fut le poète Archibald Lampman* qui découvrit la poésie de Cameron : il parlait de lui comme d’un « poète d’une vigueur lyrique des plus authentiques et des plus ardentes » ; il recommanda d’inclure dix de ses poèmes dans Later Canadian poems (1893) de James Elgin Wetherell*. Celui-ci choisit 15 poèmes de Cameron, dont sept recommandés par Lampman et qui sont devenus depuis des pièces d’anthologie. Lampman avait présenté son opinion sur Cameron, écrivain « d’une rare spontanéité » et « d’un élan poétique véritable », lors d’une conférence prononcée à Ottawa en 1891, portant sur Cameron et Charles George Douglas Roberts*, et dont le texte parut à titre posthume sous le titre de « Two Canadian poets [...] ».

Parmi les vers de Cameron qui furent publiés, ses ouvrages de jeunesse, « Lyrics on freedom », n’ont pas survécu aux événements politiques de l’époque ; ses « Lyrics on love », qui dénotent l’influence de plusieurs bouleversements émotionnels réels ou imaginaires, sont moroses, mélancoliques et misogynes ; ses « Lyrics in pleasant places and other places » et « Lyrics on death » commémorent des impressions personnelles. Pour sa poésie, Cameron prit modèle sur Sappho et Shelley mais il est redevable principalement, surtout dans les deux plus longs poèmes des Lyrics, aux œuvres de jeunesse de Tennyson. Adelphi est un conte en vers qui exprime les sentiments de deux frères pour la même femme, allant jusqu’à l’abnégation à la manière d’Enoch Arden de Tennyson. Ysolte ressemble à la Maud de ce dernier : c’est le récit nettement imaginaire d’un amour malheureux. Ysolte reflète, par le style comme par le fond, la dualité qui existe chez Cameron dans son attitude face à la vie : toute son œuvre exprime les extrêmes de l’amour et de la haine, de la fiction et de la vérité. La mélancolie que l’on trouve dans sa poésie correspond en partie à un style élégiaque classique qui est manifeste dans les poèmes les plus sombres de Lampman, mais elle est également attribuable aux véritables sentiments d’un homme qui a subi une profonde dépression. Dans l’ensemble, sa prosodie est honnête, son œuvre est introspective et remplace l’originalité des images et de l’émotion par un penchant pour une diction poétique ordinaire qui exalte des événements d’intérêt passager et qui, en conséquence, ne dépasse pas le niveau des vers.

La réputation de Cameron a surtout souffert des panégyristes ultérieurs dépourvus de sens critique qui firent son éloge pour ce qu’ils auraient aimé qu’il fût plutôt que pour ce qu’il était : un versificateur compétent, typique de son époque.

Alexander H. Brodie

Nous trouvons la poésie de George Frederick Cameron dans Lyrics on freedom, love and death, C. J. Cameron, édit. (Kingston, Ontario, et Boston, 1887 ; réimpr., Toronto et Buffalo, N. Y., 1973), et dans Later Canadian poems, J. E. Wetherell, édit. (Toronto, 1893) ; il a écrit, en collaboration avec Oscar F. Telgmann, An entirely new and original military opera in four acts, entitled : Leo, the royal cadet ([Kingston], 1889).

QUA, Richard Albert Wilson papers.— A. S. Bourinot, Five Canadian poets [...] (Montréal, 1954), 22–26.— L. J. Burpee, A little book of Canadian essays (Toronto, 1909), 73–87.— A. S. Bourinot, « George Frederick Cameron », Canadian Author and Bookman (Toronto), 29 (1953–1954), no 4 : 3–5.— S. W. Dyde, « The two Camerons », Queen’s Rev. (Kingston), 3 (1929) : 196–198.— E. C. Kyte, « George Frederick Cameron », Educational Record of the Province of Quebec (Québec), 63 (1947) : 117–122.— Archibald Lampman, « Two Canadian poets : a lecture », Univ. of Toronto Quarterly (Toronto), 13 (1943–1944) 406–423.— J. M., « Who’s who in Canadian literature George Frederick Cameron », Canadian Bookman (Toronto), 13 (1931) : 179s.— Geoffrey Vivien, « A forgotten Canadian poet », Canadian Author and Bookman, 23 (1947), no 3 :57.

Bibliographie générale

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Alexander H. Brodie, « CAMERON, GEORGE FREDERICK », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cameron_george_frederick_11F.html.

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Auteur de l'article:   Alexander H. Brodie
Titre de l'article:   CAMERON, GEORGE FREDERICK
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   17 septembre 2014