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CAMERON, JOHN (connu aussi sous les noms de Cariboo Cameron et de John A. Cameron), prospecteur, né le 1er septembre 1820 dans le canton de Charlottenburg, Haut-Canada, fils d’Angus Cameron et d’Isabella McDougal ; le 20 février 1860, il épousa Margaret Sophia Groves, puis, le 1er mars 1865, Christina Adelaide Wood, ; décédé le 7 novembre 1888 à Barkerville, Colombie-Britannique.

John Cameron passa la majeure partie de sa jeunesse dans le comté de Glengarry, Haut-Canada. Dans les années 1850, on le retrouve en Californie, vraisemblablement comme prospecteur, mais il était de retour à Glengarry en 1860. Cette année-là, Cameron décida de se rendre dans la région de Cariboo, au nord-est de la Colombie-Britannique, après qu’on y eut trouvé de l’or. Les Cameron et leur petite fille atteignirent Victoria, Île-de-Vancouver, en février 1862, mais celle-ci mourut peu après leur arrivée. Cameron y fit la connaissance de Robert Stevenson, aussi originaire du comté de Glengarry, qui le soutint lors de sa première entreprise en Colombie-Britannique, soit celle de transporter des approvisionnements dans la région aurifère de Cariboo. Cameron était aussi un des associés d’une petite compagnie qui délimita un claim en août 1862 en bordure du ruisseau Williams, dans la région de Cariboo, le célèbre claim Cameron.

Le 22 décembre, les mineurs du claim Cameron découvrirent un « très riche [filon] à 22 pieds » de profondeur. La concession minière devint bientôt une des plus grandes exploitations de la région de Cariboo, et son succès fit de Cameron un homme riche. Margaret Sophia Cameron était morte cependant, le 23 octobre 1862, des suites de la fièvre typhoïde, avant la découverte du filon. Cameron tenait à ramener le corps de sa femme dans le Haut-Canada pour l’enterrer. Le dernier jour de janvier 1863, en compagnie d’autres mineurs qui les escortèrent pendant un certain temps, Cameron et Stevenson entreprirent un épuisant voyage de 400 milles à destination de Victoria, emportant le corps de Mme Cameron qu’ils traînèrent sur un toboggan. Ils atteignirent Victoria le 7 mars, et le corps fut enterré dans un cercueil rempli d’alcool, en attendant qu’on le transporte dans l’Est. Puis, Cameron retourna au ruisseau Williams où il passa l’été à exploiter sa concession minière.

En octobre 1863, Cameron quitta la région de Cariboo, reprit le cercueil et, passant par l’isthme de Panama et par New York, atteignit Cornwall, Haut-Canada, avant la fin de l’année. En décembre, il faisait de nouveau enterrer le cercueil. En mars 1865, Cameron épousa Christina Adelaide Wood, du canton d’Osnabruck, et, en juillet, il posait la pierre angulaire de sa nouvelle et imposante résidence, Fairfield House, à Summerstown dans le comté de Glengarry. Pendant cette période de prospérité, le comportement souvent irréfléchi, les extravagances et l’arrogance de Cameron encouragèrent les suppositions malveillantes sur la provenance de sa fortune. Ces commentaires faisaient allusion à la première femme de Cameron, et le contenu du mystérieux cercueil scellé faisait l’objet de nombreux racontars. On insinua même qu’on avait simulé la mort de Mme Cameron et qu’en réalité Cameron l’avait vendue à un chef indien pour de l’or. Cameron ne put supporter plus longtemps ses bourreaux et, en 1873, plus de dix ans après la mort de sa première femme, il fit déterrer le cercueil. Le visage de Mme Cameron, conservé presque parfaitement dans l’alcool, fut exposé à la curiosité du public.

Cameron retourna en Colombie-Britannique en 1886 ou en 1887, son magot ayant fondu comme neige au soleil. Il mourut dans la pauvreté à Barkerville, où la fortune lui avait souri comme prospecteur d’or, et il fut enterré dans le cimetière de Camerontown, village ainsi nommé en son honneur.

Royce MacGillivray

AO, MU 535, Cornwall, St John’s Presbyterian ; MU 539, Williamstown, St Andrew’s Presbyterian ; RG 8, I-6-B, 65.— APC, MG 24, 13, 14 : 14s., 462, 808, 813s., 825, 839s.— PABC, Add. {{mss }}6, Francis Dickie, « Cariboo » Cameron’s funerals’ saga, with suggested amendments, &c by Duncan Cameron » (copie dactylographiée) ; mss 315, Robert Stevenson diary and memo book, 1863–1876 (copie) ; [James Cumming], « John A. (« Cariboo ») Cameron » ; GR 216, 34–41.— [W. B. Cheadle], Cheadle’s journal of trip across Canada, 1862–1863, A. G. Doughty et Gustave Lanctot, édit. (Ottawa, 1931), 244, 249.— Viscount [W. F.] Milton et W. B. Cheadle, The north-west passage by land : being the narrative of an expedition from the Atlantic to the Pacific [...] (6e éd., Londres, [1865] ; réimpr., Toronto, 1970), 360, 373.— Advertiser (Cornwall, Ontario), 12 juill. 1865.— British Columbian (New Westminster, C.-B.), 21 mars, 18 avril, 2 mai, 6 juin, 1er, 5 août, 21 oct. 1863.— Daily British Colonist (Victoria), 28 févr. 1862, 9 mars, 7 sept., 21, 22, 28 oct. 1863.— Daily Union (Ottawa), 2 mars 1865.— Freeholder (Cornwall), 15, 22 déc. 1865.— Mainland Guardian (New Westminster), 10 nov. 1888.— Montreal Herald, 26 août 1873.— H. H. Bancroft, History of British Columbia, 1792–1887 (San Francisco, 1887).— J. G. Harkness, Stormont, Dundas and Glengarry : a history, 1784–1945 (Oshawa, Ontario, 1946), 405–408.— W. P. Morrell, The gold rushes (2e éd., Londres, 1968).— Ormsby, British Columbia.— W. W. Walkem, Stories of early British Columbia (Vancouver, 1914), 243–287.— Charles Clowes, « Cariboo Cameron : a true saga of the romantic west », Maclean’s (Toronto), 49 (1936), no 1 : 26, 28, 30.— A. D. Kean, « Dragged body on toboggan 320 miles, took 47 days », Toronto Daily Star, 31 mars 1934.— « [Obituary of Allan Cameron, Cariboo’s brother] », Cornwall Standard, 24 avril 1903.— « [Obituary of Mrs John A. Cameron] », Glengarry News (Alexandria, Ontario), 16 nov. 1928.— Robert Stevenson, « The true story of the death of « Cariboo » Cameron’s wife », B.C. Saturday Sunset (Vancouver), 3 avril 1909 : 5, 14.

Bibliographie générale

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Royce MacGillivray, « CAMERON, JOHN (1820-1888) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cameron_john_1820_1888_11F.html.

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Auteur de l'article:   Royce MacGillivray
Titre de l'article:   CAMERON, JOHN (1820-1888)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   30 août 2014