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FRIPP, THOMAS WILLIAM, peintre et photographe, né le 23 mars 1864 à St John’s Wood, Londres, fils de George Arthur Fripp, paysagiste, et de Mary Percival ; le 9 juin 1897, il épousa à Vancouver Gertrude Maude Muriel (décédée en 1952), et ils eurent deux fils et une fille ; décédé le 30 mai 1931 à Vancouver.

Avant de venir au Canada, Thomas William Fripp, issu d’une famille de 12 enfants, acquit une formation artistique, suivant ainsi les traces de son père. Il fréquenta la St John’s Wood School of Art au début des années 1880 et étudia en Italie en 1886. De retour en Angleterre, il termina ses études en travaillant à la Royal Academy of Arts, guidé par son père, de 1887 à 1889. Il y apprit à fond la technique de l’aquarelle en vogue au xixe siècle, qui consistait à représenter les paysages en utilisant des effets de perspective et d’atmosphère. On ne connaît pas avec certitude ses occupations au cours des années suivantes, mais on sait qu’il voyagea beaucoup.

À son arrivée en Colombie-Britannique en 1893, Fripp s’établit à Hatzic pour mener une vie de pionnier. L’un de ses frères, Charles Edwin, y avait vécu quelque temps et un autre, Robert Mackay, avait ouvert un cabinet d’architecture à Vancouver en 1888. Quelques années plus tard, après s’être blessé, Thomas William abandonna l’agriculture et s’installa à Vancouver dans l’espoir de raviver sa carrière de peintre. Entre 1900 et 1902, il subvint à ses besoins et à ceux de sa famille en travaillant dans un studio de photographie de la région.

Fripp organisa sa première exposition connue au Canada en 1900, avec la Vancouver Arts and Crafts Association. Entre 1903 et 1908, l’atelier de James Jerris Blomfield et le Studio Club exposèrent ses œuvres. Même si son tableau Gladys remporta une médaille d’or dans la catégorie du portrait à Winnipeg en 1905, il tirait à grand-peine sa subsistance de son travail de création ; d’autres artistes de Vancouver éprouvaient des difficultés semblables. Des critiques d’une exposition tenue à l’atelier de Blomfield en 1904 avaient déploré l’apathie du public envers les arts visuels. Dans le but d’attirer l’attention et de rassembler les artistes et ceux qui s’intéressaient à leur travail, Fripp, Emily Carr* et d’autres artistes locaux mirent sur pied la British Columbia Society of Fine Arts (BCSFA). En 1909, l’organisme devint la première société artistique officiellement constituée de la province. Fripp y remplit les fonctions de président fondateur pendant sept ans.

Au moment de la fondation de la BCSFA, Fripp était considéré comme le peintre le plus en vue en Colombie-Britannique et était l’un des premiers artistes de Vancouver à pouvoir vivre de la vente de ses œuvres. Au début du xxe siècle, le petit groupe d’amateurs d’art de la ville avait une prédilection pour les paysages à l’aquarelle et les représentations réalistes, ce qui permit à Fripp de garder une bonne réputation dans les milieux artistiques. Dès le premier vernissage de la BCSFA, l’association exposa des œuvres de Fripp, ce qu’elle fit régulièrement jusqu’à la retraite de l’artiste. L’Island Arts and Crafts Society présenta également ses tableaux, à Victoria, de 1912 à 1914 et de 1928 à 1930.

Durant les années 1920, Fripp continua d’exercer un rôle de leader. Il assura la présidence du Vancouver Sketch Club en 1920–1921. En 1920, il devint membre du premier comité de direction de la British Columbia Art League, créée pour fonder une école d’art à Vancouver, objectif qui serait atteint en 1925. En 1924, en qualité de membre de la BCSFA, Fripp joua un rôle clé dans le dépôt d’une plainte sévère adressée au comité canadien de sélection pour les expositions de l’Empire britannique de 1924 et 1925. On reprochait au comité d’avoir soumis 120 œuvres provenant de l’est du Canada et seulement 5 de l’ouest. Pendant son second mandat à la présidence de la BCSFA (1926–1931), il critiqua le manque d’égards de la Galerie nationale du Canada pour l’Ouest. Lors de la première exposition annuelle d’art canadien en 1926, aucun artiste de Vancouver n’avait été sélectionné et, de 1927 à 1929, seuls les artistes récemment installés sur la côte Ouest, notamment Charles Hepburn Scott et Frederick Horsman Varley*, avaient été représentés. Fripp déclara en 1930 que la galerie ne savait pas qu’il existait un Canada en dehors de Montréal, Ottawa et Toronto. Ses efforts pour promouvoir les artistes de la Colombie-Britannique furent récompensés : la Galerie nationale du Canada nomma Varley, Scott et Fripp responsables du choix des œuvres de la province à l’exposition annuelle de 1931.

Au cours de ses 30 ans de carrière artistique au Canada, Fripp conserva remarquablement le même style. Ses paysages au lavis, brillamment rendus par un talent affirmé, reflétaient sa fidélité à sa formation académique. Tandis que, dans les années 1920, le modernisme faisait son chemin dans la communauté artistique de Vancouver grâce aux œuvres postimpressionnistes de Scott, William Percy Weston et Statira Elizabeth Frame [Wells], Fripp continuait de concevoir les paysages de la Colombie-Britannique selon la tradition artistique de l’Angleterre victorienne du xixe siècle. Refusant d’admettre qu’un tableau doive être autre chose qu’une fidèle représentation de la réalité, il réfutait l’idée que d’autres traitements artistiques soient nécessaires pour véhiculer l’essence du paysage. Il croyait que la nature de la Colombie-Britannique se trouvait dans un état primitif qui n’avait besoin d’aucune interprétation. Pendant les mois d’été, il s’aventurait souvent dans les montagnes, muni d’un carnet de croquis et d’un appareil photo Kodak ; durant l’hiver, il travaillait à partir de ce matériel pour produire des scènes de montagnes à l’aquarelle avec une précision photographique. Le seul embellissement qu’il concédait à ses illustrations était l’addition d’effets atmosphériques en accentuant subtilement la brume et les nuages. Ses œuvres intitulées Emerald Lake (1905) et The Lions (non datée) témoignent de sa technique et de sa préférence pour les scènes de montagnes.

Ironiquement, même si Thomas William Fripp représentait l’esthétique conventionnelle et traditionnelle, son ascendant et son travail infatigable pour promouvoir l’art à Vancouver permirent à d’autres tendances de prendre racine et de faire place à une vision distincte qui se dégagerait à partir des années 1920. Fripp en avait « fait plus que quiconque pour la cause de l’art à Vancouver », écrivit un critique anonyme du Vancouver Daily Province en 1920. Sa défense de l’art de la Colombie-Britannique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la province, fut sa contribution la plus remarquable à la culture canadienne. Après sa mort, attribuable à une maladie des bronches, on publia un hommage poétique dans la presse locale. Des fonds furent recueillis pour commander un buste en bronze de Fripp, qui fait maintenant partie de la collection permanente de la Vancouver Art Gallery.

Christian Monks

Des tableaux de Thomas William Fripp se trouvent à la Vancouver Art Gallery, à l’Art Gallery of Greater Victoria, aux BCA et dans des collections privées.

BCA, GR-2951, no 1931-09-454701 ; no 1952-09-012342 ; GR-2962, no 1897-09-045494.— Vancouver Daily Province, 22 sept. 1919, 5 juin 1920, 28 avril 1928, 13 janv. 1929, 11 févr. 1930.— W. [G.] Colgate, Canadian art : its origin & development (Toronto, 1943).— The collector’s dictionary of Canadian artists at auction, A. R. Westbridge et D. L. Bodnar, édit. (4 vol., Vancouver, 1999–2003), 1.— J. R. Harper, Early painters and engravers in Canada (Toronto, 1970).— One hundred years of B.C. art [...] (catalogue d’exposition, Vancouver Art Gallery, 1958).— I. M. Thom, Art BC : masterworks from British Columbia (Vancouver, 2000).— W. W. Thom, « The fine arts in Vancouver, 1886–1930 : an historical survey » (mémoire de m.a., Univ. of B.C., Vancouver, 1969).— Maria Tippett et Douglas Cole, From desolation to splendour : changing perceptions of the British Columbia landscape (Toronto, 1977).— Nicholas Tuele, Thomas W. Fripp : 1864–1931 (catalogue d’exposition, Art Gallery of Greater Victoria, 1983).

Bibliographie générale

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Christian Monks, « FRIPP, THOMAS WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/fripp_thomas_william_16F.html.

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Auteur de l'article:   Christian Monks
Titre de l'article:   FRIPP, THOMAS WILLIAM
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2015
Année de la révision:   2015
Date de consultation:   24 octobre 2017