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GRIER, SARAH HANNAH ROBERTA (Coome), fondatrice et supérieure des Sisters of St John the Divine, née le 28 octobre 1837 à Carrying Place, Haut-Canada, troisième fille de John Grier et d'Eliza Lilias Geddes ; le 23 juillet 1859, elle épousa Charles Horace Coome ; décédée le 9 février 1921 à Toronto.

Instruite à la maison par son père, ministre anglican de la Haute Église, Sarah Hannah Roberta Grier épousa un ingénieur civil qui travaillait au Grand Tronc. Pendant un temps, ils habitèrent Kingston. En 1862, ils s'établirent en Grande-Bretagne, où elle s'intéressa à l'œuvre missionnaire d'une communauté anglicane, les Sisters of St Mary. Enceinte, elle perdit son bébé à la suite d'une chute et resta longtemps en convalescence.

Les Coome revinrent en Amérique du Nord en 1877. L'année suivante, Charles Horace mourut à Chicago. Bien qu'elle ait envisagé de retourner en Angleterre « pour consacrer son veuvage [...] au service de Dieu », Sarah Hannah Roberta Coome demeura chez un de ses neveux et un de ses frères à Chicago. Elle trouva un poste à la School of Decorative Art et fit de la broderie et des tentures pour des églises. En 1881, elle était sur le point d'entrer chez les Sisters of St Mary lorsque, en s'arrêtant à Toronto pour rendre visite à sa mère, elle se vit offrir de former une communauté dans cette ville.

Sous la direction de Georgina Broughall, femme du rector de l'église St Stephen-in-the-Fields, et du révérend Ogden Pulteney Ford, des assemblées préparatoires eurent lieu de novembre 1881 à avril 1882. En juin, Sarah Hannah Roberta Coome et Amelia Elizabeth (Aimée) Hare entrèrent au noviciat des Sisters of St Mary à Peekskill, dans l'État de New York. Désireuse d'acquérir de l'expérience en soins infirmiers et en travail social, Sarah Hannah Roberta Coome passa quelque temps dans leur hôpital et leurs missions de New York. Entre-temps, à Toronto, on prenait des mesures pour constituer une dotation.

Après avoir prononcé ses vœux le 8 septembre 1884 à Peekskill, Sarah Hannah Roberta Coome retourna à Toronto et fonda la Sisterhood of St John the Divine. Elle élut domicile à la Bishop Strachan School, dont la directrice était sa sœur, Rose Jane Elizabeth*. En décembre, avec Aimée Hare, elle s'installa dans une maison transformée en fonction de leurs besoins, rue Robinson, dans une paroisse connue pour son attachement à la Haute Église, et bien disposée envers elles. Sans tarder, toutes deux se mirent au travail : préparation de repas pour les pauvres, tenue d'un dispensaire, leçons sur la Bible, visites, dons de vêtements, couture pour des églises. La présence d'une congrégation de religieuses protestantes dans le diocèse ne faisait pas l'unanimité. Les Sisters of St John the Divine avaient l'appui de l'évêque Arthur Sweatman* et même de l'ordre d'Orange, mais certains anglicans trouvaient leur costume noir et leurs pratiques religieuses trop imprégnées de catholicisme.

Au printemps de 1885, pendant la rébellion du Nord-Ouest [V. Darby Bergin*], Sweatman demanda par télégramme au major-général John Wimburn Laurie s'il avait besoin d'infirmières volontaires. Laurie lui répondit qu'il en voulait de compétentes, regroupées sous une seule autorité. Le diocèse demanda au révérend John Langtry de pressentir les Sisters of St John the Divine. Trois d'entre elles restèrent à Toronto, mais Sarah Hannah Roberta Coome, une novice (Aimée Hare) et deux postulantes rejoignirent trois infirmières laïques à Moose Jaw (Saskatchewan), dans un hôpital de campagne où, avec l'aide du docteur William Canniff*, elles soignèrent les blessés de Batoche et de Fish Creek. Le gouvernement décernerait à Sarah Hannah Roberta Coome une médaille pour services rendus.

De retour à Toronto en juillet, les religieuses s'empressèrent de mettre sur pied, avenue Euclid, la St John's House, premier hôpital torontois doté d'un service de chirurgie pour femmes, et de réunir une équipe médicale. Dans les années suivantes, elles se consacrèrent à de multiples activités. En 1886, elles fondèrent un foyer pour vieillards. En 1888–1889, elles agrandirent leur hôpital et ouvrirent un couvent rue Major. Leur communauté, formée de cinq membres, fut constituée en 1889. L'année suivante, elles fondèrent une mission à Seaton Village, au nord de la rue Bloor. En 1893, elles organisèrent un système d'associés laïques et prirent en charge le Bishop Bethune College d'Oshawa. En 1900, trois communautés britanniques de religieuses anglicanes avaient des ramifications au Canada, mais les Sisters of St John the Divine demeuraient la seule congrégation canadienne.

Dès le début, Sarah Hannah Roberta Coome avait insisté sur un point : ses religieuses ne devaient jamais mendier. Aussi leur fallait-il s'assurer de puissants appuis chez les laïques et recueillir périodiquement des fonds. Pendant la période où elle les dirigea, les Sisters of St John the Divine ne furent jamais nombreuses ; souvent, on se demandait comment elles pouvaient suffire à la tâche. Des liens très étroits les unissaient. Sarah Hannah Roberta Coome avait une grande force d'âme ; d'un abord réservé, elle correspondait affectueusement avec les religieuses et les novices quand celles-ci étaient au loin. Très avisée en matière d'administration financière, elle avait tendance à se surmener, ce qui l'obligea à faire des voyages de repos en 1889, en 1894–1895 et en 1903. La fondation d'une mission dans une nouvelle paroisse de l'extrémité est de la ville, All Hallows, en 1915, fut l'une de ses dernières réalisations. Selon la religieuse placée à la tête de cette mission, les fidèles vivaient dans une telle aisance que les sœurs devaient « travailler sans relâche pour les amener à fréquenter l'église ».

Sarah Hannah Roberta Grier Coome quitta son poste de supérieure en juin 1916, à l'âge de 78 ans, et fut remplacée par sa nièce, Dora Lilias Grier. Décédée en 1921, elle fut inhumée au cimetière St James. Aujourd'hui, la congrégation est renommée surtout pour son hôpital de réadaptation et ses maisons de retraite.

Murray W. Nicolson

Toronto Daily Star, 10 févr. 1921.— P. F. Anson, The call of the cloister : religious communities and kindred bodies in the Anglican communion (Londres, 1958).— A memoir of the life and work of Hannah Grier Coome, mother-foundress of the Sisterhood of St. John the Divine, Toronto, Canada (Londres, 1933).— Religious communities in the American Episcopal Church and in the Anglican Church of Canada (éd. rév., New York, 1956 ; exemplaire en notre possession).— The Sisterhood of Saint John the Divine, 1884–1984 (4e révis., Willowdale [Toronto], 1984).

Bibliographie générale

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Murray W. Nicolson, « GRIER, SARAH HANNAH ROBERTA (Coome) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/grier_sarah_hannah_roberta_15F.html.

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Auteur de l'article:   Murray W. Nicolson
Titre de l'article:   GRIER, SARAH HANNAH ROBERTA (Coome)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2005
Année de la révision:   2005
Date de consultation:   20 novembre 2014