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HALIBURTON, SUSANNA LUCY ANNE (Weldon) (son prénom est orthographié Sussanah dans les registres des baptêmes et des sépultures), collectionneuse d’objets en porcelaine, baptisée le 2 juin 1817 à Windsor, Nouvelle-Écosse, fille de Thomas Chandler Haliburton* et de Louisa Neville ; le 16 août 1848, elle épousa à Windsor John Wesley Weldon, et ils eurent un enfant ; décédée le 11 septembre 1899 à Halifax.

Susanna Lucy Anne Haliburton, l’aînée des 11 enfants de Thomas Chandler Haliburton, venait d’une famille bien établie de la Nouvelle-Écosse. C’est de son père, auteur célèbre et juge, qu’elle tenait son intérêt pour l’histoire familiale et locale. Artiste amateur au talent modeste, elle exécuta six dessins au lavis qui représentaient des vues de Windsor, et qui font maintenant partie de la collection John Ross Robertson de la Metropolitan Toronto Reference Library.

En 1848, Susanna Haliburton épousa John Wesley Weldon, avocat de Richibouctou, au Nouveau-Brunswick, dont la première femme, Frances Chandler Upham, était décédée quatre ans plus tôt, en lui laissant un enfant. Député du comté de Kent à l’Assemblée législative depuis 1827, Weldon en était devenu le président en 1843. Le couple eut un seul enfant, un garçon nommé Haliburton, né en 1849. La famille vécut à Richibouctou et à Saint-Jean avant de s’installer à Fredericton en 1865, à la suite de la nomination de Weldon à la Cour suprême du Nouveau-Brunswick. Peu de temps après la mort de son mari, en 1885, Mme Weldon s’installerait à Halifax, où elle passerait le reste de sa vie.

Dans les années 1860, Susanna Weldon se mit à collectionner les vieilles porcelaines. Dans son catalogue manuscrit intitulé « Specimens of China Brought to the Colonies by the early settlers particularly the Loyalists », elle écrivit que son but premier « était de sauver de la destruction certains spécimens des porcelaines apportées au pays par les loyalistes, et de les placer dans le premier collège établi en Amérique du Nord britannique par une charte royale depuis leur arrivée » (le King’s College de Windsor en Nouvelle-Écosse). Elle ajoutait : « C’est un fait assez remarquable que ces réfugiés, partis dans des conditions dangereuses, obligés bien souvent d’abandonner livres, vaisselle et même vêtements, ont néanmoins toujours conservé la cuvette de baptême de leurs enfants ou d’autres objets précieux de verre ou de porcelaine, et il y a lieu de croire que leurs descendants accorderont quelque valeur à ces humbles témoins d’un passé vénérable. »

La position sociale de Mme Weldon était un atout pour le genre de collection qu’elle faisait. Elle a laissé les noms des 133 familles, la plupart du milieu des fonctionnaires civils et militaires, qui lui remirent des objets. Elle s’intéressait à la provenance des spécimens sans toutefois chercher à les identifier. Dans son catalogue, l’histoire familiale des donateurs fait parfois l’objet de quelques digressions, mais les observations sur les pièces elles-mêmes sont plutôt brèves et se limitent souvent à des remarques du genre : « plat ancien » ou « vase rare et remarquable ». La collection comprend surtout des articles fabriqués en Angleterre entre 1760 et 1840 ainsi que de la porcelaine de Chine produite entre 1610 et 1800 environ. Comme ces objets ont été donnés, leur état et leur qualité esthétique sont variables.

En 1873, le fils des Weldon, « jeune avocat plein de promesses » selon le King’s College Record, mourut peu de temps après avoir obtenu son diplôme. En souvenir de lui, le 18 mai 1880, Mme Weldon offrit au musée du King’s College, pour « le 97e anniversaire du débarquement des loyalistes à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick », un lot de 363 spécimens qu’elle appela « Histoire d’un peuple à travers sa porcelaine ». Cette collection est toujours conservée à la bibliothèque de la University of King’s College, maintenant à Halifax. Une centaine de pièces, qui ne faisaient pas l’objet du don au King’s College, sont exposées à la Haliburton House, à Windsor.

La collection de porcelaine Weldon est probablement la plus ancienne qu’on ait rassemblée au Canada. Son importance vient du fait qu’elle date d’une époque où les collectionneurs canadiens étaient rares. Notre connaissance des objets en porcelaine utilisés au Canada provient davantage de sources archéologiques, de registres de marchands, d’annonces publiées dans les journaux et d’inventaires de successions que de spécimens accompagnés d’une documentation. On doit donc à Susanna Lucy Anne Haliburton d’avoir contribué à combler cette lacune par sa propre collection.

Marie Elwood

Le catalogue manuscrit de la collection de Mme Weldon est déposé à l’Univ. of King’s College Library (Halifax). Il a été publié sous le titre de Specimens of china brought to the colonies by the early settlers, particularly the loyalists [...] (Fredericton, 1880).

PANS, Churches, Christ Church (Windsor, N.-É.), reg. of baptisms, marriages, and burials (mfm). — Landmarks of Canada ; what art has done for Canadian history [...] (2 vol., Toronto, 1917–1921), nos 2185, 2189, 2194, 2202, 2212–2213. — Florence Anslow, The Haliburton Memorial Museum (Windsor, [1960]). — Lawrence, Judges of N.B. (Stockton et Raymond), 503–505. — Marie Elwood, « The Weldon collection », Canadian Collector, 18 (1983), no 4 : 26–29 ; no 5 : 20–27 ; no 6 : 53–58 ; 19 (1984), no 1 : 36–42. — King’s College Record (Windsor), 27 (1906) : 62.

Bibliographie générale

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Marie Elwood, « HALIBURTON, SUSANNA LUCY ANNE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/haliburton_susanna_lucy_anne_12F.html.

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Auteur de l'article:   Marie Elwood
Titre de l'article:   HALIBURTON, SUSANNA LUCY ANNE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   30 août 2014