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HORN, KATE M. (Buckland), comédienne et directrice de théâtre, née vers 1826 en Irlande ; en 1852, elle épousa dans l’état de New York John Wellington Buckland, financier et administrateur de théâtre, et ils n’eurent pas d’enfants ; décédée le 10 septembre 1896 à Montréal.

Devenue orpheline avant l’âge de 16 ans, Kate Horn débute à la scène à Charleston, en Caroline du Sud, grâce à la protection de la comédienne Sarah H. Timm. Elle accompagne cette dernière à New York en 1841. Cependant, ce n’est que le 24 mars 1845 qu’elle obtient son premier engagement important et régulier, au célèbre Park Theatre de New York, où elle joue Seraphina dans Fashion. Qualifiée de « l’une des plus belles femmes de la scène » new-yorkaise, elle ne tarde pas à devenir l’une des favorites du public américain. Ses partenaires comptent parmi les comédiens les plus célèbres de l’époque, notamment George Clifford Jordan et sa femme Annie Walters, Charlotte Saunders Cushman, Edward Loomis Davenport et William Pleater Davidge.

En 1852, le mari de Kate et son associé W. Corbyn, qui gèrent le Lyceum Theatre de New York, acceptent la direction du nouveau Theatre Royal de Montréal, le quatrième du nom. Leur principale tâche consiste à engager une troupe résidante dans le but d’offrir une saison de théâtre en anglais à Montréal. Kate fait partie de cette compagnie qui doit donner son premier spectacle le 15 juillet 1852. La veille de ses débuts officiels, la troupe offre une soirée au profit des sinistrés du grand incendie du 8 juillet. Dans l’une des pièces à l’affiche, intitulée The serious family, Kate, qui à la scène porte le nom de son mari, tient le rôle de la veuve Delmaine. Le public et la critique, notamment la Montreal Gazette, l’accueillent avec enthousiasme : « En premier lieu, Mme Buckland s’est presque introduite au plus profond de nos cœurs. Si nous devions épouser une veuve, nous pensons bien que ce serait la veuve Delmaine. » Le lendemain, elle incarne Lydia Languish dans The rivals de Sheridan.

Comme la saison montréalaise ne dure que quelques semaines, Kate Buckland partage son temps entre Montréal et New York où elle fait partie, entre autres, de la compagnie de Lester Wallack. En 1864, les époux Buckland s’établissent définitivement à Montréal. Au théâtre de la rue Côté, Kate maîtrise un répertoire varié qui comprend aussi bien Shakespeare et Sheridan que des auteurs aujourd’hui oubliés, tels Edward Bulwer-Lytton, Tom Taylor et James Robinson Planché. Entre 1863 et 1866, au Theatre Royal, elle prête son concours à pas moins de 26 soirées théâtrales d’amateurs organisées par les officiers de la garnison de Montréal. Dans ce cadre, elle participe à la création de Dolorsolatio, « extravaganza » canadienne de Sam Scribble. Dans cette longue allégorie, dont les personnages portent le nom des principales villes du Canada, Kate interprète le rôle de Montréal, « jeune demoiselle élégante ». Vers la même époque, en 1864–1865, la troupe résidante accueille dans ses rangs, pour un court engagement, un acteur américain que Kate honore de son amitié, John Wilkes Booth, le futur assassin d’Abraham Lincoln.

Les Buckland s’intègrent rapidement à la bonne société de Montréal et du Bas-Canada. Le couple est fréquemment invité à des réceptions offertes tant par l’état-major de la garnison que par le gouvernement de la colonie. À part une brève interruption en 1868 et 1869, John Buckland conserve la gestion du Theatre Royal jusqu’à ce qu’il soit frappé par la maladie qui l’emporte le 20 novembre 1872. Au milieu de la saison de 1873–1874, c’est Kate qui accède aux commandes du théâtre dont elle ne garde bientôt que la direction générale pour confier le volet artistique à divers imprésarios. À la saison de 1879–1880, elle cède la place à John B. Sparrow*.

La retraite de Kate Buckland ne l’empêche pas pour autant de s’intéresser à la vie théâtrale montréalaise et de prodiguer encouragements et conseils aux groupes amateurs de la ville. Elle meurt en 1896, après une maladie de quatre mois. Ses obsèques se déroulent le 12 septembre dans l’église catholique St Patrick de Montréal, en présence de neveux venus des États-Unis, d’hommes politiques et de gens de théâtre. Son testament prévoit des legs qui totalisant 20 000 $ et dont la majeure partie est accordée à ses trois parents survivants, sauf 5 000 $ qui vont à des œuvres de charité. Le reste de sa fortune consiste principalement en actions d’établissements bancaires et de compagnies de distribution du gaz, ainsi qu’en obligations et en prêts hypothécaires.

Kate Horn Buckland laisse à ses contemporains le souvenir non seulement d’une femme vive et généreuse mais d’une comédienne accomplie, ce que résume bien l’une des premières critiques qu’elle reçut au pays, en juillet 1852, dans la Montreal Gazette : « c’est l’évidence même qu’elle a été éduquée dans une bonne école, et [qu’]elle ne saurait être affectée même par les usages d’outre-atlantique. »

Mireille Barrière

ANQ-M, CE1-63, 23 nov. 1872 ; CM1, 2/14, 22 sept. 1896.— McGill Univ. Libraries, Dept. of Rare Books and Special Coll., ms coll., CH88.S106 ; programmes du Theatre Royal (1863–1869).— Gazette (Montréal), 16 juill. 1852, 26 juin 1860, 5 mai 1873, 11, 14 sept. 1896.— Montreal Daily Star, 11–12 sept. 1896.— New York Daily Times, 14 oct. 1851, 24 avril 1852, 19 févr. 1856.— R. L. Sherman, Actors and authors, with composers and managers who helped make them famous ; a chronological record and brief biography of theatrical celebrities from1750 to 1950 (Chicago, [1951]), 88.— Types of Canadian women (Morgan), 37.— J. P. Wearing, American and British theatrical biography : a directory (Metuchen, N.J., et Londres, 1979), 157, 914.— Sylvie Dufresne, « le Theatre Royal de la rue Côté : 1851–1913 », Groupe de recherche en art populaire, Travaux et Conférences, 1975–1979 (Montréal, 1979), 67–171.— Franklin Graham, Histrionic Montreal ; annals of the Montreal stage with biographical and critical notices of the plays and players of a century (2e éd., Montréal, 1902 ; réimpr., New York et Londres, 1969), 106, 113, 115, 142, 154.

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Mireille Barrière, « HORN, KATE M », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/horn_kate_m_12F.html.

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Auteur de l'article:   Mireille Barrière
Titre de l'article:   HORN, KATE M
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   21 décembre 2014