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Titre original :  Photograph James Hutton, Montreal, QC, 1863 William Notman (1826-1891) 1863, 19th century Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process 8.5 x 5.6 cm Purchase from Associated Screen News Ltd. I-5380.1 © McCord Museum Keywords:  male (26812) , Photograph (77678) , portrait (53878)

Provenance : Lien

HUTTON, JAMES SCOTT, éducateur, administrateur scolaire et auteur, né en 1833 à Perth, Écosse, et baptisé à cet endroit le 26 mai, fils de George Hutton et d’Ann Scott ; le 21 septembre 1860, il épousa à Édimbourg Mary Burton, et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 25 février 1891 à Halifax.

En 1847, James Scott Hutton commençait sa carrière comme enseignant à l’Edinburgh Institution for the Éducation of the Deaf and Dumb, où son père, spécialiste autodidacte, travaillait déjà. Au cours des dix années suivantes, il acquit sa formation pédagogique, suivit des cours à la University of Edinburgh, et parvint jusqu’au rang d’instituteur en second de l’établissement. En 1857, ses employeurs le recommandèrent pour le poste de directeur du Halifax Institution for the Deaf and Dumb, école privée et non confessionnelle ouverte depuis peu, administrée par un prestigieux conseil d’hommes protestants et financée en partie par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse. Sauf durant une brève période où il dirigea un établissement semblable à Belfast (Irlande du Nord), de 1878 à 1882, Hutton allait demeurer à ce poste jusqu’à son décès en 1891.

Hutton entra en fonction à Halifax en août 1857 avec neuf élèves ; il avait à sa disposition des livres et du matériel d’une valeur de 200 $ donnés par des bienfaiteurs britanniques. Sous sa direction, l’école connut une croissance constante (70 élèves y seraient inscrits au moment de son décès). En 1860, il persuada ses parents et sa sœur de venir le rejoindre à Halifax ; durant dix ans, soit jusqu’à son décès, George Hutton allait enseigner bénévolement à temps plein à l’école dirigée par son fils. Scott, comme ses amis le désignaient, ne tarda pas à profiter du répit que lui accordait l’arrivée de son père pour retourner à Édimbourg et épouser Mary Burton. Elle aussi allait enseigner de temps à autre à titre de bénévole à l’école de Halifax.

Tout en exerçant ses dons de publicitaire talentueux et inventif, Hutton fit de l’école une œuvre de charité populaire et au goût du jour. Il faisait chaque année le tour de la Nouvelle-Écosse avec des élèves avancés, dans le but de recruter clientèle et appuis financiers. Pendant dix ans, il exerça des pressions en faveur de la gratuité de l’enseignement aux sourds, mesure que la province adopterait en 1884. Sur le plan professionnel, il surveillait de près les tendances et les débats à l’échelle internationale ; après 1870, il assista à un certain nombre de congrès des responsables et directeurs d’établissements pour les sourds et muets aux États-Unis et au Canada, et il écrivit des articles pour les American Annals of the Deaf and Dumb, publiées à Washington. Il rédigea un certain nombre de manuels pour les sourds et muets, dont quelques-uns furent adoptés par d’autres établissements.

Dès le début de sa carrière, Hutton était d’avis que le langage écrit et la communication par signes constituaient les seules bonnes méthodes d’enseignement aux sourds ; en 1869, son engagement pour cette cause lui valut l’obtention d’une maîtrise honorifique du National Deaf-Mute College, établissement qu’on venait de fonder à Washington. À cette époque, en fait, il s’était rangé en partie à la thèse de l’articulation (élocution) et de la lecture sur les lèvres, qu’il avait commencé à enseigner à quelques élèves. En 1875, il recommanda l’engagement d’un professeur d’articulation à temps plein à l’école de Halifax ; après son retour d’Irlande, il insista davantage sur l’articulation et la lecture sur les lèvres. Pendant les années où il dirigea l’école de Halifax, le programme scolaire mit l’accent sur la religion et la morale, ainsi que sur la formation pratique, conformément aux principes de la plupart des éducateurs de l’époque victorienne. En 1890, il avait ajouté des cours caractéristiques de la nouvelle orientation en matière d’enseignement, qui comprenaient des leçons de dessin, de gymnastique suédoise et de modelage de terre glaise.

Hutton appuya aussi la réforme dans les domaines de la religion et de l’enseignement en Nouvelle-Écosse. Au début des années 1860, il avait contribué à la fondation de la Halifax Teachers Association et de la United Teachers Association of Nova Scotia (qui devint plus tard la Provincial Education Association of Nova Scotia), organismes qui favorisaient la gratuité de l’enseignement public et l’acquisition d’un statut professionnel pour les enseignants. Il participa aux activités de ces deux associations durant 20 ans. Devenu conseiller presbytéral de l’église presbytérienne Poplar Grove (appelée plus tard Park Street) en 1870, il y assurait régulièrement des services de traduction simultanée pour les sourds. Il prit part aux délibérations du consistoire de Halifax et du synode des Maritimes de l’Église presbytérienne, et collabora à la rédaction du Presbyterian Witness, and Evangelical Advocate qui paraissait à Halifax. Il fut aussi membre de la division Chebucto des Fils de la tempérance.

Sur les plans personnel et professionnel, James Scott Hutton fut un réformateur protestant de tendance évangélique exemplaire. Il bénéficia de l’appui chaleureux du conseil d’administration du Halifax Institution for the Deaf and Dumb ; il fit l’admiration des membres des différents comités qui se succédèrent et fut aimé par un grand nombre de ses élèves.

Janet Guildford

Halifax County Court of Probate (Halifax), Testament de J. S. Hutton, 1891.— PANS, RG 14, 69, no 1.— Halifax, Institution for the Deaf and Dumb, Report, 1857–1882.— N.-É., House of Assembly, Journal and proc., 1880–1891 (reports of the committee on humane institutions and of the Institution for the Deaf and Dumb) ; Statutes, 1884, chap. 15.— Morning Chronicle (Halifax), 28 févr. 1891.— Presbyterian Witness, and Evangelical Advocate, 28 févr. 1891.

Bibliographie générale

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Janet Guildford, « HUTTON, JAMES SCOTT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hutton_james_scott_12F.html.

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Auteur de l'article:   Janet Guildford
Titre de l'article:   HUTTON, JAMES SCOTT
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   23 novembre 2014