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McKNIGHT, ALEXANDER, ministre presbytérien, professeur et administrateur scolaire, né le 1er septembre 1826 à Dalmellington, Écosse, fils aîné de Samuel McKnight, fermier, et de Mary Murdoch ; le 14 avril 1857, il épousa dans le comté de Halifax, Nouvelle-Écosse, Catherine Glen Kidston, et ils eurent un fils et une fille ; décédé le 27 avril 1894 à Dartmouth, Nouvelle-Écosse.

Alexander McKnight fréquenta la University of Glasgow de 1841 à 1845 et y récolta des prix en logique, en mathématiques et en philosophie naturelle. Puis, de 1845 à 1849, il étudia la théologie dans un établissement fondé pendant la grande scission de 1843, le New College d’Édimbourg, qui comptait des professeurs de tendance évangélique éminents et des fondateurs de l’Église libre, tels Thomas Chalmers, William Cunningham et David Welsh. McKnight fut l’un des premiers membres honoraires de la société de théologie du collège. En 1852, le consistoire de l’Église libre d’Ayr l’admit à titre de suffragant.

En janvier 1855, sur la recommandation de John Duncan, professeur d’hébreu au New College, le comité colonial de l’Église libre d’Écosse nomma McKnight maître des conférences d’hébreu au Free Church College de Halifax. (Il devait plus tard enseigner aussi le syriaque.) Le collège offrait des cours de théologie depuis 1848 et partageait un immeuble avec la Free Church Academy. McKnight, avec son collègue Andrew King, fit également partie du conseil d’administration de ce dernier établissement. Admis à titre de suffragant au consistoire de Halifax le 28 février 1855, il fut ordonné deux ans plus tard et installé à l’église St James, à Dartmouth. Après qu’on eut ajouté la théologie exégétique et la littérature biblique à sa tâche de professeur en 1868, il abandonna son ministère à St James, mais demeurerait toute sa vie membre de la congrégation.

Malgré ses attributions de plus en plus nombreuses en qualité de professeur, McKnight continua à jouer un rôle actif, tant au consistoire qu’au synode, dans l’Église presbytérienne des provinces Maritimes de l’Amérique du Nord britannique (à laquelle l’Église libre de la Nouvelle-Écosse avait adhéré en 1860) et, après l’union de 1875, dans l’Église presbytérienne au Canada. Il participa aux discussions théologiques qui établirent la Basis of Union en 1875 et reçut des éloges pour la manière dont il s’était inspiré des Saintes Écritures pour régler une question qui suscita la controverse avant et après l’union, soit celle du « mariage avec la sœur de l’épouse décédée, ce fléau annuel » comme Gilbert et Sullivan allaient l’appeler dans Iolanthe. Il avait participé à la constitution du Fonds des ministres âgés et infirmes en 1869, fait partie de comités religieux sur l’éducation, les statistiques et les missions de la région et, en 1885, on le proclama modérateur de l’assemblée générale de l’Église presbytérienne.

L’élection de McKnight à ce poste constituait une marque de reconnaissance de sa carrière d’enseignant durant la décennie précédente. McKnight avait été muté à la chaire d’apologétique et de théologie systématique en 1871 et, pendant plusieurs années, il avait enseigné aussi l’histoire de l’Église. Les étudiants n’avaient jamais été nombreux au collège (sept à son cours d’hébreu en 1857) et, au début des années 1870, McKnight travailla avec John Currie pour garder l’établissement ouvert malgré le peu d’inscriptions et les menaces de fermeture. L’union de 1875 assurait l’avenir du collège et, en 1878, on nomma McKnight directeur. Cette année-là, l’établissement, rebaptisé Presbyterian College, emménagea dans ses nouveaux locaux de Pine Hill qui donnaient sur le bras Northwest, avec un groupe un peu plus nombreux de 19 étudiants.

Il est difficile d’évaluer la place et la réputation que McKnight se tailla parmi les penseurs religieux de son époque car, de ses écrits savants, seuls subsistent quatre articles parus dans le Theologue (le journal du Presbyterian College de Halifax) ainsi qu’une plaquette, An outline of the historical evidence of the truth of the Christian religion, publiée à Halifax en 1876. C’est probablement à son enseignement et à cette plaquette qu’il doit le doctorat honorifique en théologie que la University of Glasgow lui décerna en 1877. Les notices nécrologiques le présentent comme un érudit, particulièrement versé en théologie biblique et patristique, en langues sémitiques et en grec hellénistique.

Alexander McKnight mourut avant que les nouvelles théories théologiques européennes du xixe siècle ne parviennent vraiment jusqu’aux Églises canadiennes, mais on peut supposer de quelle manière il y aurait réagi. Il était reconnu tant pour son orthodoxie évangélique que pour son enseignement hautement critique. Les arguments pleins de tact et dénués de toute malveillance qu’il présenta à propos de l’évolution dans An outline of the historical evidence montrent bien sa position modérée. Dans les années 1880, les étudiants du Presbyterian College de Halifax lisaient à la fois Charles Hodge, le critique conservateur de Darwin, et des spécialistes libéraux du Nouveau Testament comme Fenton John Anthony Hort et Brooke Foss Westcott. Au cours des premières années de l’Église presbytérienne unie, McKnight joua un rôle pacificateur en prenant la défense de Daniel James Macdonnell, de Toronto, qui avait publiquement mis en doute l’énoncé de la Confession de Westminster sur le châtiment éternel. Le commentaire le plus approprié qu’on ait fait à son sujet vient peut-être d’une notice nécrologique parue en avril 1894 dans le St. John Daily Sun : l’on y exprime le regret que McKnight n’ait pas vécu assez longtemps pour jouer un rôle semblable dans le procès pour hérésie du Montréalais John Campbell* qui devait avoir lieu le mois suivant.

Hannah Marguerite Lane

PANS, Churches, St James Presbyterian Church (Dartmouth, N.-É.), reg. of baptisms, 1857–1887 ; communion roll, 1857–1887 (mfm) ; MG 1, 1621, nos 10550, 11093 ; MG 17, 17, nos 39–47.— Free Church of Nova Scotia, Ecclesiastical and Missionary Record (Halifax), 3 (1854–1855) : 115 ; 5 (1857) : 19.— Free Church of Scotland, Home and Foreign Record (Édimbourg), 1 (1850–1851)–6 (1855–1856).— PCC Acts and proc., 1875–1878, 1885, 1894 ; Synod of the Maritime Provinces, Minutes (Halifax), 1886–1894.— Presbyterian Church of the Lower Provinces of British North America, Minutes of the synod (Halifax), 1869, 1871.— Presbyterian College, Calendar (Halifax), 1879–1880, 1892–1893, 1893–1894 ; Minutes of the senate (Halifax), 1889–1894.— Presbyterian Record (Montréal), 1 (1876) : 182 ; 2 (1877) : 146–148 ; 3 (1878) : 148, 189 ; 10 (1885) : 172–173, 177 ; 19 (1894) : 156.— Theologue (Halifax), 1 (1889–1890)–8 (1896–1897).— Atlantic Weekly (Dartmouth), 12 mai 1894.— Christian Messenger (Halifax), 22 avril 1857.— Evening Mail (Halifax), 28 avril 1894.— Halifax Herald, 28 avril 1894.— Presbyterian Witness, and Evangelical Advocate, 9 mai 1875, 27 nov. 1875–24 juin 1876, 19 mai–23 juin 1877, 30 mai–13 juin 1885, 16 mars 1889, 28 avril–12 mai 1894, 5 mai 1896.— St. John Daily Sun, 30 avril 1894.— E. A. Betts, Pine Hill Divinity Hall, 1820–1970 : a history (Halifax, 1970).— William Gregg, Short history of the Presbyterian Church in the Dominion of Canada from the earliest to the present time (Toronto, 1892).— History, Church of St. James, Dartmouth, Nova Scotia ([Dartmouth, 1971]).— J. T. McNeill, The Presbyterian Church in Canada, 1875–1925 (Toronto, 1925).

Bibliographie générale

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Hannah Marguerite Lane, « McKNIGHT, ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcknight_alexander_12F.html.

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Auteur de l'article:   Hannah Marguerite Lane
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   25 octobre 2014