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NEVINS, JAMES, homme d’affaires, né en 1821 à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick ; le 17 septembre 1849, il épousa à Halifax Susannah Richardson, fille de Robert Richardson, et ils eurent cinq enfants ; décédé le 15 décembre 1893 à Liverpool, Angleterre.

James Nevins a habité Saint-Jean durant un peu plus d’un demi-siècle, mais on sait très peu de chose sur sa vie et sa carrière. Il fréquentait avec sa famille l’église anglicane St Paul, où l’on baptisa ses cinq enfants. D’après le recensement de 1871, sa famille était originaire d’Angleterre, mais même le nom de ses parents demeure inconnu.

Nevins, dont la fille portait le nom de Jane Wright Nevins, était peut-être le beau-frère du constructeur de navires Richard Wright, qui avait épousé une certaine Jane Nevins en 1837. On croit, sans pouvoir l’affirmer, que c’est au chantier naval de William* et Richard Wright, dans la baie de Courtenay, à Saint-Jean, que Nevins apprit la construction navale. On sait toutefois avec certitude qu’il a fait plusieurs transactions avec les Wright au cours des années 1850.

Après avoir terminé son apprentissage, Nevins s’engagea dans une carrière où il allait s’associer avec beaucoup de constructeurs de navires et d’armateurs bien connus. Entre 1850 et 1878, son nom figure dans les registres maritimes de Saint-Jean à titre de propriétaire d’au moins 25 voiliers, avec ceux de notables comme Thomas Edward Millidge, William Thomson, Robert Greer Moran, James F. Cruickshank, Issac Burpee* et Zebedee Ring. Dans bien des cas, on n’avait formé ces associations que pour une ou deux entreprises, mais plusieurs ont duré quelques années.

Le premier associé connu de Nevins fut John Magures (Majurs), avec qui il construisit plusieurs navires. En 1850, les deux hommes étaient inscrits comme constructeurs et propriétaires de l’Ariel, trois-mâts barque de 200 tonneaux. En 1855, Nevins était associé à Thomas Irving (Irvine) dans un chantier naval de la baie de Courtenay, association qui semble avoir pris fin en 1859 après le lancement de cinq bâtiments. Il s’associa ensuite à John Fraser, contremaître à son chantier de la baie de Courtenay, dans une entreprise établie dès 1862 et qui était devenue en 1871 la Nevins, Fraser and Company. Cette société poursuivit ses activités jusqu’en 1874 et a dû être rentable, car durant cette période Nevins fit l’acquisition de plusieurs navires et augmenta sa flottille.

Vers 1873, Nevins avait quelque peu abandonné la construction navale pour aller s’établir à Liverpool à titre d’agent maritime et marchand commissionnaire sous la raison sociale de Nevins and Welsh. La firme subsisterait jusqu’en 1887, année où il décida apparemment de prendre sa retraite. Selon les notices nécrologiques de l’Acadian Recorder de Halifax et du Daily Sun de Saint-Jean, Nevins laissait 900 000 $ à sa femme et à sa fille, mais la vérification de ses biens en fixa la valeur à £71 987.

La carrière de James Nevins suivit le même cours que celle de bien d’autres constructeurs de navires de Saint-Jean. Comme les Wright, qui avaient été constructeurs avant de devenir armateurs, Nevins amassa des fonds en construisant des bâtiments pour d’autres, et en en gardant certains durant une brève période avant de les vendre. Au fur et à mesure que sa situation financière s’améliorait, il en vint à conserver les navires plus longtemps. Il est fort probable qu’il ait financé certains de ses premiers navires grâce aux : avances que lui versaient, pendant la construction, les acheteurs éventuels. L’association avec Thomas Millidge, mentionnée dans la notice nécrologique de Nevins, peut avoir été de ce type.

Robert S. Elliot

Comme l’indique la liste des sources, il semble qu’il ne subsiste pas de papiers de famille ni de documents de compagnie qui donnent un aperçu de la carrière de James Nevins. Il est étonnant que l’on n’ait pu localiser non plus des références secondaires plus détaillées, surtout en regard du fait que Nevins a connu une certaine réussite durant sa vie. Greystoke, la résidence de Nevins à Liverpool, Angleterre, offre certains indices de la prospérité de ce dernier. Servant maintenant de foyer pour les personnes âgées, la vaste demeure de brique et de pierre, qui donne sur Sefton Park, se trouvait dans un quartier très chic à l’époque où Nevins y habitait.  [r. s. e.]

AN, RG 31, C1, 1871, Portland (mfm aux APNB) ; RG 42, E1, 1299, 1317–1341, 1347–1478, 1481, 1484–1492, 1606–1608, 1617–1618.— Liverpool Record Office, Probate records, James Nevins estate ; Toxteth Park Cemetery (Liverpool) records, Church of England sect., plot nos K961-41570 (Robert Nevins), K961-74318 (James Nevins), K962-100905 (Susannah Nevins), K962-126074 (Jane Wright Nevins), K962-128057 (William Nevins).— Musée du N.-B., Hazen family papers, box 10, F9, n° 6.— PRO, RG 11/3651, enumeration district 24 (mfm au Liverpool Record Office).— St Paul’s Anglican Church (Saint-Jean, N.-B.), Reg. of baptisms (mfm aux APNB).— Toxteth Park Cemetery, Church of England sect., Nevins family tombstones.— St. John Daily Sun, 18 déc. 1893.— Early marriage records of New Brunswick : Saint John City and County from the British conquest to 1839, B. Wood-Holt, édit. (Saint-Jean, 1986).— N.S. vital statistics, 1848–51 (Holder).— Esther Clark Wright, Saint John ships and their builders (Wolfville, N.-É., [1975]).— Richard Rice, « Shipbuilding in British America, 1787–1890 : an introductory study » (thèse de {{ph.d.}}, Univ. of Liverpool, 1978), 93, 104 ; « The Wrights of Saint John : a study of shipbuilding and shipowning in the Maritimes, 1839–1855 », Canadian business history ; selected studies, 1497–1971, D. S. Macmillan, édit. (Toronto, 1972), 330–331.— M. K. Stammers, The passage makers (Brighton, Angl., 1978), 461.

Bibliographie générale

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Robert S. Elliot, « NEVINS, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/nevins_james_12F.html.

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Auteur de l'article:   Robert S. Elliot
Titre de l'article:   NEVINS, JAMES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   23 octobre 2014