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NOAD, HENRY JOHN, homme d’affaires, né en Angleterre en 1812, fils de John Batson Noad et de Rachel Street, de Woolwich, comté de Kent, décédé à Montréal, le 18 août 1870.

Le père de Henry John s’installe à Québec avec sa famille en 1819 ou 1820. Il y établit alors un commerce d’épicerie et de boissons alcooliques. En 1824, avec Richard Rogerson du Haut-Canada, il forme une société pour la production et la vente de la potasse. L’ambiance familiale paraît donc propice à l’éclosion d’une vocation d’homme d’affaires.

Les débuts du fils aîné, Henry John, sont assez obscurs. Dès 1831, il possède un magasin à la basse ville et, en 1833, il est commis chez Charles-Félix Aylwin, marchand de Québec. À la fin des années 1830, il s’installe rue Saint-Paul pour y faire le commerce de la farine, du blé, du charbon, de l’huile et du bois, soit à son propre compte, soit comme agent commercial. En 1854, avec d’autres hommes d’affaires de Québec, il finance les entreprises de James Tibbits, constructeur de navires, et il acquiert plusieurs bateaux affectés au commerce du Saint-Laurent. De plus, il achète, loue et vend divers propriétés et terrains à Québec. Henry John Noad mène ses affaires sous la raison sociale H. J. Noad & Co. depuis au moins 1845, en société avec William Henry Jeffery, son beau-frère.

En plus de gérer sa propre entreprise, Henry John Noad fait partie de plusieurs groupes d’entrepreneurs dont les noms paraissent lors de la reconnaissance juridique des sociétés suivantes : l’Association du télégraphe électrique de l’Amérique britannique du Nord (1847), dont il est un des directeurs ; la Compagnie de navigation de Québec et des Trois-Pistoles (1853) ; la Compagnie du chemin de fer de Québec et du Saguenay (1854) ; la Compagnie de navigation du Saint-Laurent (1861) ; la Compagnie d’assurance maritime de Québec (1862) ; la Compagnie de l’élévateur de Québec (1863) ; et la Compagnie anglo-canadienne pour l’exploitation des mines (1865). Il est également administrateur de la Quebec Forwarding Co., de la Bourse de Québec et de plusieurs banques d’épargne. La plupart des entreprises où il investit temps et argent révèlent un goût du risque propre à l’entrepreneur autant qu’un souci de diversifier ses investissements.

Henry John Noad joue aussi un rôle actif dans le Bureau de commerce de Québec : il est membre du conseil de 1841 à 1862, trésorier de 1844 à 1853 et président du 3 avril 1854 au 7 avril 1856. Cette participation continue aux activités du Bureau de commerce montre bien le prestige dont il jouit auprès de la communauté commerçante de Québec.

À la mort de son père en 1843, Henry John prend en main la jeune famille dont le cadet, James Street, a onze ans. Par la suite, les trois frères de Henry John quittent progressivement Québec pour s’installer à Montréal où ils se lancent dans diverses activités commerciales.

Pour des raisons obscures, peut-être liées à un déséquilibre nerveux, Henry John Noad se retire des affaires à l’automne de 1861. La H. J. Noad & Co. est par conséquent dissoute le 2 décembre 1861 et mise en liquidation. L’ex-associé de Henry John, William Henry Jeffery, forme alors avec James Street Noad la Jeffery, Noad & Co. qui reprend les affaires de la H. J. Noad & Co. Le 28 octobre 1864, la firme Jeffery, Noad & Co. est dissoute à son tour et Jeffery se retire en payant à Henry John la somme de $140 000, seul indice que nous possédons de l’ampleur des entreprises de Henry John Noad. Le 2 mai 1865, James Street et Henry John forment une autre compagnie, la J. S. Noad & Co. qui ne durera qu’un an.

Le 26 novembre 1862, Henry John avait acheté au prix de $3 000 une ferme de 125 acres sur les bords de la rivière Saint-François, à Melbourne, dans les Cantons de l’Est. Il allait y passer les huit dernières années de sa vie.

Henry John Noad s’enlève la vie d’un coup de revolver au cœur, le 18 août 1870, alors qu’il est en visite chez son frère James Street, à Montréal. À l’enquête du coroner, le jury rend un verdict de mort par suicide dans un moment d’aliénation mentale. La dépouille est transportée à Québec en bateau à vapeur le 19 août et les funérailles y ont lieu le 20.

Henry John Noad, qui était célibataire, laisse une fortune appréciable constituée de $70 000 environ, de nombreuses propriétés à Québec, de sa ferme de Melbourne, et d’une propriété à Swindon dans le Wiltshire, Angleterre, que se partagent les membres de sa famille. Son frère cadet James Street hérite de l’entreprise.

La carrière de Henry John Noad est intéressante dans la mesure où elle nous permet de mieux connaître le processus d’enrichissement des commerçants d’origine britannique. Une étude approfondie des contrats notariés passés entre les principaux marchands de Québec ajouterait sans doute beaucoup à nos connaissances sur eux, en tant qu’individus et groupe social.

Marc Vallières

ANQ-Q, AP-G-219/1-4 ; État civil, Anglicans, Cathedral of the Holy Trinity (Québec), 1er sept. 1820, 20 août 1870 ; Greffe de William Bignell, 6 août 1840, 4 janv., 6 nov., 2 déc. 1843, 28 oct., 26 nov. 1864, 2 mai 1865 ; Greffe de N. H. Bowen, 1852–1865 ; Greffe de W. D. Campbell, 20 oct. 1854, 2 mars 1859, 15 nov. 1860 ; Greffe de William De Léry, 9 juill. 1833, 29 nov. 1838 ; Greffe de S.-I. Glackmeyer, 1852–1865 ; Greffe de L. T. McPherson, 1833–1856 ; Greffe de Louis Panet, 21 sept. 1824, 8 août 1831.— Archives judiciaires, Saint-François (Sherbrooke), Greffe de G. H. Napier, 26 nov. 1862.— Canada Gazette (Québec et Toronto), 10 janv. 1852, 1er avril 1854, 4 janv. 1862.— Canada, prov. du, Statuts, 1847, c.82 ; 1853, c.247 ; 1854, c.35 ; 1861, c.99 ; 1862, c.71 ; 1863, c.23 ; 1866, c.90.— Le Canadien, 22 août 1870.— Gazette (Montréal), 19 août 1870.— Montreal Daily Witness, 19 août 1870.— Morning Chronicle (Québec), 20 août 1870.— Canada directory, 1857–1858.— Langelier, Liste des terrains concédés.— Montreal directory, 1843–1847.— Quebec directory, 1847–1862.

Bibliographie générale

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Marc Vallières, « NOAD, HENRY JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/noad_henry_john_9F.html.

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Auteur de l'article:   Marc Vallières
Titre de l'article:   NOAD, HENRY JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   24 octobre 2014