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SINCLAIR, WILLIAM, agent principal de la Hudson’s Bay Company, né vers 1794 dans la Rupert’s Land, fils aîné de l’agent principal William Sinclair des îles Orcades, Écosse, et de Nahovway (appelée aussi Margaret, fille, selon la tradition familiale, de l’agent principal Moses Norton*, mais vraisemblablement une Crise), et frère de James*, Colin et Thomas Sinclair ; il épousa le 21 juin 1823 Mary, fille du trafiquant de fourrures Alexander McKay*, dont il eut quatre filles et quatre fils ; décédé le 12 octobre 1868, à Brockville, Ontario.

« Garçon actif » mesurant cinq pieds et cinq pouces, brun, « pacifique et doux », William Sinclair entra au service de la Hudson’s Bay Company en 1808 comme apprenti, au salaire annuel de £8. Il passa ses premières années à Oxford House, à York Factory, dans le district de la rivière Winnipeg, ainsi qu’à Norway House, avant de s’embarquer pour la Grande-Bretagne à bord du navire de la compagnie, le Prince of Wales, en 1816. Ayant dû rebrousser chemin à cause des glaces, le navire hiverna dans la baie de James. Pour pallier la disette qui s’ensuivit, le jeune Sinclair fut dépêché, porteur de lettres et accompagné des passagers valides, au fort Severn et au camp Capusco Goose, de la même région. En 1817, il fut nommé commis dans le district du Petit lac des Esclaves, où, immobilisé par les glaces lors d’un voyage, il improvisa d’une façon très ingénieuse un poste de traite d’hiver. Son salaire annuel s’éleva lentement à £100. De retour d’un séjour d’un an en Angleterre, il travailla, en 1819, à Oxford House, au lac Sandy (Ontario) et à Island Lake (Manitoba), avant de se joindre à l’expédition de la rivière à l’Arc, en 1822–1823, conduite par l’agent principal Donald McKenzie* à la fourche des rivières Saskatchewan-Sud et Red Deer. Sinclair accompagna John Edward Harriott dans ce voyage de 850 milles, qui dura sept semaines, à travers les plaines peu connues du sud-ouest jusqu’à Cypress Hills et la région du Missouri.

L’année 1824 marque le début de 20 ans de service dans les districts de la rivière Winnipeg et du lac La Pluie (réunis plus tard), d’abord dans les régions reculées, cueillant du riz du Canada, chassant, ramassant des fourrures, détournant la concurrence américaine le long de la frontière, ou accompagnant le convoi annuel de bateaux à York Factory. Le « jeune homme de grande espérance » de 1809–1810 était devenu au milieu des années 1820, de l’avis de l’agent principal John Dugald Cameron*, « un jeune homme sobre, soigneux et attentionné », « très habile et travailleur », bien que « d’une nature plutôt maladive ». Il était un comptable compétent, mais ne pouvait pas parler français, ce qui, d’après Simon McGillivray, fils, « lui a beaucoup nui dans le commandement de Canadiens ». Il obtint son premier commandement indépendant au poste de Dalles, en 1831, où, après les erreurs du début, il gagna la confiance de l’agent principal John Stuart*. Il y en a peu à qui celui-ci « voudrait plus volontiers confier une responsabilité ». Stuart pressa George Simpson*, en 1831, d’avantager Sinclair, lequel, bien que capable et « né dans le service », avait « bien peu de chances d’être promu ». Néanmoins, en 1844, Sinclair devint chef de poste.

Sinclair fut envoyé à Churchill en 1845, comme étant la personne la plus apte à y améliorer le commerce, puis de nouveau nommé dans le district du lac La Pluie en 1848 ; il devint agent principal en 1850. Il fut affecté au fort Edmonton en 1854, comme responsable du district de Saskatchewan. C’est alors qu’il tenta d’établir la paix entre les Cris et la confédération des Pieds-Noirs. En 1857, il fut de nouveau responsable du district du lac La Pluie, allant diriger, en 1858, le district clé de Norway House. Il prit sa retraite en 1862. En 1854, il possédait « des terres et une maison à la Rivière-Rouge », mais en 1863, il s’installa près de Brockville, Haut-Canada, où s’écoula le reste de sa vie.

À l’instar des autres agents de la Hudson’s Bay Company, Sinclair fut un voyageur infatigable. Il accepta des affectations aussi diverses que la remise en état d’un moulin à farine, la fourniture d’écorce de bouleau et autres matériaux pour la fabrication de canots, l’arrestation d’un meurtrier, la recherche d’une peau de bœuf musqué pour John James Audubon. Signalons aussi la « difficile et pénible » mission d’organiser le transport de troupes entre York Factory et la Rivière-Rouge en 1846, 1848, 1857 et 1861, qu’il remplit « d’une manière plus que satisfaisante ». De 1851 jusqu’à 1863 au moins, il fut membre du conseil du département de Northern.

William Sinclair fut parmi les quelques Métis et fils d’agents de la Hudson’s Bay Company à devenir agents commissionnés au service de la compagnie. En 1832, l’appréciation de George Simpson, dans son « Character Book » confidentiel, était sévère : « un métis de la nation des Cris [...] Manque d’éducation — Bon chasseur et passablement actif, mais dépourvu de jugement. Un type mesquin doublé d’un sale individu.— Ne gère que relativement bien les affaires d’un petit avant-poste et commande peu le respect parmi les engagés ou les Indiens —. » En 1845, il avait changé d’opinion. Ses lettres officielles à Sinclair le louent comme « un agent intelligent, actif » dont il appréciait « l’excellente administration » et « la grande compétence habituelle », bien qu’il fut parfois déçu. Le point tournant de la carrière de Sinclair paraît avoir été son service satisfaisant sous les ordres de l’agent principal John Stuart.

Irene M. Spry

APC, MG 19, D7, sér. 2.— HBC Arch. A.16/64, p.207 ; A.30/11–14 ; A.34/2 ; A.36/12 ; B.4/b/1, 6 oct., 10 oct., 23 oct., 14 déc. 1829, 7 févr. 1830, 26 mai 1831 ; B.34/a/4, p.48 ; B.34/d/1, p.45 ; B.60/a/29b, 17 sept. 1856, 11 mars, 15 mai 1857 ; B.105/a/10–14, 17, 19s. ; B.115/a/1 ; B.115/d/2 ; B.134/b/22, 24, 26–28 ; B.135/a/1 139 ; B.154/a/59, 65 ; B.239/a/132, 1er août 1824 ; B.239/d/143, 147, 152, 170, 175, 195 ; B.239/1/8–15 ; B.239/k/1–3 ; C.1/785, 787s. ; D.4/22, 6 juill. 1836 ; D.4/24, 28 févr. 1838 ; D.4/57, 10 juin 1845 ; D.4/65, 8 juin 1844 ; D.4/67, 10 juin, 22 nov. 1845 ; D.4/69, 30 juin, 18 déc. 1847 ; D.4/70, 2 juin, 9 juill., 15 nov. 1848, 19 nov. 1849 ; D.4/71, 11 juill., 18 déc. 1850 ; D.4/75, 28 janv. 1855, 19 janv. 1856 ; D.4/76a, 6 déc. 1856 (Nous désirons remercier particulièrement l’archiviste des HBC Arch. et ses collègues pour avoir retracé une grande partie de la matière dispersée, utilisée dans cette biographie et qui, autrement, aurait passé inaperçue).— United counties of Leeds and Grenville Surrogate Court (Brockville, Ont.), register 2, pp.678–683.— Canadian North-West (Oliver), I : 648, 664, 671, 681s. ; II : 697, 706, 716, 732, 738, 765, 770, 791, 805, 822, 830, 842, 858, 865.— HBRS, III (Fleming), passim.— D. G. Lent, West of the mountains : James Sinclair and the Hudson’s Bay Company (Seattle, Wash., 1963), 19, 21, 23, 31s., 42, 155, 201, 293, 295s.— E. W. Marwick, A Harrayman in Hudson Bay, Orcadian (Kirkwall, Écosse), 18, 25 mars 1965.

Bibliographie générale

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Irene M. Spry, « SINCLAIR, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/sinclair_william_9F.html.

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Auteur de l'article:   Irene M. Spry
Titre de l'article:   SINCLAIR, WILLIAM
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   2 octobre 2014