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WESTON, GEORGE, boulanger, homme d’affaires et homme politique, né le 23 mars 1865 à Oswego, New York, fils de William Weston et d’une prénommée Ann ; le 3 avril 1889, il épousa à Toronto Emma Maud Richards, et ils eurent six enfants parmi lesquels deux garçons et deux filles vécurent au delà de l’enfance ; décédé dans cette ville le 6 avril 1924.

Dernier d’une famille de sept, George Weston était enfant lorsque sa famille s’installa à Toronto, où son père, manœuvre, avait des chances de trouver un meilleur emploi qu’à Oswego. Dès l’âge de 12 ans, après des études rudimentaires à la Wellesley Street School, il commença à travailler à la boulangerie de Charles J. Frogley, rue Yonge, où il apprit à pétrir le pain. Cependant, Weston était petit et maigre et, embauché environ trois ans plus tard par une autre boulangerie tenue par Gilbert H. Bowen, il délaissa ce métier physiquement exigeant pour livrer du pain et s’initier aux techniques de vente et de mise en marché.

En 1882, à 17 ans, Weston acheta à Bowen deux circuits de livraison. À force de travail, il put en acquérir d’autres. Sur l’un de ses circuits, il fit la connaissance de sa future femme, Emma Maud Richards, qui était servante. En 1892, il reprit la boulangerie de Bowen, alors située rue Sullivan, dans le secteur de la Grange, au nord de la rue Queen ; vers 1895, elle était assez prospère. Weston avait une quinzaine d’employés et plusieurs voitures de livraison tirées par des chevaux. D’après une source d’information, sa réussite venait en partie de ce qu’il payait mal son personnel. À cette époque, il lança son pain « de ménage », aliment à prix abordable qui remporta un vif succès auprès des familles qui ne pouvaient faire leur pain elles-mêmes. L’historien des affaires Charles Davies a fait observer que, malgré son insistance sur la valeur et la qualité, Weston « avait l’intuition de ce que les gens accepteraient et de ce à quoi il n’était pas obligé de s’astreindre ».

Weston voyait aussi que les techniques de fabrication du pain étaient en train de changer radicalement. Il avait la conviction que l'avenir appartiendrait non pas aux petites exploitations artisanales mais aux grandes usines automatisées. En 1897, il ouvrit rue Soho, non loin de sa première boulangerie, l’établissement plus tard connu sous le nom de Model Bakery. C’est alors que son entreprise prit vraiment de l’ampleur. Avec 40 employés dont les salaires hebdomadaires totalisaient environ 350 $, elle produisait 3 200 pains par jour. À la fin de 1900, l’entreprise de Weston fusionna avec celle du Torontois John Lawrence Spink, marchand de céréales et minotier, sous le nom de Model Bakery Company Limited ; leur association prit fin officiellement le 1er février 1907, pour des raisons inconnues. En 1910, Weston ouvrit une deuxième usine, à l’angle des rues Richmond et Peter, et fit constituer juridiquement une nouvelle société, la George Weston Limited.

Fort d'un certain succès en affaires, Weston se lança en politique municipale. De 1910 à 1914, il fut échevin du quartier no 4. Dans la publicité de sa campagne de 1912, il se définissait comme « le candidat de l’homme d’affaires » ; sans doute était-il convaincu que ses concitoyens pouvaient bénéficier de son flair. En 1914, année où il refusa de se porter candidat, on commença à lui proposer d’autres fonctions adaptées à sa position sociale, notamment un siège au conseil de la Victoria Industrial School et à celui du Toronto General Hospital. Fervent méthodiste, il soutenait généreusement l’église Bathurst Street.

En 1911, suivant un plan d’abord promu par un entrepreneur de la région du Niagara, C. R. Morden, et visant à fusionner plusieurs grosses boulangeries, Weston et d’autres hommes d’affaires avaient formé la Canada Bread Company Limited. Organisée par le financier torontois Cawthra Mulock*, qui en était le garant, l’entreprise regroupait, outre Weston, Mark Bredin et Henry C. Tomlin, de Toronto, William J. Boyd, de Winnipeg, et Enoh James Stuart, de Montréal. La participation de Weston se limitait à des investissements et à un poste au conseil d’administration. Moins de deux ans après sa fondation, la Canada Bread, sous la direction de Bredin, avait une production nationale d’environ 3 millions de livres de pain par semaine. Les fluctuations de l’approvisionnement et des prix pendant la Première Guerre mondiale firent chuter ses bénéfices, après quoi la Dépression et la réglementation fédérale sur le contenu de la farine lui causèrent d’autres difficultés. Cependant, au début de 1919, ses deux boulangeries torontoises produisaient à elles seules plus de 1,6 million de livres de pain par semaine.

Les administrateurs de l’entreprise, Weston compris, avaient convenu de ne pas concurrencer individuellement la Canada Bread dans la fabrication du pain durant dix ans. En fait, la nouvelle compagnie avait abandonné la Model Bakery dès 1913. Toutefois, Weston continua de produire des biscuits et des gâteaux sous la raison sociale de George Weston Limited à son usine de l’intersection des rues Richmond et Peter. Il était allé s’initier à la confection des biscuits en Angleterre et, en mettant ses connaissances à profit, il se fit une bonne clientèle. En 1921, une fois échu l’engagement de ne pas concurrencer la Canada Bread, il quitta cette société et se remit à fabriquer du pain. Son fils William Garfield* s’associa à lui et assuma la vice-présidence de la George Weston Limited. À l’époque, Weston participait aussi aux affaires d’autres entreprises. Par exemple, il était vice-président de la Permanent Realty Company et appartenait au conseil d’administration de la City Dairy Company Limited et de l’American Sales Book Company Limited.

Victime d’une grave crise d’apoplexie en mars 1924, George Weston mourut le 6 avril à son domicile du boulevard Palmerston. On l’inhuma au cimetière Mount Pleasant. Sous bien des aspects, il correspondait au type de l’homme d’affaires torontois qui connut la réussite au début du XXe siècle. Indifférent aux louanges du public, sauf pendant ses mandats au conseil municipal, il croyait au travail acharné, à la frugalité et à la morale chrétienne. Sa détermination à étendre son entreprise et à surmonter la concurrence (par la formation de la Canada Bread) était certainement typique des gens de son espèce. En bâtissant un commerce solide, il jeta les bases de l’empire alimentaire et financier qu’édifierait son fils Garfield.

Kerry Badgley

Une version multimédia de l’histoire de la George Weston Limited a été publiée par l’entreprise sur CD-ROM sous le titre Weston digital archive 1997 ([Toronto], 1997). Ce CD-ROM, qui contient quelques renseignements sur George Weston, porte surtout sur l’histoire récente de l’entreprise.

AN, RG 110, 1, Bakers' monthly reports, févr. 1919.— AO, RG 8-1-1, 5862/1900 ; RG 22-305, nº 49809 ; RG 55-1-2-B, charter book nº 61 ; RG 80-5-0-174, nº 14326.— Daily Mail and Empire, 7 avril 1924.— Globe, 19 déc. 1900, 23, 30 déc. 1911, 2 janv., 24 déc. 1912, 2 janv. 1913, 7 avril 1924.— Monetary Times (Toronto), 15 juill. 1911 : 328 ; 5 août 1911 : 630.— Toronto Daily Star, 7 avril 1924.— World (Toronto), 22 févr. 1918.— Annuaire, Toronto, 1874–1924.— Charles Davies, Bread men : how the Westons built an international empire (Toronto, 1987).— Industrial Canada (Toronto), 25 (1924–1925) : 84

Bibliographie générale

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Kerry Badgley, « WESTON, GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/weston_george_15F.html.

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Auteur de l'article:   Kerry Badgley
Titre de l'article:   WESTON, GEORGE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2005
Année de la révision:   2005
Date de consultation:   29 juillet 2014