Nicolas Viel (mort en 1625) fit profession en 1598 chez les Récollets de la province de Paris. Nommé missionnaire au Canada en 1623, il se rendit bientôt au pays des Hurons (Hurons-Wendats), où il passerait deux ans. Il se noya dans des circonstances nébuleuses au dernier saut de la rivière des Prairies, alors qu’il descendait vers Québec en canot avec des Hurons, dont un jeune homme surnommé Ahuntsic, qui aurait subi le même sort. Certains n’hésitent pas à proclamer le père Viel premier martyr de la foi au Canada.

VIEL, NICOLAS, prêtre, récollet, missionnaire chez les Hurons (Hurons-Wendats), né près de Coutances, en France, mort le 25 juin 1625.

Nicolas Viel avait fait profession en 1598, chez les Récollets de la province de Paris. Nommé missionnaire au Canada en 1623, il partit de Paris le 18 mars, avec le frère Gabriel Sagard, et fut à Québec le 28 juin. Le 16 juillet 1623, en compagnie du père Joseph Le Caron et du frère Sagard, il quittait Québec pour le pays des Hurons. Il y passa deux ans, étudiant la langue et complétant, par ses notes, le dictionnaire du père Le Caron. En 1624, ses deux confrères retournaient à Québec, le laissant seul avec neuf Français.

À la fin de mai 1625, le père Viel décida d’aller à Québec. Il partit avec des Hurons qui descendaient pour la traite. Au dernier saut de la rivière des Prairies, alors qu’il était dans un canot occupé par trois Hurons, il aurait été jeté à l’eau par ces derniers ; un jeune homme, surnommé Ahuntsic, qui suivait dans une autre embarcation, aurait été témoin de la scène et aurait subi le même sort. C’était le 25 juin 1625, à l’endroit qui deviendrait le Sault-au-Récollet ; le corps du religieux fut repêché quelques jours plus tard et inhumé à Québec.

Les témoignages de Sagard, Jean de Brébeuf, Chrestien Le Clercq et Paul Le Jeune contribuèrent à établir ce récit tragique selon lequel le père Viel, pour des raisons inconnues, aurait été assassiné. L’Église catholique ne s’est jamais prononcée sur cet événement. Si certains auteurs contemporains du père Viel n’ont pas hésité à le proclamer premier martyr de la foi au Canada, lhistoriographie plus récente tend cependant à privilégier la thèse de laccident pour expliquer sa mort.

G.-M. Dumas

ASQ, MSS, 200, Mortuologe des Recolets.— Le Clercq, First establishment of the faith (Shea), I : 203s., 236, et passim.— Sagard, Histoire du Canada (Tross).— C.-P. Beaubien, Le Sault-au-Récollet : ses rapports avec les premiers temps de la colonie (Montréal, 1898), 47–91.— R. Desrochers, Le Sault-au-Récollet, paroisse la Visitation (Montréal, 1936).— Archange Godbout, Le Néophyte Ahuntsic, BRH, XLVIII (1942) : 129–137.— Jouve, Les Franciscains et le Canada (1615–1629).— Hugolin Lemay, L’Œuvre manuscrite ou imprimée des Récollets de la mission du Canada (province de Saint-Denis), 1615–1629, MSRC, XXX (1936), sect. : 115–126 ; Le Père Nicolas Viel (« Notes bibliographiques pour servir à l’histoire des Récollets du Canada », II, Québec, 1932).

Bibliographie de la version modifiée :
Sur la thèse de l’accident pour expliquer la mort du père Viel, consulter entre autres Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, II : 340–342 et « Document 32 », dans Monumenta Novæ Franciæ, Lucien Campeau, édit. (9 vol., Rome et Québec, 1967–1987 ; Rome et Montréal, 1989–2003), 2 : 79–82.

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G.-M. Dumas, « VIEL, NICOLAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 janv. 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/viel_nicolas_1F.html.

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Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    1966
Année de la révision:    2026
Date de consultation:    19 janv. 2026