Ministre presbytérien et éducateur, Andrew Browning Baird (1855–1940) fut un pionnier dans l’Ouest canadien. Il établit la première congrégation presbytérienne d’Edmonton en 1881, puis s’installa à Winnipeg. À cet endroit, il devint ministre de l’église Augustine et professeur au collège de Manitoba, où il enseigna notamment l’histoire de l’Église, six langues et l’économie politique. De plus, il assuma à divers moments les fonctions de bibliothécaire, de trésorier et de directeur par intérim. Même s’il abandonna la chaire en 1891, il continua de servir l’Église presbytérienne au Canada. Quand, en 1916, celle-ci vota en faveur de l’union des Églises – dont il était un partisan convaincu –, il agissait à titre de modérateur.
Titre original :  Rev. Andrew Browning Baird

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BAIRD, ANDREW BROWNING, ministre presbytérien, professeur d’université, auteur, administrateur scolaire et ministre de l’Église unie, né le 6 octobre 1855 à Motherwell, Haut-Canada, aîné des 12 enfants de Charles Baird et d’Agnes Browning, frère de l’éminent psychologue John Wallace Baird ; le 20 septembre 1887, il épousa à Galt (Cambridge, Ontario) Penelope Campbell Cook (décédée en 1936), et ils eurent trois filles et un fils ; décédé le 22 septembre 1940 à Winnipeg.

Enfance et éducation

Andrew Browning Baird naquit dans le comté de Perth, dans le Haut-Canada, au sein d’une communauté de fermiers venus d’Écosse. Conformément à la tradition de l’Église presbytérienne de ce pays, on destina le fils aîné au ministère. Il reçut son instruction préparatoire à l’école secondaire de St Marys et à l’Upper Canada College de Toronto. Il fréquenta subséquemment la University of Toronto, où, pendant toutes ses années d’études, il servit à titre de missionnaire étudiant de l’Église presbytérienne au Canada (EPC), créée en 1875. Il y obtint une licence ès arts en 1877 et une maîtrise trois ans plus tard. Baird passa ensuite trois ans au Knox College de Toronto, séminaire principal de l’Église, où il se vit nommé directeur d’études en grec. Il quitta l’établissement avant de recevoir un diplôme ; en 1881, il se rendit plutôt au New College de l’Église libre d’Écosse (intégré à la University of Edinburgh en 1935), qui lui remit un diplôme de bachelier en théologie la même année. Il s’installa peu après en Allemagne et poursuivit quelque temps des études supérieures à l’université de Leipzig.

Œuvres missionnaires dans les Territoires du Nord-Ouest

Baird semblait bien parti pour mener une carrière universitaire. Durant son séjour en Allemagne, toutefois, il apprit que l’EPC lui réservait d’autres projets. Le surintendant des missions des Territoires du Nord-Ouest, James Robertson*, le nomma missionnaire dans cette région. Baird rentra en Ontario ; en août 1881, le consistoire presbytéral de Stratford l’ordonna dans l’église Motherwell, que fréquentait sa famille. Il prit alors le train jusqu’à la station terminale de Winnipeg ; arrivé trop tard pour se joindre à un groupe de voyageurs, il effectua à cheval et en chariot, presque toujours seul, le dur périple de 49 jours pour atteindre Edmonton, où vivaient 263 personnes. En novembre, il y fonda la première congrégation presbytérienne, composée de commerçants de fourrures, de membres de la Police à cheval du Nord-Ouest et de Métis. Il commença à célébrer des offices à Belmont (Edmonton), au fort Saskatchewan et à Clover Bar, entre autres lieux. En 1884, son allocation passa à 700 $ et il accéda au titre de ministre du culte. En outre, Baird siégea au bureau d’Éducation des Territoires du Nord-Ouest et dirigea la création d’une école de mission pour les Autochtones de la réserve de Stony Plain en 1885. Au nom du comité des missions étrangères de l’Église, il publierait à Toronto, en 1895, une brochure intitulée The Indians of western Canada, dans laquelle il brosse un portrait paternaliste et assimilationniste des peuples autochtones.

Installation à Winnipeg et enseignement à l’université

En 1887, Baird quitta ses fonctions à Edmonton et accepta un poste de directeur dans une école professionnelle pour Autochtones à Regina. À l’été, il retourna en Ontario pour épouser Penelope Campbell Cook, avec qui il s’était fiancé deux ans plus tôt au cours d’un passage chez lui. La construction de l’école professionnelle prenant du retard, le couple s’installa vers la fin de l’année à Winnipeg, où Baird assuma la charge de la nouvelle église Augustine. De plus, le collège de Manitoba, établissement presbytérien rattaché à l’université de Manitoba [V. George Bryce], l’engagea comme chargé de cours pour enseigner l’exégèse de l’Ancien Testament, ainsi que les langues et la littérature orientales. Élevé au rang de professeur en 1891, il renonça à la chaire, mais demeura un membre actif de l’église Augustine pour le reste de ses jours.

Poursuite des activités ecclésiales et union des Églises

Malgré son abandon du ministère actif en 1891, Baird continua de servir l’EPC. Cette année-là, il agit comme secrétaire du Synod of Manitoba and the North-West Territories. Il siégerait à plusieurs comités de l’EPC, dont ceux des missions étrangères et de l’instruction religieuse. En 1903, le Knox College lui décerna un doctorat en théologie.

À l’assemblée qui eut lieu à Winnipeg en 1916, Baird fut élu modérateur. La même année, l’EPC vota en faveur de sa fusion avec l’Église méthodiste du Canada et l’Union congrégationaliste du Canada. Partisan convaincu de l’union des Églises [V. Clarence Dunlop Mackinnon], à l’instar de la plupart des ministres presbytériens et du corps professoral, Baird fit partie du comité de l’EPC créé à cet effet. Plus irénique que les autres dirigeants presbytériens du mouvement (il refusa de prendre part au débat public concernant l’union interconfessionnelle protestante), il échoua néanmoins dans sa tentative de rallier l’opposition minoritaire ; celle-ci forma en 1916 la Presbyterian Church Association, afin d’assurer la pérennité de l’EPC quoi qu’il advienne. La Première Guerre mondiale et la résistance farouche de certains presbytériens, surtout en Ontario, retardèrent la mise en œuvre de l’union de l’Église pendant près de dix ans, ce qui, sans surprise, causa des perturbations et un schisme au sein de l’EPC [V. Ephraim Scott]. Ironiquement, l’église First Presbyterian d’Edmonton, que Baird avait fondée, choisit de ne pas se joindre à l’Église unie. En 1925, on le nommerait premier président de la Conférence du Manitoba de l’Église unie du Canada. Il se retirerait du ministère vers 1931.

Première Guerre mondiale

La nomination de Baird à la présidence du comité d’appel du Manitoba en vertu de la Loi concernant le service militaire, promulguée en 1917 par le Parlement du Canada, témoigne de l’estime que lui portaient ses pairs. La guerre le toucha aussi personnellement : sa fille Agnes Browning y travailla comme infirmière, et son fils unique, Andrew Stuart, jeune avocat qui s’était enrôlé en service actif outre-mer en 1915, mourut au combat trois mois avant la fin du conflit.

Carrière d’enseignement au collège de Manitoba

Même si Baird joua un rôle important au sein de l’Église avant et après l’union, le collège de Manitoba s’avéra le lieu de son principal domaine d’activité. De toute évidence, l’éducation était son premier amour et son véritable métier. L’histoire de l’Église constituait son point fort, et l’enseignement – plus que l’écriture –, son moyen d’expression. Esprit universel indéniable et pédagogue dans la tradition des anciens instituteurs écossais, il donna des cours, à un moment ou un autre de sa carrière, des matières suivantes : apologétique, histoire de l’Église, théologie, hébreu, latin, grec biblique, anglais, français, allemand, histoire, économie politique et exégèse du Nouveau Testament. Bibliothécaire du collège dès son arrivée en 1887, il occupa aussi les fonctions de trésorier et de directeur par intérim après la mort de John Mark King* en 1899. De 1888 à 1938 environ, il siégea au conseil d’administration du collège de Manitoba et au conseil de l’université de Manitoba. De 1910 à 1919, il assuma de nouveau le poste de directeur par intérim du collège. En 1922, l’université de Manitoba lui décerna un doctorat honorifique en droit. Il continua d’enseigner au collège jusqu’à sa retraite en 1937. Lorsque ce dernier fusionna avec le Wesley College l’année suivante pour former le United College (qui prendrait le nom de University of Winnipeg en 1967), Baird prononça le discours inaugural et devint directeur par intérim du séminaire. Sa femme, Penelope Campbell, participa également à la vie de l’établissement à titre de membre du Manitoba College Women’s Auxiliary en 1927–1928 et en 1931–1932.

Loisirs

Dans ses temps libres, Baird s’adonnait à la numismatique. Sa collection, l’une des plus précieuses de l’Ouest canadien, lui valut son élection comme membre de la Royal Numismatic Society en 1907. Ce loisir lui procurait des moments d’évasion dans sa vie autrement fort occupée. Il présida aussi la Société historique et scientifique de Manitoba de 1893 à 1895, et la Manitoba Horticultural Society de 1896 à 1899.

Bilan

Parmi les ministres de l’EPC qui réalisèrent l’union des Églises, Andrew Browning Baird se distingue comme un pasteur missionnaire, un éducateur et un dirigeant ecclésiastique qui voyait dans l’union interconfessionnelle protestante un plan divin pour la revitalisation du christianisme au Canada. Dans sa notice nécrologique parue dans le United Churchman, la citation d’une phrase de son cru résume bien son idéalisme pragmatique et son ecclésiologie fondée sur le mouvement Social Gospel : « L’Église se libère d’une alliance trop intime avec le capitalisme et lance son message sous une forme plus pure et spirituelle que jamais. » À l’instar des églises presbytériennes du Manitoba, Baird joua un rôle d’avant-garde dans le mouvement en faveur de l’union des Églises [V. Charles William Gordon]. Il figure parmi les ministres presbytériens les plus éminents de la première génération de l’Église unie du Canada.

Barry Cahill

Andrew Browning Baird est l’auteur de Notes on introduction to the New Testament (Winnipeg, 1896). Il n’existe aucune bibliographie des écrits qu’il a publiés, lesquels se composent de brochures, d’articles et d’essais. Les papiers de Baird, très nombreux, sont principalement conservés à l’UCC, Manitoba and Northwestern Ontario Conference and All Native Circle Conference (Winnipeg), Rev. Andrew B. Baird fonds ; de plus petits fonds se trouvent aux Univ. of Winnipeg Arch., Andrew Browning Baird papers (IN-1), et aux AM, Andrew Browning Baird fonds. La courte biographie de Baird, Andrew Baird of Manitoba College (Winnipeg, 1972), écrite par le révérend J. A. M. Edwards et parue pour commémorer le centenaire du Manitoba College en 1971, contient des reproductions de quelques papiers originaux de Baird.

Ancestry.com, « Mariages, Ontario, Canada, 1826 à 1942 », Andrew B. Baird and Penelope C. Cook, Galt, 20 sept. 1887.— AM, ATG 0025A (Winnipeg estate files), GR4866, file 28546, Andrew Browning Baird, Q 4923.— Edmonton Bulletin, 1881–1887.— Manitoba Free Press (Winnipeg), 1887–1931.— New Outlook (Toronto), 1925–1939.— Presbyterian Record (Montréal), 1881–1925.— United Church Observer (Toronto), 1939–1940.— United Churchman (Sackville, N.-B.), 2 oct. 1940.— Winnipeg Free Press, 1931–1940.— Winnipeg Telegram, 1894–1920.— Winnipeg Tribune, 1890–1940.— A. G. Bedford, The University of Winnipeg : a history of the founding colleges (Toronto et Buffalo, N.Y., 1976).— J. M. Bumsted, Dictionary of Manitoba biography (Winnipeg, 1999).— Église presbytérienne au Canada, General Assembly, Acts and proc. (Toronto), 1881–1925.— K. W. Gunn-Walberg, « The church union movement in Manitoba, 1902–1925 : a cultural study in the decline of denominationalism within the Protestant ascendency » (thèse de ph.d., Univ. of Guelph, Ontario, 1971).— Daniel Lahham et C. D. Green, « John Wallace Baird : the first Canadian president of the American Psychological Association », Psychologie canadienne (Ottawa), 54 (2013) : 124–132.— Hugh McKellar, Presbyterian pioneer missionaries in Manitoba, Saskatchewan, Alberta and British Columbia (Toronto, 1924).— J. J. H. Morris, « The Presbyterian Church in Edmonton, northern Alberta, and the Klondike, 1881–1925, largely according to official documents » (mémoire de m.th., Vancouver School of Theology, 1974).— Kenneth Munro, First Presbyterian Church, Edmonton : a history (Victoria, 2004).— Prairie spirit : perspectives on the heritage of the United Church of Canada in the west, D. L. Butcher et al., édit. ([Winnipeg], 1985).— R. C. Russell, « A minister takes the Carlton Trail », Beaver (Winnipeg), outfit 290 (hiver 1959) : 4–11.— United Church of Canada, Year book (Toronto), 1926–1940.— J. C. Walker, « The early history of the Presbyterian Church in western Canada : from the earliest times to the year 1881 » (thèse de ph.d., Univ. of Edinburgh, 1928).

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Barry Cahill, « BAIRD, ANDREW BROWNING », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 10 févr. 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/baird_andrew_browning_16F.html.

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Auteur de l'article:    Barry Cahill
Titre de l'article:    BAIRD, ANDREW BROWNING
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
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Date de consultation:    10 févr. 2026