Gervais Hodiesne (1690–1764) arrive au Canada vers 1721 et prononce ses vœux chez les Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph l’année suivante. Par la suite, il occupe plusieurs charges au sein de la communauté de l’Hôpital général de Montréal. En 1735, il quitte celui-ci pour le séminaire de Québec. Il abandonne la soutane quatre ans plus tard et s’établit dans la seigneurie de Chambly, où on lui accorde une commission de notaire royal. Hodiesne en reçoit une deuxième en 1747, puis une autre en 1752, pour exercer dans la ville et le gouvernement de Montréal, et se voit reconduit dans ses fonctions après la capitulation de 1760.

HODIESNE, GERVAIS, frère hospitalier de la Croix et de Saint-Joseph, clerc tonsuré, notaire royal, né le 6 novembre 1690 à La Lande-Patry, en France, fils de Julien Hodiesne et de Perrine Hubert ; en 1739, il épousa à Chambly (Québec) Marguerite Lareau ; décédé à Montréal le 26 mai 1764 et inhumé le lendemain.

Nous ignorons presque tout de la vie de Gervais Hodiesne avant le 2 avril 1721, lorsque des documents mentionnent sa présence à l’Hôpital Général de Montréal. Il est fort probable que Hodiesne vint au Canada à la suite du voyage de recrutement fait en France, en 1719, par le fondateur de l’Hôpital Général, François Charon* de La Barre. Hodiesne prononça ses vœux en présence du supérieur, Louis Turc de Castelveyre, le 2 octobre 1722. Par la suite, il occupa successivement les charges d’économe et de procureur de la communauté, mais il est difficile de préciser la chronologie. Il était économe en 1728 et en 1729, et, peu après, procureur. C’est à ce titre qu’il effectua un voyage en France, à la fin de l’année 1733. Le ministre de la Marine, Maurepas, avait approuvé la venue de Hodiesne dans la métropole afin d’unir les hospitaliers de Montréal à une des communautés françaises d’enseignants. Dès le 23 mars 1734, Hodiesne obtenait un passage gratuit sur le Rubis pour son retour en Nouvelle-France.

Son voyage semble avoir eu des suites heureuses puisque, en 1737, les frères Denis et Pacifique, des Frères des Écoles chrétiennes, arrivaient dans la colonie. Mais il était déjà trop tard : la communauté des hospitaliers avait connu en 1735 une année désastreuse [V. Jean Jeantot] et, durant cette même année, Gervais Hodiesne avait quitté l’Hôpital Général de Montréal pour le séminaire de Québec. Le 15 septembre, il fut tonsuré et, le 12 octobre, Mgr Pierre-Herman Dosquet* lui accordait une concession dans les seigneuries de Bourgchemin ou de Saint-Herman « à son choix et option dans le temps qu’il jugera à propos ». Hodiesne semble avoir occupé, au cours des années que dura son séjour au séminaire, la charge de secrétaire de l’évêque.

En juillet 1739, Gervais Hodiesne abandonna la soutane et s’établit dans la seigneurie de Chambly. Il obtint le 12 décembre une commission de notaire royal pour exercer dans cette seigneurie ; peu de temps auparavant, il avait épousé Marguerite Lareau, veuve de Charles Campagna. De ce mariage, célébré à Chambly possiblement entre le 25 et le 29 novembre, naîtront neuf enfants. Quelques années plus tard, le 18 juillet 1747, Hodiesne obtenait de l’intendant Gilles Hocquart* une deuxième commission de notaire royal pour exercer dans tout le gouvernement de Montréal, excepté dans la ville et la banlieue de Ville-Marie, où il ne pourra instrumenter qu’à partir du 26 mai 1752, ayant alors obtenu une nouvelle commission. À partir de 1750 et jusqu’en 1759, il remplit à l’occasion la charge d’assesseur.

La capitulation de Montréal amena peu de changement dans la vie de Gervais Hodiesne puisque, le 1er octobre 1760, le gouverneur Thomas Gage* le confirmait dans son emploi de notaire pour la ville et le gouvernement de Montréal. Hodiesne pratiqua encore quatre ans et mourut à Montréal le 26 mai 1764.

Michel Paquin

AN, Col., B, 58, f.398 ; 60/1, f.174v. ; 63, f.491.— ANQ-M, Greffe de Gervais Hodiesne, 1740–1760.— RAC, 1918, 23.— Massicotte, Inventaire des documents concernant les frères Charon, RAPQ, 1923–1924, 181, 184, 186, 195, 201 ; Les tribunaux et les officiers de justice de Montréal sous le régime français, BRH, XXXVII (1931) : 303.— P.-G. Roy, Inv. concessions., IV : 115 ; Inv. jug. et délib., 1717–1760, III : 88 ; Inv. ord. int., II : 284 ; III : 95s., 171.— Tanguay, Dictionnaire.— Vachon, Inv. critique des notaires royaux, RHAF, XI (19571958) : 101.— L’Hôpital Général de Montréal, I : 65.— É.-Z. Massicotte, Hospitalier, ecclésiastique, notaire et père de famille, BRH, XLII (1936) : 304309 ; Le mariage du notaire Hodiesne, BRH, XLII (1936) : 599.

Bibliographie de la version modifiée :
Arch. départementales, Orne (Alençon, France), « État civil (1527–xxe siècle) », Gervais Hodiesne, La Lande-Patry, 6 nov. 1690, image 167 (baptême).— Bibliothèque et Arch. nationales du Québec, Centre d’arch. de Montréal, CE601-S51, 27 mai 1764.

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Michel Paquin, « HODIESNE, GERVAIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 mars 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/hodiesne_gervais_3F.html.

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Auteur de l'article:    Michel Paquin
Titre de l'article:    HODIESNE, GERVAIS
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    1974
Année de la révision:    2026
Date de consultation:    24 mars 2026