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ARMSTRONG, GEORGE, manufacturier de meubles et entrepreneur de pompes funèbres, né en 1821 dans le comté d’Armagh (Irlande du Nord), fils de George Armstrong ; vers 1844, il épousa Margaret Longmoore et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 22 septembre 1888 à Montréal.

George Armstrong arriva à Montréal avec sa famille à l’âge de 13 ans. Après son apprentissage chez Bethune and Kittson, ébénistes et encanteurs, il travailla vraisemblablement comme journalier pendant un certain temps. En 1851, il était parvenu à fonder sa propre entreprise, rue Saint-Urbain. Ce premier immeuble fut cependant détruit par un incendie, et Armstrong déménagea place Victoria, dans l’un des quartiers d’affaires les plus recherchés du Montréal des années 1860. Après un autre incendie, il construisit à cet endroit, en 1864, un imposant immeuble comprenant un atelier, des salles d’exposition et un service de pompes funèbres. Cet édifice de trois, et plus tard de quatre étages, s’élevait sur un coin de rue et était considéré comme une œuvre architecturale qui embellissait la place et rendait hommage à un homme ayant connu le succès au Canada « grâce à [son] travail soutenu et à [sa] persévérance ».

Armstrong n’eut jamais la réputation qu’avait acquise John Hilton*, chef de file reconnu dans le métier d’ébéniste à Montréal. Toutefois, il sut percevoir et combler le besoin qu’avaient les gens de meubles « vraiment de qualité mais bon marché », comme il le disait lui-même. Par suite de l’augmentation rapide de la population de Montréal pendant la deuxième moitié du xixe siècle, les meubles qu’Armstrong fabriquait avec compétence trouvaient un marché grandissant. Bien qu’il fût loin de se limiter à la production d’articles peu coûteux – ses ateliers fournissaient des chaises « délicatement ciselées », d’« élégantes » bibliothèques et des « mobiliers de chambre de très grande qualité » – il mit de plus en plus l’accent sur la fabrication de meubles solides accessibles à la classe moyenne et sur la fabrication en série, comme celle des chaises cannées. À la Colonial and Indian Exhibition tenue à Londres en 1886, sa firme présenta des lits pliants et des chaises Shaker. Cette tentative pour connaître la renommée outre-mer fut couronnée de succès ; on vendit toutes les marchandises exposées et on s’assura les services d’un agent anglais. Les chaises Shaker, qui étaient des chaises ordinaires à dossier droit, à bascule ou non, devinrent une partie si importante de la production de l’entreprise qu’on peignit un slogan sur les murs de l’immeuble Armstrong annonçant que le mobilier d’une maison était incomplet sans une des chaises Shaker d’Armstrong.

À l’instar de la plupart des fabricants de meubles de Montréal, Armstrong fit aussi de l’importation, bien que la plus grande partie du stock fut manufacturée sur les lieux. Le fait de tenir des ventes au rabais pendant l’hiver lui permettait de vider ses magasins et de « garder tout le monde au travail, comme d’habitude, pendant les durs mois de l’hiver », selon son expression. En assurant le plein emploi à ses hommes, Armstrong faisait montre d’une attitude humanitaire conforme à ses convictions religieuses profondes. Il siégea au conseil d’administration de l’église méthodiste St James et soutint la Société de bienfaisance protestante irlandaise de Montréal. Le journal d’un ébéniste de Montréal, William Peacock, nous apprend que ce fut chez Armstrong qu’un groupe de méthodistes se réunit pour prier, le 26 février 1871, avant d’entreprendre un voyage de 60 milles en traîneau dans la « région appelée Gore ou Lashuit » (Lachute) afin d’encourager le travail des missionnaires. Armstrong fit partie de l’expédition.

Armstrong mourut subitement le 22 septembre 1888. Après sa mort, on jugea qu’il avait « amassé une fortune d’environ $200 000 », somme bien supérieure à celle que la plupart des fabricants de meubles de Montréal avait accumulée à l’époque. Armstrong possédait aussi une entreprise de pompes funèbres, comme de nombreux ébénistes du xixe siècle, et ce fut celle de ses entreprises qui allait se perpétuer. Il avait pris son neveu William Armstrong comme associé en 1877 et, même si ce dernier abandonna par la suite la fabrication de meubles, l’entreprise de pompes funèbres demeura un commerce familial pendant plus d’un siècle.

Elizabeth Collard

Arch. of the Irish Protestant Benevolent Soc. (Montréal), Annual reports, 1888–1889.— Arch. privées, W. G. Arm strong (Montréal), Diary of William Peacock and family papers.— St James United Church (Montréal), Register of baptisms, marriages and burials, 25 sept. 1888.— Charles Tupper, Report [...] on the Canadian section of the Colonial and Indian Exhibition at South Kensington 1886 (Ottawa, 1887), 44.— Gazette, 16 juill. 1860, 6 mai 1863, 17 avril 1865, 16 févr., 19 déc. 1867, 1er sept. 1875, 1er déc. 1876, 24 sept. 1888.— Montreal Daily Witness, 22, 24 sept. 1888.— The Colonial and Indian Exhibition, London, 1886 ; official catalogue of the Canadian section (2e éd., Londres, 1886), 216.— C. E. Goad, Atlas of the city of Montreal from special survey and official plans, showing all buildings & names of owners (Montréal, 1881), xii.— Montreal directory, 1847–1848, 1850–1976.— Industries of Canada ; city of Montreal ; historical and descriptive review ; leading firms and moneyed institutions (Montréal, 1886), 136.— G. E. Jaques, Chronicles of the St. James St. Methodist Church Montreal, from the first rise of Methodism in Montreal to the laying of the corner-stone of the new church on St. Catherine Street (Toronto, 1888), 8, 90.— Montreal business sketches with a description of the city of Montreal, its public buildings and places of interest, and the Grand Trunk works at Point St. Charles, Victoria bridge, &c., &c. (Montréal, 1864), 136s.— Elizabeth Collard, « Montreal cabinetmakers and chairmakers, 1800–1850 : a check list », Antiques (New York), 105 (janv.–juin 1974) : 1 137, 1 142.

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Elizabeth Collard, « ARMSTRONG, GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/armstrong_george_11F.html.

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Auteur de l'article:   Elizabeth Collard
Titre de l'article:   ARMSTRONG, GEORGE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   23 novembre 2014