DCB/DBC Mobile beta
+

BERTIER (Berthier), MICHEL, chirurgien-major, ne en France en 1695, fils d’Antoine Bertier et d’Antoinette Cochon, tous deux de Saumur, Anjou, décédé à Québec le 5 septembre 1740.

Chirurgien-major de Québec et chirurgien de l’Hôtel-Dieu de cette ville, Michel Bertier collabora souvent avec le docteur Michel Sarrazin ; en 1727, ils étaient au chevet de Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec. Bertier devait, 13 ans plus tard, assister un autre évêque à son lit de mort, Mgr François Pourroy de Lauberivière, victime du typhus qu’il avait contracté en soignant, au cours d’une traversée de l’Atlantique, les typhiques du Rubis. La mort de Mgr de Lauberivière attira contre Bertier les foudres du chanoine Pierre Hazeur* de L’Orme. Dans une lettre subséquente, le bouillant et querelleur chanoine accusa Bertier de n’avoir « pas peu contribué à avancer les jours de notre pauvre évêque par la manière brusque dont il l’a traité : ce sont ces saignées si souvent réitérées qui ont donné le transport au cerveau et ensuite causé la mort à notre cher prélat [...] ». Toutefois, la mort héroïque de Bertier au cours de cette même épidémie dément péremptoirement le diagnostic du chanoine. En effet, c’est en soignant à l’Hôtel-Dieu les typhiques du Rubis que Bertier, affaibli par un travail de jour et de nuit, contracta le terrible mal et succomba le 5 septembre 1740. On l’inhuma dans l’église Notre-Dame de Québec.

Il avait épousé, le 17 septembre 1724, Marie-Anne Denys, fille du grand prévôt de la maréchaussée Paul Denys de Saint-Simon et de Marie-Madeleine Peiras, qui lui donna sept enfants dont un seul lui survécut.

En ces temps lointains, les maladies infectieuses sévissaient en Nouvelle-France et il fallait surveiller étroitement les navires qui remontaient le Saint-Laurent. C’est ainsi que vers 1720 Michel Bégon* établit ce que l’on peut appeler la Quarantaine et le premier homme de l’art chargé de surveiller et d’inspecter les navires avait été Michel Bertier. Dix ans plus tard, au cours d’une épidémie de variole qui ravagea la colonie et fit, selon l’intendant Gilles Hocquart*, plus de 2 000 victimes dont plusieurs périrent, Bertier avait manifesté un dévouement incomparable, de même que ses confrères, Sarrazin et Joseph Benoist. Aussi Hocquart avait-il demandé au roi pour eux une légère gratification « en considération du service extraordinaire qu’ils ont rendu, avec autant de désintéressement que de courage ».

Charles-Marie Boissonnault

AN, Col., C11A, 60.— P.-V. Charland, Notre-Dame de Québec : le nécrologe de la crypte, BRH , XX (1914) : 209.— Abbott, History of medicine, 27s., 30.— Ahern, Notes pour servir à lhistoire de la médecine, 49s.— P.-G. Roy, La quarantaine sous le régime français, dans Les petites choses de notre histoire, I : 129–133.— Henri Têtu, Le chapitre de la cathédrale de Québec et ses délégués en France (1723–1773), BRH, XIV (1908) : 131.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Charles-Marie Boissonnault, « BERTIER, MICHEL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bertier_michel_2F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/bertier_michel_2F.html
Auteur de l'article:   Charles-Marie Boissonnault
Titre de l'article:   BERTIER, MICHEL
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   30 octobre 2014