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BOWRING, BENJAMIN, horloger et homme d’affaires, baptisé le 17 mai 1778 à Exeter, Angleterre, l’un des trois enfants de Nathaniel Bowring et de Susannah White ; le 9 octobre 1803, il épousa dans la paroisse de Wellington, Somerset, Angleterre, Charlotte Price, et ils eurent cinq fils et une fille ; décédé le 1er juin 1846 à Liverpool, Angleterre.

Benjamin Bowring était issu d’une famille engagée depuis plus de deux siècles dans l’industrie lainière d’Exeter. Après avoir fréquenté l’école du temple unitarien du village natal maternel, Moretonhampstead, il fut placé comme apprenti chez l’horloger Charles Price, dont il épousa plus tard la fille. Trois jours avant son mariage, il ouvrit à Exeter sa propre boutique d’horloger, qui devint au fil des ans une entreprise prospère. Non conformiste, Bowring était un farouche partisan de l’abolition de la traite des esclaves et, en général, il participait activement à la vie sociale d’Exeter.

Comme il cherchait de nouveaux débouchés pour son entreprise, Bowring se rendit en 1811 à Terre-Neuve, où la population et l’industrie de la pêche connaissaient alors une croissance remarquable. Les marchands du sud-ouest de l’Angleterre avaient depuis longtemps des intérêts dans cette industrie, et c’est sans doute pourquoi Bowring connaissait la colonie. Durant les guerres napoléoniennes, St John’s se développa de façon remarquable : port isolé qui comptait à peine plus de 3 200 âmes en 1794, il avait une population d’environ 10 000 habitants en 1815.

Après être allé plusieurs fois à St John’s, Bowring s’y établit à demeure en 1815 ; le printemps suivant, sa femme et leurs enfants l’y rejoignirent. Ses premières années à Terre-Neuve ne furent pas faciles : la pêche subissait un sérieux ralentissement et lui-même traversa des phases difficiles, car entre 1816 et 1819 son atelier d’horlogerie fut détruit à plusieurs reprises par les flammes. Pendant qu’il continuait à exercer son métier, sa femme ouvrit dans un local attenant à sa boutique un petit magasin de tissus et d’articles de mercerie où elle sut attirer une bonne clientèle. Bowring décida alors d’abandonner l’horlogerie pour s’occuper de ce commerce de détail déjà florissant. Malgré l’incertitude qui caractérisait l’économie de St John’s dans les années 1820, il fut en mesure de se tailler une place solide : en Angleterre, sa famille avait des relations commerciales qui pouvaient lui procurer les articles et produits manufacturés dont il avait besoin. Lorsqu’une saison de pêche était mauvaise, bien des commerçants terre-neuviens faisaient faillite, mais Bowring était prêt à prendre des risques, ce qui l’avantageait incontestablement. En 1823, sa position était assez sûre et lui-même se sentait suffisamment d’audace pour acheter deux schooners qui rapporteraient des marchandises d’Angleterre et repartiraient de Terre-Neuve avec des produits de la pêche à la morue et de la chasse au phoque. L’année suivante, il prit comme associé son fils aîné, William, et rebaptisa sa compagnie Benjamin Bowring and Son.

Au début des années 1820, Bowring était membre du conseil d’administration de plusieurs sociétés d’éducation et de bienfaisance de St John’s. Il préconisait en outre avec fermeté la création d’un gouvernement municipal qui réglementerait notamment la construction et la lutte contre les incendies. À l’instar des autres marchands, il estimait que, tant que le gouvernement de Terre-Neuve serait assuré par un gouverneur nommé par l’Empire britannique, les problèmes politiques croissants de la capitale et du reste de la colonie ne pourraient pas être résolus. Il fut l’un des principaux promoteurs d’un projet qui visait à constituer St John’s en municipalité, projet qui échoua en 1826 parce que les hommes d’affaires ne s’entendaient pas sur le régime de taxation que la future municipalité devrait adopter. Après cet échec, Bowring et d’autres personnages influents de la colonie se remirent à réclamer la création d’un Parlement à Terre-Neuve, ce qui se réalisa finalement en 1832. Cependant, l’enthousiasme avec lequel il avait accueilli le nouveau Parlement s’évanouit dès 1833, car il vit les hommes politiques se ranger selon leurs convictions religieuses et se quereller à propos de questions de favoritisme [V. William Carson]. Bowring fut quand même heureux que l’une des premières lois adoptées par la chambre d’Assemblée, au début de 1833, prévoie un corps de sapeurs-pompiers volontaires à St John’s.

Ce nouveau moyen de lutte contre l’incendie ne se révéla d’aucune utilité lorsque les installations de Bowring et une grande partie du côté sud de la rue Water furent détruites par les flammes, le 7 juillet. Cette perte retarda d’un an sa décision de confier l’entreprise de Terre-Neuve à son fils Charles Tricks (William s’était noyé en 1828). Bowring projetait d’implanter solidement la compagnie en Angleterre en fournissant à St John’s les marchandises dont la ville avait besoin et en vendant en Angleterre et sur le continent européen des produits des pêcheries terre-neuviennes. Comme il avait encore assez de capital, il décida de remettre sur pied son commerce de St John’s. Au milieu de 1834, les installations presque achevées, il confia la direction de la compagnie à Charles Tricks et rentra en Angleterre avec le reste de sa famille. En 1835, il fonda à Liverpool une société de commerce, la Benjamin Bowring. Il correspondait régulièrement avec son fils pour le conseiller et examiner les comptes de la Benjamin Bowring and Son. Sous la direction de Charles Tricks, cette firme connut durant les années 1830 une expansion appréciable et devint l’un des plus grands établissements commerciaux de la rue Water. Une décision contribua de manière déterminante à cette croissance : celle d’engager directement la compagnie, après 1834, dans ce secteur lucratif qu’était la chasse au phoque et ce, en la dotant de ses propres navires et en construisant à St John’s un bac d’entreposage pour l’huile. L’augmentation du volume des affaires qui en résulta imprima une poussée à la société de Liverpool, dont les transactions financières et commerciales étaient étroitement liées à celles de l’entreprise de Terre-Neuve. Celle-ci devint la Bowring Brothers en 1839, le frère de Charles Tricks, Henry Price, étant devenu son associé. Deux ans plus tard, leur frère Edward se joignait à eux.

En 1841, après que Henry Price et Edward eurent commencé à participer à la gestion de la Bowring Brothers, Benjamin Bowring put confier l’entreprise de Liverpool à Charles Tricks, qui continua quand même à superviser la compagnie terre-neuvienne. Sous la direction de ce dernier, la société de Liverpool, rebaptisée C. T. Bowring and Company, devint une grande entreprise internationale de transport maritime et d’assurances, tandis que la Bowring Brothers se classait parmi les principales compagnies qui s’occupaient de pêche à la morue, de chasse au phoque ainsi que de fourniture de comestibles et de produits manufacturés aux gens de Terre-Neuve ; la Bowring Brothers devait poursuivre son expansion sous la direction de Charles R.*, le fils de Charles Tricks. Tel fut le legs de Benjamin Bowring : l’établissement de ces deux entreprises qui, notait ironiquement le Newfoundland Patriot en 1839, passèrent à toute la « tribu de Benjamin ».

Melvin Baker

MHA, Bowring name file ; Keith Matthews, « Profiles of Water Street merchants » (copie dactylographiée, 1980). PRO, RG 4/965 : 67. Melvin Baker, « The government of St. John’s, Newfoundland, 1800–1921 » (thèse de {{ph.d.,}} Univ. of Western Ontario, London, 1981). Gunn, Political hist. of Nfld. David Keir, The Bowring story (Londres, 1962). Paul O’Neill, The story of StJohn’s, Newfoundland (2 vol., Erin, Ontario, 1975–1976), 2. A. C. Wardle, Benjamin Bowring and his descendants ; a record of mercantile achievement (Londres, 1938).

Bibliographie générale

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Melvin Baker, « BOWRING, BENJAMIN », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bowring_benjamin_7F.html.

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Auteur de l'article:   Melvin Baker
Titre de l'article:   BOWRING, BENJAMIN
Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   20 novembre 2014