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BROWN, ROBERT CHRISTOPHER LUNDIN, ministre de l’Église d’Angleterre, missionnaire et écrivain, né en Angleterre aux environs de 1831, fils du révérend Robert Brown, décédé célibataire, soit à Patras, en Grèce, au printemps de 1876, soit à Londres le 16 avril 1876.

Robert Christopher Lundin Brown obtint une maîtrise ès arts en 1854 à l’University of Edinburgh et fut ordonné ministre de l’Église d’Angleterre en 1858. Pendant les deux années qui suivirent, il fut vicaire à St Mark, dans la rue North Audley à Londres, et fit paraître les traductions anglaises de plusieurs ouvrages théologiques allemands. En 1860, la Society for the Propagation of the Gospel l’envoya comme missionnaire en Colombie-Britannique. Il se rendit à Barkerville dans la région du Cariboo et fut le premier missionnaire du district de Lillooet. Ainsi, il devint le premier ministre titulaire attaché à l’église St Mary de Lillooet ; fondée en 1861, consacrée en 1862, c’était la troisième église anglicane de la Colombie-Britannique continentale. En plus de son travail à St Mary, Brown se rendit à plusieurs reprises aux mines d’or du Cariboo en tant que missionnaire. Lui-même raconte qu’il était plutôt porté à sermonner les mineurs à cause de leurs péchés : « Un sermon traita [...] du vice prédominant, à savoir le concubinage avec les femmes indiennes [...]. Tout à coup le prédicateur [Brown fait ici allusion à lui-même] fut interrompu par quelqu’un qui cita l’exemple de Salomon qui avait plusieurs femmes et, cependant, d’après la Bible n’était-il point un homme selon le cœur de Dieu ? [...] Le dimanche suivant personne ne vint au service. » Une des lettres que Brown écrivit au sujet du manque de femmes parmi les mineurs du Cariboo ne fut pas étrangère à la création de la Columbian Emigration Society (patronnée par la Society for the Propagation of the Gospel et d’autres groupes missionnaires) qui envoya à Victoria, en 1862 et en 1863, des navires chargés de femmes à marier. Brown accomplit également un travail missionnaire auprès des Indiens en utilisant des interprètes pour se faire comprendre.

En mars 1864, le révérend Brown tomba malade ; il ne put prêcher de nouveau à St Mary qu’il quitta en 1865. À son retour en Angleterre, il occupa deux postes pendant quelque temps avant d’être nommé curé de Lineal-cum-Colmere, de Salop (1869–1874) et de Rhodes, près de Manchester (1874–1875). En mai 1875, il émigra au Cap en Afrique du Sud. Au cours des 11 derniers mois de sa vie, Brown fut aumônier des Britanniques, à Patras, en Grèce.

Brown est surtout connu au Canada à cause de l’essai couronné intitulé British Columbia, publié en 1863 par l’imprimerie des officiers du Génie, récemment créée à New Westminster. Cet essai visait à encourager l’immigration, et la description qu’il nous présente des ressources et de la vie de la colonie continentale est précieuse même si elle peut paraître quelque peu enthousiaste et parfois même fallacieuse. Brown fit paraître à Londres, en 1870, un opuscule intitulé British Columbia : The Indians and settlers at Lillooet : appeal for missionaries. Une des anecdotes les plus intéressantes de l’ouvrage parle du chef de Lillooet Shiheileedza et de sa fille Kanadqua. Le chef et la moitié de sa tribu furent tués au cours d’un combat qui les opposa à des prospecteurs californiens, sans doute aux environs de 1850. Sa fille fut vendue par un oncle à un mineur, mais sous l’influence du christianisme elle renonça à vivre en concubinage. En 1873, il publia, également à Londres, Klatsassan, and other reminiscences of missionary life in British Columbia. Klattsasine* était le chef chilcotin qui, en 1864, avait pris la tête d’un soulèvement pour tenter d’empêcher la construction d’une route, projetée par Alfred Waddington, qui, venant de la côte, devait traverser le territoire de sa tribu ; le livre nous présente le récit précieux d’un contemporain de cet événement sur lequel il est rare de trouver un témoignage de première main. Les écrits de Brown sont également intéressants car ils nous révèlent les joies et les servitudes d’un ecclésiastique britannique auprès des Indiens et des mineurs. Parmi les autres publications de Brown on trouve des écrits religieux et des traductions.

V. G. Hopwood

R. C. L. Brown, British Columbia, an essay (New Westminster, C.-B., 1863) ; British Columbia : the Indians and settlers at Lillooet : appeal for missionaries (Londres, 1870) ; Klatsassan, and other reminiscences of missionary life in British Columbia (Londres, 1873) ; Lillooet mission, Mission Life (Londres), 1870, 561–569 ; The Thompson River Indians, Mission Life (Londres), 1872, 95–107, 153–155, 227–229.

PABC, R. C. L. Brown correspondence, 1862–1863 ; St Mary’s Church (Lillooet, C.-B.), Register (original en possession de l’agent du gouvernement à Lillooet, C.-B. ; copie à l’University of British Columbia) ; Society for the Propagation of the Gospel, Papers relating to the Diocese of Columbia, 1858–1868, (copie dactylographiée, 3 vol.).— Annual report of the Columbia Mission (Londres), 1860–1866.— The British Columbia essay, Daily British Colonist (Victoria), 29 janv. 1864.— British Columbia prize essay, Daily British Colonist (Victoria), 10 sept. 1863.— Farewell address, Daily British Colonist (Victoria), 18 avril 1865.— People’s magazine, Daily British Colonist and Victoria Chronicle, 21 juill. 1872.— The prize essay on British Columbia, Daily British Colonist (Victoria), 25 sept. 1863.— Boase, Modern English biography, I : 438.— The clerical directory, a biographical and statistical book of reference for facts relating to the clergy and the church (Londres, 1858).— Crockford’s clerical directory for 1860 (Londres, 1860).— M. L. Murray, St. Mary’s of Lillooet ([Lillooet, C.-B., 1935]).— F. A. Peake, The Anglican Church in British Columbia (Vancouver, C.-B., 1959).

L’auteur a en outre obtenu des renseignement de C. A. Jobson, « Summymead », Welshampton, Ellesmere, Shropshire, Angl., dans une lettre du 27 août 1969.

Bibliographie générale

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V. G. Hopwood, « BROWN, ROBERT CHRISTOPHER LUNDIN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/brown_robert_christopher_lundin_10F.html.

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Auteur de l'article:   V. G. Hopwood
Titre de l'article:   BROWN, ROBERT CHRISTOPHER LUNDIN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   1 août 2014