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CALLET (Collet), LUC (baptisé Léonard-Philibert), récollet, aumônier militaire, missionnaire, né le 3 novembre 1715 et baptisé le lendemain dans la paroisse de La Madeleine de Besançon, France, fils illégitime de Donat-Nicolas Callet et de Marguerite Jandet, décédé le 5 septembre 1767 à Sainte-Anne du fort de Chartres (près de Prairie du Rocher, III.).

C’est à tort que plusieurs historiens ont affirmé que Léonard-Philibert Callet (orthographié Collet), était né en Amérique ; de ce fait, ils ont facilement, sans aucune preuve valable, identifié le père Luc comme étant le frère du récollet Hippolyte Collet et du chanoine Charles-Ange Collet. Nous ne savons rien de la jeunesse de Léonard-Philibert jusqu’au moment où il fait profession, sous le nom de frère Luc, chez les récollets de la province de Saint-Denys, le 20 mars 1751. Peu après, il arrive au Canada où il reçoit les ordres mineurs et le diaconat les 23 et 24 décembre 1752 ; il est ordonné prêtre le 24 février 1753, sans la moindre difficulté qui aurait pu surgir de sa naissance illégitime. Puisque des documents canadiens concernant son ordination ne font mention d’aucune dispense, on peut supposer ou bien que Callet fut légitimé par le mariage de son père et de sa mère ou bien obtint une dispense lors de sa profession chez les récollets en 1751.

Durant la première année de son sacerdoce, il fait du ministère dans la région de Québec et remplace pour quelques mois le père Maurice Imbault, chapelain de l’Hôpital Général de Québec. Il quitte alors la vallée du Saint-Laurent et se rend dans la région de l’Ouest où commencent les premiers engagements de la guerre de Sept Ans ; il y exerce son ministère à titre d’aumônier militaire. On le retrouve, en 1754, au poste de Chatacouin (près de Westfield, N.Y.), et il revient passer l’hiver à Québec. Dès la fin du printemps, il se rend au fort Niagara (près de Youngstown, N.Y.), puis, de là, au fort de la Presqu’île (Erie, Penn.). Il quitte ce dernier lieu au début de juillet 1755 pour gagner le fort Duquesne (Pittsburgh, Penn.), où le commandant, Claude-Pierre Pécaudy* de Contrecœur, réclame ses services. Il y passe un mois et revient dans la région du fort de la Presqu’île où il demeure jusqu’en 1760. Il se fixe ensuite au fort Détroit. À la fin des hostilités, il n’exerce plus les fonctions d’aumônier militaire et il se rend au pays des Illinois où il dessert Sainte-Anne du fort de Chartres, Saint-Phillipe (Renault, III.), et l’Immaculée-Conception de Kaskaskia.

Même si certains l’ont affirmé, Callet ne fit jamais de ministère en Acadie, ne fut jamais fait prisonnier par les Anglais et encore moins envoyé en captivité en Angleterre ; c’est à tort qu’on a écrit qu’il était mort en France le 30 mai 1765. Il décéda subitement à Sainte-Anne du fort de Chartres le 5 septembre 1767.

Le rôle de Callet durant la guerre de Sept Ans se limita aux fonctions d’aumônier militaire. Il devait à la fois assurer un support moral et le ministère aux soldats cantonnés dans les forts et porter les secours de la religion aux victimes des combats. Antoine-Gabriel-François Benoist*, commandant au fort de la Presqu’île, témoigne de l’importance du rôle de l’aumônier militaire Callet, en exprimant ses regrets à Contrecœur d’avoir à se séparer pour quelques semaines du père Luc : « il [Callet] est extremement necessaire icy ce poste etant Lentrepost de touts les malades, dailleur La privation dun missionnaire me rendroit Ce fort bien plus odieux ».

Michel Paquin

Archives des Franciscains (Montréal), Dossier Luc Callet ; ce dossier contient la copie de plusieurs documents qui n’ont jamais été utilisés par les historiens qui ont parlé de Léonard-Philibert Callet. Le père Archange Godbout avait ramassé ces documents dans les dépôts canadiens, américains et européens. Il faut donc utiliser avec prudence les renseignements contenus dans les écrits de plusieurs historiens au sujet de la vie du récollet Callet. Nombre de faux renseignements concernant le lieu de naissance et de mort, l’orthographe du nom de famille et les liens de parenté avec les Collet, ainsi que les principaux événements de la vie du père Luc, sont contenus dans les ouvrages ou les articles suivants : ASQ, Fonds Casgrain, Acadie, p. 67 ; Papiers Contrecœur (Grenier) ; Allaire, Dictionnaire ; Tanguay, Répertoire ; George Paré, The Catholic Church in Detroit, 1701–1888 (Détroit, 1951) ; John Rothenstemer, History of the archdiocese of St. Louis [...] (2 vol., St. Louis, Mi., 1928) ; Amédée Gosselin, Le père Luc Collet, récollet, BRH, XXX (1924) : 397400 ; F. M. Habig, Fathers Luke and Hippolyte Collet, Around the province (Teutopolis, Ill.), XX (1956) : 399s. ; New light on Fr. Hippolyte Collet and Fr. Luke Callet pioneer Franciscans in the St. Louis area, Around the province, XXI (1957) : 292–297. D’ailleurs, les auteurs des ouvrages les plus récents ont copié, sans vérifier, les affirmations de leurs prédécesseurs.  [m. p.]

Bibliographie générale

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Michel Paquin, « CALLET, LUC », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 16 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/callet_luc_3F.html.

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Auteur de l'article:   Michel Paquin
Titre de l'article:   CALLET, LUC
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   16 avril 2014