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CAPITANAL (Kepitanal, Kepitenat), chef montagnais, orateur, ami des Français ; circa 16151634.

Le père de Capitanal, ami de Champlain, fut tué au cours du combat (1615) contre les Iroquois où Champlain lui-même fut blessé. Capitanal était encore enfant quand son père mourut ; mais, avec le temps, il entendit les anciens de la nation raconter comment Champlain vint d’abord dans leur pays et comment les Montagnais s’efforcèrent de le persuader de demeurer parmi eux.

Capitanal et un certain nombre de Montagnais de la région de Trois-Rivières arrivèrent à Québec le 24 mai 1633 dans 18 canots, quelques jours à peine après le départ des Anglais [V. Kirke] et le retour de Champlain, dont l’absence avait duré près de quatre ans. En remontant le fleuve, celui-ci avait aperçu à Tadoussac trois navires anglais qui avaient reçu la permission de faire la traite dans le Saint-Laurent. Craignant de voir les Montagnais descendre le fleuve pour aller traiter avec les Anglais, Champlain s’adressa aux Indiens par l’intermédiaire de l’interprète Olivier Letardif pour leur rappeler l’ancienne amitié qui avait existé entre les Montagnaise et les Français, comment le père de Capitanal s’était battu et avait été tué aux côtés de Champlain et comment lui-même, Champlain, revenait pour les revoir ; il s’étonnait, ajoute-t-il, que les Montagnais, malgré leurs anciennes bonnes relations avec les Français, se proposassent d’aller traiter avec les Anglais à Tadoussac au lieu de rester à Québec pour commercer avec leurs amis et alliés. À la fin du discours de Champlain, Capitanal répondit avec modestie et dignité, et « avec une rhetorique aussi fine & deliée, qu’il en scauroit sortir de l’escolle d’Aristote, ou de Ciceron » (JR (Thwaites), V : 205) pour assurer à Champlain que lui-même et les autres Indiens avaient entendu les anciens parler en faveur des Français, qu’il donnerait aux siens l’ordre de ne pas avoir de rapports avec les Anglais à Tadoussac et que les missionnaires français seraient les bienvenus parmi son peuple.

Capitanal mourut au cours de l’automne de l’année suivante (1634). Il laissait sa femme et trois enfants, soit un fils d’environ 17 ans et deux petites filles. Avant de mourir, Capitanal demanda aux notables de sa nation de maintenir les bonnes relations qu’il avait établies avec les Français. Afin de bien prouver son amitié pour ceux-ci, il se fit transporter au nouvel établissement de Trois-Rivières afin d’être enterré près de ses amis. Il demanda aussi d’être porté en terre par des Français, qui recevraient chacun un cadeau de lui. On fit droit aux désirs de Capitanal et Champlain fit entourer sa tombe d’une clôture. Le père Paul Le Jeune, jésuite, tenait Capitanal pour un homme d’un grand bon sens et un ami fidèle des Français.

Thomas Grassmann

Du Creux, History (Conacher), I : 145–147.— JR (Thwaites), V : 203–205, 207, 209–211 ; VIII : 55, 253.

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Thomas Grassmann, « CAPITANAL (Kepitanal, Kepitenat) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/capitanal_1F.html.

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Auteur de l'article:   Thomas Grassmann
Titre de l'article:   CAPITANAL (Kepitanal, Kepitenat)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   24 juillet 2014