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CARREROT, PHILIPPE, marchand, receveur (les droits de L’Amirauté à l’île Royale (île du Cap-Breton), né à Plaisance (Placentia, T.-N.) vers 1694, fils aîné de Pierre Carrerot* et de Marie Picq, décédé à Boston en 1745.

Philippe Carrerot succède à son père comme garde-magasin en 1713 lorsque la colonie est transférée de Plaisance à l’île Royale. En 1723, François Le Coutre de Bourville, commandant par intérim à l’île Royale, lui reproche de négliger ses fonctions pour s’occuper de ses propres affaires, et l’année suivante, à la suite d’un différend avec le contrôleur Antoine Sabatier, Carrerot abandonne à son frère André l’emploi de garde-magasin et les 500# qui y sont attachées pour se consacrer au commerce. Propriétaire d’une goélette, l’Union, il s’associe à Jean Becquet de Québec en 1726 pour des voyages entre Louisbourg, île Royale, et le Canada. Des armateurs qui font le commerce avec les Antilles lui affrètent cette même goélette. Il exploite également, depuis 1717, une concession de pêche au poste de La Baleine (Baleine Cove), près de Louisbourg, et le recensement de 1734 montre qu’il y emploie cinq matelots.

Toutes ces activités ne lui apportent cependant pas la fortune. En 1728, Jacques-Ange Le Normant de Mézy, commissaire ordonnateur de l’île Royale, lui demande de justifier les pertes de vivres et de vêtements survenues alors qu’il était garde-magasin. Carrerot prouve, à la satisfaction de Mézy, que les pertes sont imputables à la dispersion et au mauvais état des magasins, et ce dernier peut écrire au ministre qu’il n’y pas eu de malversation. « Ce pauvre malheureux, ajoute-t-il, n’a pas de pain pour luy sa femme et ses enfants et est obligé de naviguer avec une petite goelette dont le fret le fait subsister. » Aussi, vers 1731, Carrerot est-il porté à nouveau sur les fonds de la colonie, employé au détail de l’hôpital, de la boulangerie et de l’artillerie. Sébastien-François-Ange Le Normant* de Mézy loue son zèle et demande pour lui un brevet d’écrivain en 1736. Depuis 1732, Carrerot a succédé à son père comme receveur des droits de l’Amirauté et, en 1738, assume même les fonctions de procureur par intérim au siège de l’Amirauté, après le décès de Marc-Antoine de La Forest*.

En 1745, étant imprudemment sorti de Louisbourg, alors assiégée par les Anglais sous les ordres de William Pepperrell, Carrerot est fait prisonnier et emmené à Boston, où il meurt cette même année des suites de blessures reçues. Il laisse une succession embrouillée, la mort l’ayant empêché de fournir des comptes pour ses divers emplois. François Bigot*, commissaire ordonnateur de Louisbourg, présume qu’il aurait pu faire passer au Canada, où il continuait à faire du commerce, une partie des fonds manquants.

Carrerot avait épousé vers 1721 Marie-Thérèse, fille de Jean-Baptiste Gautier et de Marie Guyon Desprez de Québec, dont il eut 15 enfants. Sa femme, qui l’avait suivi à Boston, passe ensuite à Rochefort, puis revient à Louisbourg où elle épouse en 1754 Louis-Antoine Hertel de Rouville. Elle meurt en France en 1761.

Louise Dechêne

AN, Col., B, 35 ; Col., C11B, 1–29 ; Col., E, 64 (dossiers de Marie Carrerot-Andresse, Pierre-Hyppolite Carrerot-Andresse, Thérèse Carrerot, fille de Philippe Carrerot, et André Carrerot le Cadet) ; Section Outre-Mer, G1, 406–407 ; 462 ; 466, pièce 50 ; 467, pièces 1–19 (recensements de Plaisance, Terre-Neuve, 1671–1741) ; Section Outre-Mer, G3, 2 042 (22 juillet 1754) ; 2 056–2 058.

Bibliographie générale

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Louise Dechêne, « CARREROT, PHILIPPE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/carrerot_philippe_3F.html.

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Auteur de l'article:   Louise Dechêne
Titre de l'article:   CARREROT, PHILIPPE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   21 octobre 2014