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CHAPMAN, EDWARD JOHN, professeur d’université, minéralogiste et auteur, né le 22 février 1821 dans le comté de Kent, Angleterre ; il épousa une des filles d’un certain colonel Cogan et ils eurent un fils qui mourut avant lui, puis Frances Sutherland, fille du capitaine Sutherland, de Sydney, Nouvelle-Écosse ; décédé le 28 janvier 1904 à Hampton Wick (Londres).

Edward John Chapman vit le jour dans une auberge située aux confins du Kent et du Surrey ; ses parents, qui revenaient de France, n’avaient pu arriver chez eux à temps pour l’accouchement. Son père mourut quand il avait deux ans. Instruit d’abord par des précepteurs, il alla poursuivre ses études en France et en Allemagne ; à Paris, il fréquenta le lycée Henri-Quatre et la Sorbonne. À la fin des années 1830, il suivit des amis en Algérie, où il s’enrôla dans l’armée française d’occupation. Hospitalisé après avoir été blessé au combat, il put passer sa convalescence en Angleterre, un parent l’y ayant ramené.

Chapman se mit à l’étude du génie civil et travailla sous la direction de William Froude dans l’équipe d’Isambard Kingdom Brunel, le fameux ingénieur des chemins de fer et des constructions navales. En outre, il se prit de passion pour l’identification des spécimens minéralogiques et publia à Londres deux petits traités, Practical mineralogy [...] en 1843 et A brief description of the characters of minerals [...] en 1844. Le University College de Londres l’engagea comme professeur de minéralogie en 1849.

Quatre ans plus tard, le University College de Toronto [V. John McCaul*] nomma Chapman à sa nouvelle chaire de minéralogie et de géologie. Il ne quitterait cette fonction qu’en 1889 pour entrer à la School of Practical Science de la University of Toronto (il prendrait sa retraite en 1895). Pendant ces années, il se distingua en tant qu’ambassadeur de la Commission géologique du Canada, s’employant surtout à faire connaître et à expliquer les rapports scientifiques que cet organisme publiait chaque année [V. sir William Edmond Logan*]. À titre de chercheur en géologie et minéralogie, il s’intéressa aux formations canadiennes. Il voyagea beaucoup pour évaluer la rentabilité de gisements miniers et raffina considérablement l’analyse au chalumeau, qui permettait de déceler les traces de minéraux par leurs réactions chimiques à la flamme. Une bonne partie de ses publications, tant théoriques que pratiques, parurent dans le Canadian Journal du Canadian Institute, au comité de rédaction duquel il appartint nombre d’années.

En 1860, dans le même périodique, Chapman fit la critique du livre controversé de Charles Darwin, De l’origine des espèces, et d’un ouvrage antidarwiniste de James Bovell*, Outlines of natural theology [...]. Bien que la théorie de la sélection naturelle l’ait laissé sceptique, la masse de preuves scientifiques accumulée par Darwin lui imposait le respect. Par contre, il jugeait que la « compilation » de Bovell n’avait rien à voir avec la recherche scientifique et qu’elle était même erronée du point de vue de la géologie des glaces et du tertiaire. D’ordinaire, Chapman se tenait loin des débats théoriques de ce genre et préférait se consacrer à des textes, tel « Popular exposition of the minerals and geology of Canada », qu’il publia par tranches de 1860 à 1864. C’est dans cette série d’articles rassemblés plus tard en un livre qu’il a le mieux déployé ses talents, cherchant d’abord à transmettre des connaissances pratiques au lecteur moyen, ensuite à permettre aux « arpenteurs, fermiers et autres » de reconnaître les minéraux du Canada et enfin à préparer son auditoire à la lecture des publications de la Commission géologique.

Edward John Chapman reçut un doctorat en philosophie de l’université de Göttingen, dans le royaume de Hanovre en Allemagne, en 1862 et un doctorat honorifique en droit du Queen’s College de Kingston cinq ans plus tard. Il fut membre de la Société royale du Canada dès la fondation de celle-ci en 1882. Fine lame et grand comédien amateur, il publia aussi des poèmes. Il fit sa marque dans le monde scientifique moins par l’originalité de ses recherches que par sa contribution à un idéal victorien tout aussi important : rendre accessible au plus grand nombre le savoir pratique.

Suzanne Zeller

Une liste chronologique des publications scientifiques d’Edward John Chapman, à l’exclusion des comptes rendus de livres, se trouve dans Science and technology biblio. (Richardson et MacDonald) ; des listes de ses travaux d’intérêt général figurent dans le Répertoire de l’ICMH.

         Times (Londres), 6 févr. 1904 : 12.— Carl Berger, Science, God, and nature in Victorian Canada (Toronto, 1983), 56.— DNB.— WH. Ellis, « Edward John Chapman, PH.D, LL.D » et « The late Professer E. J. Chapman », Univ. of Toronto Monthly, 2 (1901–1902) :229–231 (portrait en regard de la p. 229), et 4 (1903–1904) : 151–153 (un portrait en regard de la p. 151).— Geological Magazine (Londres), nouv. sér., 5e décade, 1 (1904) : 144.— Mineralogical Magazine (Londres), 14 (1907) : 65.— The University of Toronto and its colleges, 1827–1906, [W. J. Alexander], édit. (Toronto, 1906), app., 233s.

Bibliographie générale

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Suzanne Zeller, « CHAPMAN, EDWARD JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/chapman_edward_john_13F.html.

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Auteur de l'article:   Suzanne Zeller
Titre de l'article:   CHAPMAN, EDWARD JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   24 avril 2014