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CHAUSSEGROS DE LÉRY, CHARLES-JOSEPH, fonctionnaire, coseigneur de Rigaud-Vaudreuil, maire et préfet de comté, né à Québec le 2 septembre 1800, fils aîné de Charles-Étienne Chaussegros * de Léry et de Josephte Fraser, décédé à Saint-François-de-la-Beauce (Beauceville, Québec) le 4 février 1864.

Issu de la branche cadette des Chaussegros de Léry, célèbre dans l’histoire militaire du Canada, Charles-Joseph étudia au petit séminaire de Québec de 1814 à 1818 ; on le perd ensuite de vue pendant plusieurs années. Comme son père, il avait la faveur du gouvernement et il inaugura sa carrière de fonctionnaire en étant nommé greffier adjoint du Conseil spécial par sir John Colborne, le 12 avril 1838, alors que son père devenait membre de ce même conseil. À la réouverture du parlement, sous le régime de l’Union, Chaussegros de Léry était agréé comme greffier adjoint du Conseil législatif, dès la séance du 23 juillet 1841. Mais comme le greffier en titre, James FitzGibbon, était la plupart du temps en Angleterre, il assuma l’entière responsabilité de la charge, avant d’en devenir officiellement le titulaire, le 2 juin 1847. Chaussegros de Léry décida cependant d’abandonner la fonction publique, le 31 mars 1850, pour aller s’occuper exclusivement de sa seigneurie de Rigaud-Vaudreuil, à Saint-François-de-la-Beauce. On le sollicita plus d’une fois par la suite de rentrer dans la vie publique, comme représentant du comté. Il refusa toutefois cet honneur, se résignant malgré lui à devenir maire de Saint-François puis préfet de comté, le 11 mars 1860, poste qu’il occupait encore lors de son décès.

À la mort de leur père, en 1842, Charles-Joseph et son frère Alexandre-René* avaient hérité conjointement des seigneuries de Rigaud-Vaudreuil et de Sainte-Barbe-de-la-Famine, avec leur mère comme usufruitière. Toutefois, Charles-Joseph, sous prétexte qu’il était l’aîné, administra la succession de son père comme s’il en avait été le seul propriétaire et cela jusqu’à sa mort. Avant 1850, la famille Chaussegros de Léry, demeurant à Québec, n’avait fait que passer la belle saison sur ses domaines de la Beauce. En laissant sa charge de fonctionnaire, Charles-Joseph Chaussegros de Léry alla résider en permanence à Saint-François-de-la-Beauce et devint pour ses censitaires un véritable père, intéressé à leur condition matérielle et sociale, réglant au besoin leurs différends. On finit par ne plus l’appeler que « Monsieur Charles ».

La petite fortune qu’il amassa, et dont il n’était pas avare, lui vint surtout à partir du jour où la Beauce apparut comme l’Eldorado du Canada. La découverte de l’or sous forme de pépites remontait à 1834, découverte purement fortuite et de peu de répercussion tout d’abord. Mais, comme elle avait eu lieu dans sa seigneurie, Chaussegros de Léry voulut mettre les chances de son côté. Moyennant la promesse de remettre au trésor public 10 p. cent du revenu brut, il obtint pour sa famille, par lettres patentes du 18 septembre 1846, le privilège exclusif et perpétuel d’exploitation des métaux précieux sur ses terres et celles de ses censitaires de Rigaud-Vaudreuil. Après avoir fait explorer les dits terrains par John P. Cunningham, il en entreprit lui-même l’exploitation, mais il ne trouvait plus un « atome d’or », disait-il, ni ses employés. En 1851, la famille Chaussegros de Léry baillait son droit de mine à la Chaudière Mining Company, sous la direction du docteur James Douglas*, de Québec, qui en fit un certain succès, en payant une redevance aux bailleurs.

Avec les années, on toléra la recherche libre de l’or par les habitants de l’endroit, en leur faisant remettre un quart de leur récolte. Mais leur technique primitive et leur peu de loyauté firent baisser les revenus ; la spéculation commença même sur les claims. Le privilège dont jouissait Chaussegros de Léry était déjà contesté auprès des autorités législatives par ses censitaires qui se disaient maîtres du sous-sol de leurs terres. C’est pourquoi, avant l’expiration du bail à James Douglas, en 1863, il en prépara un autre pour 15 ans à MM. Parker, Hagens & Cie. Mais Chaussegros de Léry n’eut pas le temps d’en connaître les résultats, puisqu’il décéda le 4 février 1864, des suites d’une maladie de cœur ; son frère Alexandre-René devait continuer l’exploitation des gisements aurifères.

Estimé et regretté de tous, Charles-Joseph Chaussegros de Léry eut des funérailles grandioses à Saint-François-de-la-Beauce et fut inhumé dans l’église, privilège des seigneurs. Il avait épousé, le 30 août 1851, une Irlandaise de Québec, Mary O’Hara, qui lui fit une excellente compagne de vie ; ils n’eurent pas d’enfant.

Honorius Provost

ANQ-Q, AP-G-40.— APC, MG 30, D62, 18, p.892.— B.-C., Conseil spécial, Journaux, 1838–1839.— Canada, prov. du, Doc. de la session, 1863, 7, no 53 ; Assemblée législative, Journaux, 1865, 1, app.7 ; Conseil législatif, Journaux, 1841.— Le Journal de Québec, 22 févr. 1864.— P.-G. Roy, Fils de Québec, III : 108–110.— W. J. Anderson, The valley of the Chaudiere, its scenery and gold fields (Québec, 1872).— William Chapman, Mines d’or de la Beauce ; accompagné d’une carte topographique (Lévis, Québec, 1881), 9–11.— J. P. Cunningham, Remarks on the mineralogical character of the seigneury of Rigaud, Vaudreuil, district of Quebec ; dedicated to the proprietors, Charles and Alexander DeLery, esquires (Montréal, 1847).— Benjamin Demers, Notes sur la paroisse de St-François de la Beauce (Québec, 1891), 14–26.— P.-G. Roy, La famille Chaussegros de Léry (Lévis, 1934).— James Douglas, The gold fields of Canada, Literary and Hist. Soc. of Quebec, Trans., nouv. sér., II (1864) : 51–66.— P.-G. Roy, Les mines d’or de la Beauce, BRH, II (1896) : 186.

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Honorius Provost, « CHAUSSEGROS DE LÉRY, CHARLES-JOSEPH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/chaussegros_de_lery_charles_joseph_9F.html.

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Auteur de l'article:   Honorius Provost
Titre de l'article:   CHAUSSEGROS DE LÉRY, CHARLES-JOSEPH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   28 juillet 2014