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Titre original :  Brig. Gen. E. A. Cruikshank
© Cruikshank, E.A. / Library and Archives Canada | Bibliothèque et Archives Canada / PA-066805

Provenance : Lien

CRUIKSHANK, ERNEST ALEXANDER, officier de milice, auteur, historien, fonctionnaire et officier dans l’armée, né le 29 juin 1853 ou 1854 dans le canton de Bertie, Haut-Canada, troisième enfant et seul fils d’Alexander Cruikshank et de Margaret Milne ; le 26 juin 1879, il épousa à Buffalo, New York, Julia E. Kennedy (décédée le 5 juin 1921), puis le 8 janvier 1923, à Ottawa, Matilda Jane Murdie, et aucun enfant ne naquit de ces deux mariages ; décédé le 23 juin 1939 à Ottawa et inhumé dans cette ville au cimetière Beechwood.

Les parents d’Ernest Alexander Cruikshank émigrèrent d’Écosse en 1835 et finirent par s’installer dans le canton de Bertie, dans le comté de Welland. Ils y établirent une ferme, construisirent une maison de brique et acquirent des propriétés dont ils tirèrent des revenus de plus en plus substantiels en les louant à des fermiers de la région. Les Cruikshank avaient trois enfants ; Ernest Alexander était le plus jeune de 13 ou 14 ans. Il commença ses études à l’école publique de Fort Erie, puis s’inscrivit en 1866 à la grammar school de St Thomas, où il habita avec sa sœur Eliza Ann et son mari. Ernest Alexander s’y lia d’amitié avec le futur historien James Henry Coyne*, enrôlé dans la St Thomas Rifle Company, unité de milice qu’on mobilisa pendant les raids fenians de cette année-là, mais qui ne combattit pas. Cette relation avec Coyne et les conseils de William Napier Keefer, directeur de l’école et sergent instructeur des étudiants recrutés pour la brigade de fusiliers locale, nourriraient l’intérêt de Cruikshank pour l’histoire militaire – notamment pour les batailles à la frontière du Niagara durant la guerre de 1812 – tout au long de sa vie. Pensionnaire à l’Upper Canada College de Toronto en 1869–1870, il ne fréquenta toutefois jamais l’université.

Après ses études, Cruikshank partit vivre aux États-Unis, où il travailla à titre de correspondant pour plusieurs quotidiens. Il avait un don pour les langues ; une entreprise américaine l’embaucha donc en tant que traducteur professionnel du français, de l’italien, de l’espagnol, du portugais, de l’allemand, du néerlandais, du danois et du suédois. Vers 1874, Cruikshank retourna à la ferme familiale dans le canton de Bertie, où il gagna sa vie comme fermier et propriétaire foncier. En 1879, il épousa Julia E. Kennedy, originaire de Scranton, en Pennsylvanie, qui avait passé la majeure partie de son existence du côté américain de la péninsule du Niagara. Spirituelle et cultivée, elle influença vraisemblablement l’épanouissement intellectuel de son mari. Un journal, qu’elle rédigea au début des années 1900 et publia à Londres en 1915 sous le titre Whirlpool Heights : the dream-house on the Niagara River, indique qu’ils aimaient tous deux la littérature, la solitude et le plein air. Leur union prendrait fin avec la mort de Julia E., en 1921, après un mariage de 42 ans et, selon Whirlpool Heights, empreint d’affection.

À la fin des années 1870, Cruikshank devint une figure notoire de la vie politique locale et de l’administration publique : il fut élu conseiller assesseur (1876–1877) et trésorier (1877–1878) du canton de Bertie, et président du conseil municipal de Fort Erie (1878–1882, 1885–1887 et 1889–1893). Il servit également en qualité de préfet du comté de Welland en 1886. Il appuya les réformes des prisons, la protection du gibier et le développement de l’accès public aux chutes du Niagara. Il œuvra comme greffier de la Cour de district durant de nombreuses années, puis s’installa à Niagara Falls en 1904, où il fut magistrat de police de la communauté et des localités environnantes.

Le 28 septembre 1877, peu après son entrée dans la vie publique, Cruikshank s’était engagé dans le 44th (Welland) Battalion of Infantry à titre d’enseigne. La milice canadienne constituait autant un regroupement social et politique qu’une armée, mais Cruikshank s’affairait consciencieusement à ses devoirs militaires. Seulement 11 ans auparavant, les fenians avaient pris d’assaut la frontière du Niagara. En 1871, on avait réduit la présence militaire britannique dans le dominion à une garnison située à Halifax ; depuis, une minuscule armée professionnelle et la milice représentaient les uniques défenses terrestres du Canada. Devenu lieutenant en 1881 et premier lieutenant un an plus tard, Cruikshank se vit nommé, en 1883, commandant de la No.4 Company du bataillon, affectée à Fort Erie, puis capitaine l’année suivante. Il participa activement à la vie du régiment et donna des cours aux jeunes recrues de la School of Military Instruction à Toronto. En 1894, il reçut la promotion de grade-titre de major (puis de major en 1897) et, le 25 février 1899, on le plaça à la tête du 44th (Welland) Battalion of Infantry, avec le rang de lieutenant-colonel. Cinq ans plus tard, il renonça à ce poste et s’installa à Niagara Falls. Le 23 mars 1905, il devint le colonel honoraire du bataillon et, le 13 octobre 1905, prit le contrôle de la 5th Infantry Brigade, basée à Niagara Falls, qu’il dirigea jusqu’au 1er mai 1909. Après la mort de Cruikshank, un de ses contemporains, le rédacteur Harold Moore, le décrirait dans le Winnipeg Free Press comme « une personnalité effacée et réservée dans un corps longiligne imprégné d’un instinct pour la vie de soldat moderne ». Cruikshank ne combattit jamais : il ne participa ni à l’effort militaire pour réprimer la rébellion du Nord-Ouest de 1885 ni à la guerre des Boers (1899–1902) (il se porta volontaire à deux reprises pour servir en Afrique du Sud, mais on rejeta ses demandes).

Cruikshank étudiait l’histoire militaire, en particulier les campagnes canadiennes pendant la guerre de 1812. En 1886, il publia son premier livre, A historical and descriptive sketch of the county of Welland […], paru à Welland l’année même où il agissait à titre de préfet du comté. Peu après, il s’investit dans des sociétés historiques du sud-ouest de l’Ontario, donna des communications sur divers sujets (dont les batailles de Queenston Heights, de Lundy’s Lane et de Beaver Dams, et le siège du fort Erie pendant la guerre de 1812). Plusieurs donneraient lieu à des ouvrages qui paraîtraient en de multiples éditions. Timide et réservé, Cruikshank semblait ne pas apprécier particulièrement les rassemblements sociaux qui suivaient habituellement ses présentations publiques : dans Whirlpool Heights, sa femme nota qu’un jour, alors que des membres de l’Ontario Historical Society l’entouraient pour le féliciter après sa communication, « il avait l’air de vouloir se trouver dans les bois ».

Comme historien, Cruikshank se dévoua à une conception britannique de l’histoire canadienne, qui mettait l’accent sur les événements militaires et le rôle des loyalistes de l’Empire uni dans la culture d’une identité impériale. Ses réalisations lui valurent maints éloges des historiens de son époque : l’Ontario Historical Society l’élut membre honoraire en 1899 et la Société royale du Canada l’accueillit en ses rangs en 1906. Cruikshank, tout comme son ami Coyne, participa activement à la Historic Landmarks Association (ancêtre de la Société historique du Canada). Son travail de collecte et de compilation de documents – notamment son ouvrage en neuf volumes intitulé The documentary history of the campaign upon the Niagara frontier […] et paru à Welland entre 1896 et 1908 – constitue une de ses plus importantes contributions à l’histoire. Cruikshank démissionna de son poste de magistrat de police en 1908 pour devenir conservateur des documents militaires aux Archives publiques du Canada, dirigées par Arthur George Doughty. Il y indexa des papiers britanniques concernant les débuts de l’histoire militaire du Canada. Cela conduirait à la publication de l’Inventory of the military documents in the Canadian archives et d’un recueil supplémentaire, Documents relating to the invasion of Canada and the surrender of Detroit, 1812, parus à Ottawa, respectivement en 1910 et 1912 (on publia le premier document en français à Ottawa en 1912, sous le titre Inventaire des documents militaires du dépôt des archives canadiennes).

En mai 1909, après avoir passé seulement un an aux Archives publiques du Canada, Cruikshank se joignit à la petite armée permanente du Canada ; il s’installa à Calgary, où il prit la tête du district militaire no 13 (Alberta et district du Mackenzie). Ces districts offraient une structure organisationnelle de base à la milice et à l’armée permanente. Cruikshank s’efforça inlassablement d’améliorer l’entraînement et l’efficacité des soldats. L’auteur Harold Moore se souviendrait de lui en ces mots : « Pas un ne travaillait plus constamment dans les camps, où peu [de personnes, sans doute,] étaient plus âgées que lui […] ses exposés pédagogiques pour les officiers étaient vivants […] sa tendance à s’effacer produisait curieusement une forte influence qui envahissait le campement des troupes sous son commandement. » Cruikshank s’intéressait aussi vivement à la collecte de renseignements. Entre 1910 et 1912, il visita secrètement des camps d’entraînement aux États-Unis et soumit des rapports sur les activités militaires américaines au chef d’état-major général de la milice canadienne à Ottawa.

Durant les deux premières années et demie de la Première Guerre mondiale, Cruikshank resta à la direction du district miliaire no 13, supervisant la mobilisation et l’entraînement des volontaires de l’Alberta destinés au front de l’Ouest. Il obtint le grade de brigadier-général temporaire le 1er septembre 1915. Cependant, le service en temps de guerre, même au Canada, s’avéra difficile pour l’officier vieillissant. Entre le 10 et le 12 février 1916, des soldats trop zélés se soulevèrent violemment à Calgary : convaincus que l’incendie des édifices du Parlement à Ottawa, une semaine plus tôt, était l’œuvre de saboteurs allemands, ils se rebellaient contre les propriétaires d’entreprises qui refusaient de licencier des employés perçus comme des ennemis étrangers. Les militaires ne purent arrêter les soldats, qui détruisirent des restaurants, des hôtels et des commerces. Au matin du 12, Cruikshank s’adressa au conseil de ville et jura de rétablir l’ordre au sein de ses troupes en avouant ceci : « Rien ne m’a jamais causé plus de peine et de douleur et de regret que cela, parce que des hommes en uniforme du roi étaient responsables. » Officiellement, on le disculpa ; cependant, parmi les politiciens locaux, les agents de police et les soldats, on chuchota que, s’il avait tenu compte des signes précurseurs d’agitation, il aurait pu prévenir l’émeute. À l’automne de 1916, la discipline et l’état d’esprit se détériorèrent à nouveau : des soldats et des civils envahirent un poste de police pour demander la remise en liberté de plusieurs soldats arrêtés par la Gendarmerie royale à cheval du Nord-Ouest pour des infractions relatives à l’alcool.

Le 1er mars 1917, conséquemment aux rumeurs locales et aux actions intentées contre le gouvernement fédéral pour dommages matériels, Cruikshank accepta un poste au ministère de la Milice et de la Défense à Ottawa, pour compiler des documents historiques relatifs au Corps expéditionnaire canadien. Sa mutation du commandement d’un district militaire à un poste subalterne où il faisait du classement l’humilia sans doute, mais il y trouva du réconfort, car cela lui permettait de retourner à l’étude de l’histoire. Au siège du ministère, il tria et organisa les documents, comme il l’avait fait aux Archives publiques du Canada. En avril 1918, on le promut brigadier-général et on l’affecta à des tâches spéciales au ministère des Forces militaires d’outre-mer de sir Albert Edward Kemp*. À ce titre, Cruikshank passa trois mois à visiter l’Angleterre et les champs de bataille de France. Le 15 novembre, quatre jours après l’armistice, il devint le directeur de la Section historique de l’armée, nouvellement créée.

Pendant son passage au ministère de la Milice et de la Défense, Cruikshank avait envisagé d’écrire une histoire officielle de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale. À la fin de 1918, trois organismes se faisaient déjà concurrence pour effectuer cette tâche : la Section des récits de guerre du Canada, dirigée par sir Arthur William Currie au siège du Corps d’armée canadien en France, le Bureau canadien des archives de guerre, dirigé par lord Beaverbrook [Aitken*] à Londres, et la Section historique de l’armée, que dirigeait Cruikshank à Ottawa. Selon l’historien Tim Cook, Cruikshank, contrairement à Currie ou à Aitken, croyait qu’une histoire officielle devait s’inscrire dans le contexte politique et historique plus large des liens impériaux du Canada avec la Grande-Bretagne. Il entreprit donc la réalisation d’une œuvre en plusieurs tomes sur la milice canadienne et les forces militaires britanniques au Canada depuis la guerre de Sept Ans.

Mû par cette noble intention, Cruikshank utilisa sa méthodologie habituelle : il fit l’inventaire d’un nombre imposant de documents, dont il reproduisait seulement une petite partie et auxquels il ajoutait de courts résumés descriptifs. Cependant, au moment où il eut terminé les quatre premiers volumes (dont les trois premiers connaîtraient la publication) et en eut ébauché plusieurs autres, des officiers supérieurs se montrèrent mécontents de son travail. En plaçant sa chronique de la Première Guerre mondiale dans le cadre de la relation de longue date du Canada avec la Grande-Bretagne, Cruikshank mettait l’accent sur la continuité plutôt que sur le changement. En comparaison, l’équipe de Currie avait produit et fait paraître un compte rendu narratif de la campagne des Cent Derniers Jours qui glorifiait le rôle du Corps d’armée canadien en général et celui de Currie en particulier. Currie, sans surprise, désapprouva le quatrième volume de Cruikshank, qui couvrait la participation du Canada à la Première Guerre mondiale jusqu’à la fin de la deuxième bataille d’Ypres. Le 12 janvier 1921, Currie écrivit à James Howden MacBrien, chef d’état-major général de la milice, et déclara : « On sent que [cet ouvrage] a nécessairement été écrit par un homme dont l’absence, au cours des opérations, l’a privé du pouvoir de vivre les événements. Il manque le feu et l’imagination et le caractère impressionnant. » MacBrien recommanda que Cruikshank prenne sa retraite, puis promut le colonel Archer Fortescue Duguid pour le remplacer à titre de directeur de la Section historique de l’armée et d’auteur de l’histoire officielle.

Lorsqu’il prit sa retraite de l’armée, Cruikshank avait déjà trouvé l’endroit où il pourrait exercer ses talents d’historien : la Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC). Fondée en 1919 par le gouvernement d’union de sir Robert Laird Borden, celle-ci devait effectuer la classification des lieux historiques et assumer l’entretien des vieux forts et l’exécution des travaux publics considérables afin de libérer d’autres ministères fédéraux. Sans mandat clair et sans financement adéquat, les activités de la CLMHC se limitèrent toutefois au choix de lieux historiques importants d’un point de vue commémoratif. Cruikshank en devint le premier président, poste qu’il occupa durant 20 ans. En mai 1939, au cours de sa dernière réunion à ce titre, il mentionna que la commission avait créé plus de 294 plaques, pour la plupart en Ontario et au Québec. Ainsi, Cruikshank et son vieil ami Coyne, qui travaillait à ses côtés à la CLMHC, jouèrent un rôle majeur dans la construction de la mémoire publique de l’histoire du pays, en se concentrant principalement sur les lieux relatifs aux loyalistes, au commerce des fourrures et à l’histoire militaire britannique du Canada, notamment la guerre de 1812.

Durant les 20 dernières années de sa vie, Cruikshank poursuivit ses publications dans le domaine de l’histoire : il édita des séries de papiers de John Graves Simcoe* et de Peter Russell* pour l’Ontario Historical Society et fit paraître à Toronto, en 1934, The settlement of the United Empire Loyalists on the upper St Lawrence and Bay of Quinte in 1784 : a documentary record. Ses deux ouvrages ultimes, The life of Sir Henry Morgan with an account of the English settlement of the island of Jamaica (1655–1688) et l’histoire de l’espion John Henry*, The political adventures of John Henry : the record of an international imbroglio, parurent à Toronto respectivement en 1935 et 1936. Au printemps de 1939, Cruikshank contracta une pleurésie en inspectant pendant un orage plusieurs lieux désignés par la CLMHC. Il mourut à Ottawa le 23 juin. Parmi les porteurs à ses funérailles se trouvaient le colonel Duguid, son remplaçant à titre d’auteur de l’histoire officielle du Corps expéditionnaire canadien après son infructueuse tentative, et le colonel John Grant Rattray, ancien commandant du 10e bataillon d’infanterie de Calgary. On inhuma Cruikshank au cimetière Beechwood.

Le travail d’Ernest Alexander Cruikshank lui valut des éloges de son vivant, mais les historiens des générations suivantes le jugeraient plus durement. En 1965, son principal biographe, William David McConnell, conclut que Cruikshank était un chercheur tenace, mais un penseur sans imagination et un piètre auteur, dont les livres ne constituaient guère plus que des compilations de sources primaires. Cinquante ans plus tard, l’historien Alan Gordon le décrivit assez pareillement : « Assurément, il ne fut jamais le plus doué ou le plus cohérent praticien d’une approche narrative en histoire. En effet, sa réflexion à ce propos ne semble pas lui avoir permis de dépasser l’obligation, pour l’historien, de raconter une histoire exacte dans le bon ordre. » Néanmoins, Cruikshank réussit à populariser une interprétation de l’histoire canadienne qui célébrait les liens du pays avec la Grande-Bretagne et son héritage militaire, et qui eut des répercussions longtemps après sa mort.

Mark Osborne Humphries

Ernest Alexander Cruikshank fut un historien remarquablement prolifique. Dans Ernest Green, « In memoriam : Ernest Alexander Cruikshank », Ontario Hist. Soc., Papers and Records (Toronto), 33 (1939) : 5–9, l’auteur évoque l’abondance de l’œuvre de Cruikshank : « Il fut l’auteur de nombreux livres et brochures et a contribué à des centaines d’articles pour des publications militaires et historiques au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. » En plus des livres et séries d’ouvrages mentionnés dans la biographie, citons, parmi ses plus importants écrits (publiés à Welland, en Ontario, sauf indication contraire) : The battle of Lundy’s Lane, 1814 : an address delivered before the Lundy’s Lane Historical Society, October 16th, 1888 (1888 ; 2e éd., 1891) ; The fight in the beechwoods : a study in Canadian history (1889 ; 2e éd., 1895) ; Queenston Heights (1890 ; 2e éd., 1891 ; 3e éd. rév., 1904) ; The battle of Lundy’s Lane, 25th July, 1814 : a historical study (3e éd., 1893) ; The story of Butler’s Rangers and the settlement of Niagara (1893) ; Drummond’s winter campaign, 1813 ([1895 ?] ; 2e éd., [1900]) ; The siege of Fort Erie, August 1st–September 23rd, 1814 (1905) ; et Camp Niagara : with a historical sketch of Niagara-on-the-Lake and Niagara camp (Niagara Falls, Ontario, 1906). Cruikshank a également publié The correspondence of Lieut. Governor John Graves Simcoe, with allied documents relating to his administration of the government of Upper Canada (5 vol., Toronto, 1923–1931), et, en collaboration avec A. F. Hunter, The correspondence of the Honourable Peter Russell, with allied documents relating to his administration of the government of Upper Canada […] (3 vol., Toronto, 1932–1936).

Le vol. 1 du fonds Ernest Alexander Cruikshank à BAC (R3261-0-5) se compose de correspondance générale ; celle concernant les forces militaires (1910) et celle se rapportant à James Coyne (1895–1903) sont des plus utiles. Dans les vol. 2 à 31 se trouvent des manuscrits et des notes sur le travail de Cruikshank en histoire, en particulier pendant ses années passées au sein de la section historique de l’armée ; le vol. 31 comporte aussi les minutes, les agendas et les rapports des réunions de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada de 1939. Le volume 32 contient un journal personnel de 1918, des coupures de presse de comptes rendus sur ses derniers livres, des copies de nécrologies et d’autres papiers personnels. Les Arch. des districts militaires (R112-137-7, vol. 4693–4758) couvrent son mandat à titre de commandant du district militaire no 13. Les dossiers conservés dans le fonds RG24-C-1-a, vol. 1255, dossier HQ-593-1-86, dossier part. 1 (Investigation of riot caused by CEF troops at Calgary, Alberta), concernent les émeutes de Calgary. Le fonds RG 150, Acc. 1992–93/166, boîte 2187-34, contient le dossier de service de Cruikshank pendant la Première Guerre mondiale. On trouve de la documentation sur ses activités au sein de la section historique de l’armée dans le fonds R112-134-1, vol. 1732–1765, 1902–1909, 1883–1901, 1810–1850, et de l’information sur son travail à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada figure dans les minutes de l’organisme conservées dans le fonds RG84-A-2-a, vol. 2329, dossier U325, mfm T-16531. On peut aussi consulter R7180-0-5 (Arthur William Currie fonds), vol. 11, dossier 34, Currie to MacBrien, 12 janv. 1921.

Calgary Daily Herald, 12 févr. 1916.— Winnipeg Free Press, 20 juill. 1939.— Canada, Dép. de la Milice et de la Défense, Militia list (Ottawa), 1899–1917.— Tim Cook, Clio’s warriors : Canadian historians and the writing of the world wars (Vancouver et Toronto, 2006).— Alan Gordon, « Marshalling memory : a historiographical biography of Ernest Alexander Cruikshank », Rev. d’études canadiennes (Peterborough, Ontario), 49 (2015), no 3 : 23–54.— P. W. Lackenbauer, « The military and “mob rule” : the CEF riots in Calgary, February 1916 », Canadian Military Hist. (Waterloo, Ontario), 10 (2001), no 1 : 31–42.— W. D. McConnell, « E. A. Cruikshank : his life and work » (mémoire de m.a., Univ. of Toronto, 1965).— Y. Y. J. Pelletier, « The politics of selection : the Historic Sites and Monuments Board of Canada and the imperial commemoration of Canadian history, 1919–1950 », SHC, Rev., 17 (2006), no 1 : 125–150.— C. J. Taylor, Negotiating the past : the making of Canada’s national historic parks and sites (Montréal et Kingston, Ontario, 1990).

Bibliographie générale

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Mark Osborne Humphries, « CRUIKSHANK, ERNEST ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 mai 2024, http://www.biographi.ca/fr/bio/cruikshank_ernest_alexander_16F.html.

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Auteur de l'article:    Mark Osborne Humphries
Titre de l'article:    CRUIKSHANK, ERNEST ALEXANDER
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2024
Année de la révision:    2024
Date de consultation:    21 mai 2024