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CUROT (Curaux), MARIE-LOUISE, dite de Saint-Martin, hospitalière de l’Hôtel-Dieu de Québec, supérieure, née à Montréal le 27 janvier 1716, fille de Martin Curot, garde-magasin au fort Frontenac (Kingston, Ontario), et de Madeleine Cauchois, décédée à Québec le 18 janvier 1788.

Nous ignorons les circonstances de l’entrée de Marie-Louise Curot au monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec. Admise au noviciat le 3 octobre 1736, elle prit l’habit le 3 avril 1737 et fit profession le 9 avril de l’année suivante. Tout indique que la famille Curot, composée de quatre filles et de trois garçons, était cultivée et jouissait d’une certaine aisance. Marie-Louise entra au couvent avec « son trousseau complet » et son père versa 3 225# « en argent » pour sa pension et sa dot.

Avant d’accéder aux charges administratives les plus importantes, Marie-Louise de Saint-Martin eut l’avantage, en tant que membre du chapitre, de s’initier aux affaires de la communauté sous l’habile direction de Marie-Andrée Regnard* Duplessis, dite de Sainte-Hélène. Sa signature apparaît pour la première fois aux « Actes capitulaires » le 2 septembre 1748, à l’occasion de la concession d’un terrain proche des fortifications du palais de l’intendance. Le 12 mars 1759, elle était élue première hospitalière et, l’année suivante, le grand vicaire Jean-Olivier Briand la nommait dépositaire des pauvres, renouvelant son mandat en 1761 et 1762. Le conseiller d’affaires à Paris, François Sorbier de Villars, ne manqua pas de signaler la « netteté » de ses écrits et la « clarté » de ses comptes, et la communauté en fit état aux élections du 9 novembre 1762 pour remplacer la supérieure Marie-Ursule Chéron, dite des Anges, décédée dans l’exercice de sa charge. Marie-Louise de Saint-Martin, âgée de 46 ans, était alors la plus jeune supérieure du pays. En 1765, elle était réélue pour un second mandat et elle devait être à nouveau supérieure de 1771 à 1777 et de 1780 à 1786.

Au cours de ses 12 premières années comme supérieure, Marie-Louise de Saint-Martin s’appliqua à amortir la dette contractée pour la reconstruction en 1757 du monastère-hôpital détruit par l’incendie de 1755. Cette dette se chiffrait encore à 100 000# en 1760. Les annales, les délibérations du chapitre, les relations avec les chefs civils et religieux du pays et de l’étranger et surtout la correspondance ininterrompue avec Sorbier de Villars démontrent les qualités exceptionnelles de Marie-Louise de Saint-Martin, qui ne négligea rien pour rétablir les finances de sa communauté. L’étroite surveillance de la perception des rentes, la vente d’emplacements dans la ville, la mise en valeur des seigneuries et l’accueil de pensionnaires rapportèrent des revenus indispensables, sans oublier les gains tirés d’humbles travaux comme le blanchissage des linges sacrés de la fabrique de Notre-Dame ou la confection de fleurs artificielles. Dans une lettre datée de mars 1778, Sorbier de Villars se réjouit de « l’heureux acquittement » des dettes de l’Hôtel-Dieu et rend hommage au « bon gouvernement » de Marie-Louise de Saint-Martin.

De 1759 à 1784, l’Hôtel-Dieu fut occupé par des troupes britanniques et devint pratiquement un hôpital militaire anglais. Les religieuses n’exercèrent alors que rarement leur fonction d’hospitalière, les occupants voyant eux-mêmes au soin de leurs malades. La règle monastique n’eut cependant pas à souffrir de cette présence étrangère et, si l’on en juge par la correspondance de la supérieure avec le gouverneur Murray et avec Hector Theophilus Cramahé. les relations entre la communauté et ses hôtes furent empreintes de cordialité et de respect. Au printemps de 1784, les troupes s’installèrent dans des casernes et les religieuses purent ouvrir à nouveau l’hôpital aux malades, aidées par une souscription publique [V. Thomas-Laurent Bédard].

À la mort de Marie-Louise de Saint-Martin, le 18 janvier 1788, la communauté lui rendit ce témoignage : « C’étoit une très bonne religieuse et très capable [...], elle étoit grave, ferme et douce, égale dans sa conduite à l’égard de ses inférieures, très prudente, d’un jugement sollide et éclairé enfin très propre au gouvernement, elle a laissée a sa mort un vide bien senti de la Com qui s’appuyoit sur ses conseils. »

Claire Gagnon

AMHDQ, Actes capitulaires, I ; Annales, II ; Bienfaiteurs, Papiers Curot ; Chroniques, III : 1736 ; Corr., Évêques, J.-F. Hubert ; Corr., Procureurs, B.-L. Villars ; Élections triennales et annuelles, I : 145–193 ; Notices biographiques, M.-L. Curot ; Registre des comptes du monastère, V : 15–17. ANQ-M, État civil, Catholiques, Notre-Dame de Montréal, 28 janv. 1716 ; Greffe d’Antoine Adhémar, 21 août 1713. ANQ-Q, NF 11, 62, f.168v. ; NF 25, 64, no 3 904. Tanguay, Dictionnaire, III : 209. Casgrain, Hist. de l’Hôtel-Dieu de Québec, 437ss. M. Trudel, L’Église canadienne, II : 255–287. À la page 263, l’auteur confond Marie-Louise Curot de Saint-Martin avec Angélique Viger qui prit le nom de Saint-Martin en religion  [c. g.].

Bibliographie générale

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Claire Gagnon, « CUROT, MARIE-LOUISE, de Saint-Martin », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/curot_marie_louise_4F.html.

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Auteur de l'article:   Claire Gagnon
Titre de l'article:   CUROT, MARIE-LOUISE, de Saint-Martin
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   2 septembre 2014