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EARLE, SYLVESTER ZOBIESKI (on rencontre parfois Sobieski, Zolieski et Solieski, mais il signait Zobieski), médecin et homme politique, né le 7 août 1822 à Kingston, Nouveau-Brunswick, fils de Sylvester Zobieski Earle et de Maria Hughson ; en 1847, il épousa Catherine McGill Otty, et ils eurent huit enfants ; décédé le 1er mars 1888 à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick.

Petit-fils d’un marchand loyaliste et fils d’un médecin et député, Sylvester Zobieski Earle fit ses premières études dans le comté de Kings. II choisit ensuite la profession de son père et étudia la médecine à l’University of the City of New York. Ayant reçu son doctorat en médecine en 1844, Earle se rendit dans un certain nombre de centres médicaux en Europe, puis il revint au Nouveau-Brunswick en 1845 et y obtint son permis d’exercer. Il pratiqua avec son père à Hampton, comté de Kings, se maria en 1847 et, dix ans plus tard, fut nommé coroner du comté. Earle fit aussi partie de la milice. Lorsqu’il déménagea à Saint-Jean en 1864, il joignit les rangs du 62nd Saint John Fusiliers et, après avoir été nommé chirurgien de cette unité en février 1866, servit dans l’armée active pendant le raid fénien qui eut lieu cette année-là.

Earle eut du succès dans sa pratique médicale à Saint-Jean et joua un rôle important au sein de confréries, telles la franc-maçonnerie, de même que dans la milice. En avril 1877, il fut élu maire de Saint-Jean et, peu après, entra en conflit avec des membres du conseil municipal au sujet de problèmes de juridiction, engendrés principalement par son manque d’expérience dans l’administration urbaine. Toutefois, ces accrochages furent rapidement oubliés dans le chaos entraîné par le grand incendie qui ravagea Saint-Jean les 20 et 21 juin 1877.

L’incendie fut d’abord découvert sur un quai, dans le quartier de la ville avoisinant le bord de l’eau et où se trouvait le centre des affaires. Avant qu’on arrivât à le maîtriser, le jour suivant, il avait détruit la partie la plus peuplée et la plus prospère de la ville, et s’était propagé sur plus de neuf milles de rues où l’on comptait 1612 bâtiments. Le sinistre fit 19 morts, 13 000 sans-abri et des estimations contemporaines fixèrent les pertes matérielles à 27 millions de dollars, dont seulement 7 millions étaient couverts par les assurances. Des dons en argent et des approvisionnements ne tardèrent pas à arriver de toute l’Amérique du Nord et des îles Britanniques, et le maire Earle, dont la résidence et le bureau avaient échappé à l’incendie, bénéficia des conseils du président du comité de secours formé à Chicago à la suite du désastreux incendie qui avait frappé cette ville quelques années plus tôt. Earle réorganisa la Saint John Relief and Aid Society qui logea des citoyens dans un bâtiment abritant une patinoire et dans des « villes de tentes » et distribua de l’argent, de la nourriture, des vêtements et des meubles aux nécessiteux. Il y eut beaucoup de pillage, et la police découvrit de grandes quantités d’objets cachés dans des maisons situées à l’extérieur de la ville ; des rumeurs circulèrent selon lesquelles des bateaux « chargés de butin provenant de l’incendie » se dirigeaient vers d’autres ports des Maritimes. Le 22 juin, Earle s’adressa directement au commandant militaire de Halifax, le lieutenant général William O’Grady Haly*, pour obtenir de l’aide, et environ 140 soldats furent envoyés à Saint-Jean. Haly fit toutefois remarquer que la requête d’Earle aurait dû être transmise par l’intermédiaire du lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, Samuel Leonard Tilley*.

Les citoyens de Saint-Jean louèrent les efforts d’Earle et, en 1878, il fut réélu maire. Un des grands moments de la campagne de reconstruction fut la pose de la pierre angulaire du nouvel hôtel de ville, le 29 mai 1878. Mais beaucoup d’habitants quittèrent la ville, et on a estimé que Saint-Jean mit 40 ans à compenser sa perte de population. De plus, le sinistre se produisit à une époque où la construction de bateaux en bois, principale industrie de Saint-Jean, était en voie d’être supplantée par la nouvelle technologie de la vapeur et de l’acier. Il est possible que le désordre économique et social causé par l’incendie de 1877 ait simplement hâté le déclin que la ville connut à la fin du xixe siècle. Le maire Earle fut critiqué, en particulier par les marchands, pour ne pas avoir procédé plus rapidement à la reconstruction du secteur faisant face à la mer, d’une importance vitale pour la ville, et l’on a dit qu’il manqua de perspicacité économique dans ses discussions avec le gouvernement fédéral à propos des secours financiers à affecter au port. Aucune aide fédérale immédiate ne fut fournie pour sa reconstruction. Lorsque Earle brigua un troisième mandat à la mairie en 1879, il fut défait.

Earle continua d’occuper son poste de coroner du comté de Saint-Jean, qu’il détenait depuis 1867, et, en 1882–1883, il fut président de la New Brunswick Medical Society. À sa mort, il était l’un des administrateurs du General Public Hospital et du Bureau de santé, et président du New Brunswick Council of Physicians and Surgeons.

Elizabeth W. McGahan

APNB, Common Council of Saint John, Minutes and papers, 1841–1955.— Musée du N.-B., M. G. Otty coll., Earle family papers, geneal. ; Otty family papers ; Tilley family papers.— St Paul’s Anglican Church (Hampton, N.-B.), Records (mfm aux APNB).— Historical records of the 62nd St. John Fusiliers (Canadian militia), E. T. Sturdee, compil. (Saint-Jean, N.-B., 1888).— Saint-Jean, Annual report of the corporation of the city, 1877–1879.— Morning News (Saint-Jean), 1877–1878, 2 mars 1888.— Saint John Daily Sun, 2 mars 1888.— Saint John Globe, 2 mars 1888.— Canadian biog. dict., II.— Hutchinson’s New Brunswick directory for 1865–1866 [...], Thomas Hutchinson, compil. (Montréal, [1866]).— Saint John directory, 1876–1877, 1887–1888.— W. F. Bunting, History of St. John’s Lodge, F. & A.M., of Saint John, New Brunswick, together with sketches of all Masonic bodies in New Brunswick, from A.D. 1784 to A.D. 1894 (Saint-Jean, 1895).— Esther Clark Wright, The loyalists of New Brunswick (Fredericton, 1955 ; réimpr., Moncton, 1972).— R. H. Conwell, History of the great fire in Saint John (Boston, 1877).— K. F. C. MacNaughton, The development of the theory and practice of education in New Brunswick, 1784–1900 : a study in historical background, A. G. Bailey, édit. (Fredericton, 1947).— George Stewart, The story of the great fire in St. John, N.B., June 20th, 1877 (Toronto, 1877).— W. B. Stewart, Medicine in New Brunswick [...] (Moncton, N.-B., 1974).— The University of New Brunswick memorial volume [...], A. G. Bailey, édit. (Fredericton, 1950).

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Elizabeth W. McGahan, « EARLE, SYLVESTER ZOBIESKI », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 3 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/earle_sylvester_zobieski_11F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   3 septembre 2014