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EARLY, MAY AGNES (Fleming), romancière, née le 15 novembre 1840 à Saint-Jean, N.-B., fille de Bernard Early et de sa femme Mary, décédée le 26 mars 1880 à New York, N. Y.

May Agnes Early fit ses études au Convent of the Sacred Heart à Saint-Jean. Elle vendit sa première nouvelle au New York Mercury alors qu’elle n’était encore qu’une écolière qui lisait des romans avec avidité ; ensuite elle écrivit des nouvelles et des romans-feuilletons qu’elle fit paraître pendant quelques années sous le pseudonyme de Cousin May Carleton dans des journaux tels que le Western Recorder and Weekly Herald (Saint-Jean), le Mercury, le Pilot (Boston) et le Metropolitan Record (New York). Il semble qu’elle ait enseigné près de Saint-Jean pendant une courte période. Le 24 août 1865, elle épousa un mécanicien, William John Fleming, qu’elle ne connaissait que depuis trois semaines. À partir de ce moment-là ses écrits parurent sous le nom sous lequel elle est le mieux connue, celui de May Agnes Fleming.

Écrivain fécond et très goûté du public, Mme Fleming signa des contrats exclusifs, d’abord avec le Saturday Night (Philadelphie) puis avec le New York Weekly et le Journal (Londres). Ses romans-feuilletons furent plus tard publiés sous forme de livres ; la liste de ses romans est considérable. Au cours des années difficiles de 1870, son revenu annuel, provenant de diverses sources, dépassait $10 000, faisant d’elle le premier romancier canadien professionnel à connaître un succès aussi remarquable. Dans les Maritimes, à cette époque, ce terme de romancier professionnel ne pouvait s’appliquer avec justesse qu’à un seul autre écrivain, James De Mille. Le nom de May Agnes Fleming sur une page de titre représentait une telle valeur qu’après sa mort on l’utilisa non seulement pour ses propres écrits mais aussi pour d’autres œuvres, avec l’approbation de ses éditeurs dont les plus actifs étaient Street et Smith.

Mme Fleming et sa famille s’installèrent aux États-Unis aux environs de 1875 et vécurent à Boston pendant quelque temps, semble t-il, puis à Brooklyn (New York). Lorsqu’elle mourut du mal de Bright à l’âge de 40 ans, Mary était séparée de son mari et elle laissait un testament contestable rédigé en 1876, stipulant que ses enfants (deux fils et deux filles) devaient être élevés dans la foi catholique romaine et demandant que son mari ait affaire à eux et soit mêlé à leur héritage le moins possible.

May Agnes Fleming était passée maître dans le genre mineur qu’elle avait adopté : le feuilleton à suspense décrivant la haute société en Angleterre et en Amérique. Les personnages et les épisodes de ses romans sont simples et stéréotypés, mais les intrigues sont aussi ingénieuses que celles de William Wilkie. Collins et son style est vigoureux et direct. De son œuvre publiée dans les années 70, Guy Earlscourt’s wife, A terrible secret, A wonderful woman, A mad marriage, Kate Danton, One night’s mystery, The rival brothers, The heir of Charlton sont les romans les plus typiques de sa manière. Les romans étaient d’abord destinés au public anglais et américain, mais Mme Fleming n’oublia pas ses lecteurs canadiens et se donna la peine d’introduire, parfois même avec beaucoup d’ingéniosité, des épisodes et des personnages canadiens dans la plupart de ses romans. Si ceux-ci furent écrits pour des maisons d’édition aux États-Unis et en Angleterre et publiés par elles, c’est que non seulement ces pays dont elle suivait la mode littéraire offraient un marché plus vaste mais aussi parce que, à l’époque, les droits d’auteur pour les œuvres d’écrivains canadiens publiées au Canada étaient insuffisamment protégés par la loi.

Fred Cogswell

Pour avoir la liste des ouvrages de May Agnes Early, V. : W. G. MacFarlane, New Brunswick bibliography : the books and writers of the province (Saint-Jean, N.-B., 1895), 31s., et Watters, Check list, 207s.

N.B. Museum, Macbeath papers, E. T. C. Knowles scrapbook (coupures de journaux).— Daily Sun (Saint-Jean, N.-B.), 1880.— Daily Telegraph (Saint-Jean, N.-B.), 13 déc. 1878.— H. P. Gundy, Book publishing and publishers in Canada before 1900 (Toronto, 1965).— Lit. hist. of Can. (Klinck), 111.

Bibliographie générale

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Fred Cogswell, « EARLY, MAY AGNES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/early_may_agnes_10F.html.

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Auteur de l'article:   Fred Cogswell
Titre de l'article:   EARLY, MAY AGNES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   24 juillet 2014