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EASTON, PETER, d’abord loyal marin anglais, se fit plus tard pirate ; sa flotte bien équipée, formée de navires bien armés, se livra à de puissantes incursions contre les vaisseaux britanniques et étrangers, ce qui lui valut le surnom de « maître-pirate » ; circa 1610–1620.

Easton arriva à Terre-Neuve en 1612 « avec dix bons voiliers bien pourvus et richement montés » et il se mit impunément à piller à volonté les ports depuis la baie de la Trinité jusqu’à Ferryland. Le Havre-de-Grâce (Le Havre) devint sa base d’opérations ; c’est là qu’il radoubait ses navires, consruisit un fort et augmentait ses effectifs par la persuasion et, au besoin, par la force. Outre ses déprédations dans les eaux environnant le Havre-de-Grâce (Le Havre), où il prit 2 vaisseaux, 100 hommes et des provisions sur tous les navires, Easton pilla 30 vaisseaux anglais dans le port de Saint-Jean, de même que des navires français et portugais à Ferryland. Les pertes totales infligées par Easton aux flottes de pêche ont été évaluées à £20 400.

Dans ces odyssées, Easton rencontra personnellement Richard Whitbourne (plus tard Sir Richard), qui s’adonnait depuis longtemps au commerce, et John Guy, gouverneur de la colonie à Cuper’s Cove (Cupids). Il faut dire à l’honneur d’Easton qu’il ne causa aucun dégât à l’établissement. Il y eut même une fois où les colons lui donnèrent deux porcs. Il n’y eut qu’une échauffourée entre Easton et les colons, dont l’un fut blessé par erreur. Cependant, Easton s’empara de Whitbourne, qu’il garda à bord de son navire durant 11 semaines, cherchant tout ce temps-là à le convertir à la piraterie. Il ne libéra Whitbourne qu’à la condition qu’il se rendît en Angleterre pour obtenir sa grâce.

Lorsque Whitbourne arriva en Angleterre, il découvrit qu’en février 1612 on avait accord I le pardon au pirate, mais que la nouvelle ne lui en était jamais parvenue. On réitéra la faveur le 26 novembre. Le capitaine Roger Middleton reçut la mission d’aller en aviser Easton sur les côtes de Barbarie, le pirate ayant quitté Terre-Neuve pour croiser en Méditerranée à la recherche de galions espagnols. D’après Whitbourne, Easton, dévoré « du désir ardent de rentrer en grâce et y comptant fermement, perdit tout espoir par suite des longs retards de celui qui lui apportait le pardon ».

Easton n’avait pas encore reçu sa grâce en mars 1613 ; il se rendit alors à Villefranche, en Savoie, port libre des pirates. Précédé par sa réputation d’homme riche – 2 000 000 de livres d’or – il fut chaudement accueilli par le duc de Savoie, dont les finances étaient en mauvais état. À Villefranche, Easton acheta un palais, bâtit un entrepôt pour abriter son butin, vécut dans le luxe et obtint le titre de « Marquis de Savoie ». Étant alors dans la quarantaine et fort bel homme, aux dires de ses contemporains, il couronna sa carrière en épousant une femme très riche. E demeura au service du duc de Savoie jusqu’en 1620, après quoi son nom tombe dans l’oubli.

Easton fut le principal corsaire de son temps et l’un des plus fameux dans toutes les annales de la piraterie. Il possédait tout ce qu’il lui fallait savoir pour exercer son commerce infâme, mais ce n’était ni un monstre assoiffé de sang, ni un coupe-jarret aux airs de matamore. Au contraire, il s’est révélé excellent navigateur, marin habile, brave et hardi, tacticien expert, pointeur de canon hors de pair. Sa puissance sur mer était telle qu’aucun souverain ou aucun État ne pouvait se permettre de l’ignorer ; jamais aucune flotte dépêchée à sa poursuite ne réussit à le rattraper ou à le capturer.

E. Hunt

Nottingham University, Middleton MSS, Mi X 1/1.66.— PRO, H.C.A. 1/47, 14/42 fournit des détails sur ses attaques contre les vaisseaux anglais et français revenant de Terre-Neuve en 1610, et contre les Français à Terre-Neuve en 1612. Sur ces dernières attaques, V. aussi PRO, P.C. 2/27 et PRO, CSP, Ireland, 1611–14, 383. PRO, H.C.A. 13/42 traite de ses raids contre les Hollandais en 1612.— V. aussi : PRO, H.C.A. 24/76, 160 ; SP, C.O. 1/1, 179 ; CSP, Dom., 1611–18, 119, 158 ; CSP, Venice, 1610–13 ; 1613–15 ; 1619–21.— Purchas, Pilgrimes (1905–07), XIX : 417.— The life and works of Sir Henry Mainwaring, ed. G. E. Manwaring (2 vol., « Navy Records Soc. », LIV, 1920 ; LVI, 1922), I.— Westward hoe for Avalon in the New-found-land as described by Captain Richard Whitbourne, of Exmouth, Devon, 1622, ed. T. Whitburn (London, 1870).— Richard Whitbourne, A discourse and discovery of New-found-land (London, 1620).

Bibliographie générale

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E. Hunt, « EASTON, PETER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/easton_peter_1F.html.

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Auteur de l'article:   E. Hunt
Titre de l'article:   EASTON, PETER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   19 avril 2014