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ESSON, JOHN, commerçant et homme politique, baptisé le 6 novembre 1804 à Aberdeen, Écosse, premier enfant de Charles Esson, mécanicien de moulins, et d’Elizabeth Whyte ; il épousa le 10 janvier 1836 Harriet Ann Leonard qui lui donna 11 enfants ; décédé le 4 mars 1863 à Halifax.

John Esson émigra d’Écosse pour aller rejoindre son demi-frère, Charles, et son oncle, Adam, à Halifax vers 1823. Ce dernier l’initia au commerce de l’épicerie et, vers le milieu des années 30, Esson ouvrit son propre, magasin. En 1847, son employé, Robert Boak, fils, devint son associé dans la société John Esson and Company, entreprise d’épicerie en gros à l’échelle locale, et, en 1854, les deux hommes s’adjoignirent John Taylor et mirent sur pied une deuxième société, Esson, Boak, and Company, pour faire le commerce avec les Antilles. Cette même année, James Parker entra dans la société John Esson and Company à titre d’associé mais, cinq ans plus tard, Esson vendit sa part dans cette dernière société à son fils William, et à Alexander Stephen. En 1863, on estimait à $200 000 sa participation soutenue dans Esson, Boak and Company, à titre de principal associé. Dès le milieu des années 1850, sa réputation d’homme clairvoyant en matière de finance lui valait de faire partie du conseil d’administration de maisons d’affaires comme la Bank of Nova Scotia, l’Indisputable Life Policy Company, l’Union Marine Insurance Company of Nova Scotia et la Halifax Fire Insurance Company. Il fut président de cette dernière société de 1858 à 1863. Ses intérêts financiers étaient fort diversifiés ; cependant, il fit ses placements les plus importants dans des biens immobiliers, des hypothèques du comté, des banques et des entreprises d’exploitation.

Au cours de cette période, Esson s’affirma comme un citoyen animé de sens civique. Après 1832, il joua un rôle actif dans la North British Society, dont il occupa la présidence en 1847. Il fit partie du comité qui administrait le Halifax Mechanics’ Institute en 1840 et il agit en qualité de garde-feu de 1841 à 1849. Il fut parmi les souscripteurs initiaux de la British North American Association et fit partie des comités de cette association qui cherchaient à promouvoir les intérêts des habitants de la Nouvelle-Écosse en matière d’entreprises manufacturières et de pêcheries. Plus tard, il accéda à la présidence de la Halifax Agricultural Society. Les diverses charges à caractère municipal qu’il occupa au cours des années 50, telles les fonctions d’administrateur du Poor’s Asylum et de commissaire du cimetière, étaient des fonctions d’administration courante et de responsabilité mais elles prêtaient peu à controverse.

Ce n’est qu’après son élection à l’Assemblée législative qu’Esson devint un personnage public à part entière. En 1840, il s’occupait activement, mais dans l’ombre, du parti de la réforme et en 1851 il fut élu député du comté de Halifax où il occupa le siège laissé vacant par Joseph Howe*, lorsque celui-ci décida d’aller poser sa candidature dans Cumberland ; lors des scrutins subséquents, Esson vint souvent en tête de liste à Halifax. Après la réorganisation des circonscriptions, en 1859, Esson représenta jusqu’à la fin de sa vie la division est du comté. Il fut un partisan habituel mais non inconditionnel du gouvernement libéral ; il appuya fermement les grandes politiques du parti, comme celle des chemins de fer mise de l’avant par Howe, mais prit rarement la parole devant l’Assemblée pour débattre les grandes questions de l’heure. Cependant, il se prononça en faveur de l’autonomie municipale et se fit le ferme défenseur de l’autorité du conseil municipal de Halifax. De plus, il chercha à promouvoir les besoins et les intérêts non seulement des hommes d’affaires mais aussi de ses commettants pauvres, en soulevant régulièrement devant l’Assemblée des questions comme les dommages causés par les chemins de fer ou les allocations pour les routes. Le qualificatif de pragmatique est celui qui convient le mieux pour définir son attitude à l’égard du mouvement en faveur de la tempérance : même si la vente du rhum faisait partie de son commerce, il présenta de bonne grâce les pétitions de ses électeurs qui réclamaient la prohibition de la vente des spiritueux. La charge la plus importante qu’il occupa au parlement fut celle de membre du comité des comptes publics, charge qu’il conserva pendant de nombreuses années ; il en fut le président de 1856 à 1863. Cette année-là, il déclina la nomination au Conseil exécutif qu’on lui proposait. Un témoin de l’époque qui a pu observer Esson à l’Assemblée l’a décrit comme un homme « très silencieux mais non impénétrable », et Howe a fait remarquer « qu’ils étaient rares les hommes qui ont quitté l’enceinte de l’Assemblée laissant derrière eux si peu d’ennemis et tant d’amis ».

S. Buggey

APC, MG 24, B29, 3, pp.684–687 ; 8, pp.491s.— General Register Office (Edimbourg), Register of births and baptisms for the parishes in Aberdeen, 1er août 1795, 22 nov. 1799, 6 nov. 1804.— Halifax County Court House (Halifax), registry of deeds, index, 1749–1865.— Halifax County Court of Probate (Halifax), no 1 127, estate of John Esson.— PANS, MG 3, 154 ; RG 35, A, 1–3, Halifax assessments, 1817–1841, and road tax records.— St Matthew’s Presbyterian Church (Halifax), no 47a, burials, p.66, no 48, marriages, p.347 ; baptisms, various pages (mfm aux PANS).— Constitution and bye laws of the British North American Association, organized at Halifax, Nova Scotia, 18th Feb., A.D., 1851 (Halifax, 1851).— Acadian Recorder, 31 juill. 1841, 7 juin, 26 juill. 1856, 7 mars 1863.— Morning Herald and Commercial Advertiser (Halifax), 23, 30 oct. 1840.— Novascotian, 8 janv. 1855, 4 avril 1859, 9 mars 1863.— Sun (Halifax), 1er janv. 1847, 6 mars 1863.— Belcher’s farmer’s almanack, 1837–1863.— Directory of N.S. MLAs.Halifax and its business : containing historical sketch, and description of the city and its institutions [...] (Halifax, 1876).— J. S. Macdonald, Annals, North British Society Halifax, Nova Scotia, with portraits and biographical notes, 1768–1903 (Halifax, 1905).

Bibliographie générale

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S. Buggey, « ESSON, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/esson_john_9F.html.

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Auteur de l'article:   S. Buggey
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   20 avril 2014