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ESTIMAUVILLE, JEAN-BAPTISTE-PHILIPPE-CHARLES D’, officier dans l’armée et dans la milice, fonctionnaire et juge de paix, né le 21 mai 1750 à Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton), fils de Jean-Baptiste-Philippe d’Estimauville de Beaumouchel, officier dans les troupes de la Marine, et de Marie-Charlotte d’Ailleboust ; le 13 mai 1782, il épousa à Montréal Marie-Josephte Courreaud de La Coste, et ils eurent un fils et deux filles ; décédé le 12 mai 1823 à Québec.

Membre de l’aristocratie militaire, Jean-Baptiste-Philippe-Charles d’Estimauville naquit à Louisbourg peu de temps après que la forteresse fut redevenue française. Après la Conquête, la famille d’Estimauville retourna en France en 1761, mais Jean-Baptiste-Philippe-Charles vint s’installer dans la province de Québec en juillet 1776. Il se porta aussitôt volontaire, sous les ordres de René-Amable Boucher* de Boucherville, pour participer aux opérations militaires contre l’armée du général de brigade Benedict Arnold* dans le secteur du lac Champlain. De 1778 à 1783, il fut lieutenant dans le 60th Foot. En poste à Yamaska et à Saint-François-du-Lac, il apprit la langue des Abénaquis et, en 1787, avec l’appui de ces Indiens, il obtint du gouverneur lord Dorchester [Carleton*] l’emploi d’agent résidant auprès des Indiens à Saint-François-du-Lac. La même année, il fut nommé lieutenant-colonel de la milice du district de Trois-Rivières. En 1796, il recruta une compagnie d’une centaine d’hommes pour le Royal Canadian Volunteer Régiment dans lequel il servit jusqu’à ce que ce corps soit démobilisé en 1802. À compter de 1804, il occupa à Québec le poste d’interprète des Abénaquis. II participa aussi à la guerre de 1812, à titre de lieutenant-colonel des bataillons de milice de Québec et de Beauport. En 1814, il comptait parmi les membres du conseil de guerre qui se tint au fort Chambly. Deux ans plus tard, il reçut le grade de colonel de la milice du Bas-Canada, et le gouverneur sir John Coape Sherbrooke le dispensa de prendre le commandement du bataillon de milice de Beauport, « en conséquence de ses longs services et du zèle qu’il a[vait] toujours témoigné ».

Parallèlement à sa carrière militaire, d’Estimauville se distingua en remplissant l’importante fonction de grand voyer du district de Québec. Il succéda à Pierre Marcoux* le 21 novembre 1809, après avoir soutenu une très forte compétition de plusieurs membres de l’élite seigneuriale et militaire canadienne qui convoitaient ce poste prestigieux auquel était attachée une rémunération des plus intéressantes. D’Estimauville dirigea 58 inspecteurs et 275 sous-voyers, lesquels devaient veiller à l’ouverture et à l’entretien des chemins dans leur secteur respectif. L’intervention du grand voyer ou de son adjoint était requise pour statuer sur des requêtes de citoyens ou pour trancher des litiges. Après publication de la date et du lieu de l’audition, le grand voyer entendait les parties concernées, visitait souvent le lieu qui faisait l’objet du litige, puis consignait sa décision dans un procès-verbal. Durant le mandat de d’Estimauville, on dressa 248 procès-verbaux. Il s’agit d’une œuvre familiale, puisque plus de la moitié d’entre eux ont été rédigés par son frère, Robert-Anne, et par son fils, Jean-Baptiste-Philippe, tous deux agissant à titre d’adjoints.

En 1794, Jean-Baptiste-Philippe-Charles d’Estimauville avait obtenu une commission de juge de paix pour le district de Québec. Cinq ans plus tard, pareille commission lui fut renouvelée, cette fois pour le district de Trois-Rivières. Veuf depuis 1821, il mourut à Québec le 12 mai 1823 et fut inhumé le surlendemain au cimetière des Picotés.

Roger Barrette

ANQ-M, CE1-51, 13 mai 1782.— ANQ-Q, CE1-1, 14 mai 1823 ; CN1–178, 29 sept. 1812.— APC, MG 24, L3 18517–18524 (copies) ; RG 8, 1 (C sér.), 228 : 66 ; 254 382 ; 1220: 353 ; RG 68, General index, 1651–1841.— B.-C., chambre d’Assemblée, Journaux, 1828–1829.— La Gazette de Québec, 15 mai 1823.— P.-G. Roy, Inventaire des procès-verbaux des grands voyers conservés aux Archives de la province de Québec (6 vol., Beauceville, Québec, 1923–1932).— F.-X. Chouinard et al., la Ville de Québec, histoire municipale (4 vol., Québec, 1963–1983).— Paquet et Wallot, Patronage et Pouvoir dans le B.-C.— P.-G. Roy, la Famille d’Estimauville de Beaumouchel (Lévis, Québec, 1903) ; « le Chevalier Robert-Anne d’Estimauville de Beaumouchel », BRH, 10 (1904) : 112–116 ; « les Grands Voyers de la Nouvelle-France et leurs successeurs », Cahiers des Dix, 8 (1943) : 181–233.— « Vieilles Poésies », BRH, 11 (1905) : 216.

Bibliographie générale

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Roger Barrette, « ESTIMAUVILLE, JEAN-BAPTISTE-PHILIPPE-CHARLES D’ », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/estimauville_jean_baptiste_philippe_charles_d_6F.html.

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Auteur de l'article:   Roger Barrette
Titre de l'article:   ESTIMAUVILLE, JEAN-BAPTISTE-PHILIPPE-CHARLES D’
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   22 octobre 2014