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FITZ RANDOLPH, ARCHIBALD DRUMMOND (il était courant parmi certains Fitz Randolph d’abréger leur patronyme ; ainsi, Archibald Drummond signait A. F. Randolph), homme d’affaires, homme politique et philanthrope, né le 24 juillet 1833 à Digby, Nouvelle-Écosse, fils de James Horton Fitz Randolph et de Susan Byles Menzies ; le 9 septembre 1858, il épousa à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, Amira Donaldson Turnbull, sœur de William Wallace Turnbull*, et ils eurent huit enfants dont cinq lui survécurent ; décédé le 14 mai 1902 à Fredericton.

Archibald Drummond Fitz Randolph fit ses études à la grammar school de Digby. Il commença sa carrière dans les affaires dès l’âge de 16 ans, au magasin de marchandises sèches que son père exploitait à Digby ; et quand il eut 17 ans, il entra au service d’un marchand de poêles de Saint-Jean en qualité de commis. Il s’installa à Fredericton après trois ans, et devint commis et teneur de livres pour Abraham Tyler Coburn, important marchand de bois. C’est là, en 1855, qu’il ouvrit son propre magasin de quincaillerie, de marchandises sèches et d’épicerie. Sa sagacité, son esprit d’entreprise et son bon sens lui permirent de donner une expansion rapide à son commerce. Dix ans après, il fonda un magasin d’épicerie en gros spécialisé dans les produits des Antilles et la farine, puis, en 1878, il construisit un grand immeuble, square Phoenix, pour loger son commerce qui prospérait. L’un de ses fils se joignit à lui en 1883 et un autre suivit en 1892, année où la raison sociale fut changée pour A. F. Randolph and Sons.

Les intérêts de Fitz Randolph étaient diversifiés. Quand, en 1864, le gouvernement de Samuel Leonard Tilley* avait adopté une loi pour subventionner la construction ferroviaire, il s’était montré l’un des entrepreneurs de Fredericton pressés de construire des tronçons vers les lignes existantes pour favoriser le développement commercial de la capitale. Il occupa le poste de trésorier de la Fredericton Railway Company, constituée juridiquement en 1866 pour construire une ligne vers le chemin de fer Western Extension entre Saint-Jean et l’État du Maine, tâche accomplie en 1869. Il fut aussi associé à la New Brunswick Railway Company, formée en 1870. La ligne que cette compagnie entreprit de construire vers le nord à partir de St Marys Parish, en face de Fredericton, vers Woodstock et Edmundston fut terminée en 1880. Tirant profit de l’essor que connaissait la construction ferroviaire, Fitz Randolph et d’autres firent constituer juridiquement la Miller Flanger Manufacturing Company en 1875 pour fabriquer des wagons et des pièces de chemin de fer.

Les entreprises de Fitz Randolph ne furent pas toutes des réussites. En 1871, il s’associa à la Fredericton and Saint Mary’s Bridge Company, qui devait construire un pont de chemin de fer et un pont routier entre Fredericton et la rive nord de la rivière Saint-Jean. Cette compagnie ne remplit manifestement pas ses obligations, car elle fut reconstituée en 1882. Le gouvernement fédéral refusa cependant d’en reconnaître l’acte constitutif l’année suivante. Quand le premier ministre provincial Andrew George Blair décida d’aller de l’avant, une nouvelle compagnie fut fondée en 1885. On ne sait pas si Fitz Randolph participa à ce projet. Finalement, la compagnie ne respecta pas ses engagements et son actif passa au gouvernement fédéral.

Fitz Randolph fut aussi exploitant forestier. Pendant quelques années, il eut des intérêts dans le West End Mill, à Fredericton, jusqu’à l’incendie du bâtiment en 1870. Cette année-là, il s’associa avec Charles Parker Baker dans la Randolph and Baker, entreprise qui exploitait une scierie et un four à chaux et qui était située à l’endroit qui s’appellerait plus tard Randolph (Saint-Jean). Membre du conseil d’administration de la Fredericton Boom Company et président en 1875, Fitz Randolph figura aussi parmi les fondateurs, en 1879, de la Sheer Boom Improvement Company, qui devait construire des estacades sur la Saint-Jean en amont de Grand Falls et sur la rivière Aroostook.

Fitz Randolph comptait aussi parmi ses intérêts la People’s Bank of New Brunswick, constituée juridiquement en 1864 avec un capital de 60 000 $. Il en fut le premier président et en resterait le principal administrateur jusqu’à sa mort, mais peu de temps après, soit en 1907, la famille vendit l’établissement à la Banque de Montréal. Il travailla aussi dans les assurances à titre de membre fondateur, en 1874, de la New Brunswick Mutual Fire Insurance Company et, en 1889, de la Keystone Fire Insurance Company, de Saint Jean, qu’il présida un certain temps. Il fut également lié à la Fredericton Gas Light Company. Ses diverses activités le lièrent à de nombreux hommes d’affaires et hommes politiques en vue, particulièrement à son ami Alexander Gibson*.

Le 25 mai 1882, Fitz Randolph fut nommé au Conseil législatif ; toutefois, en raison de problèmes de santé et d’un manque de goût pour la politique, il démissionna en 1885. Il évita les autres offres de carrière politique, préférant s’occuper de ses entreprises commerciales. Aux élections municipales de 1889, par exemple, il repoussa une tentative de la Fredericton Woman’s Christian Tempérance Union de soumettre sa candidature à la mairie de la ville.

Partisan convaincu de l’Acte de tempérance du Canada de 1878, Fitz Randolph assistait aux réunions de tempérance et était souvent le donateur le plus généreux aux collectes qu’on y faisait. Fréquemment appelé sur l’estrade, il incitait ses collègues hommes d’affaires de l’auditoire, particulièrement Gibson, à s’engager à faire un don équivalent au sien. Sa femme œuvrait pour la même cause et, en 1886, elle fut l’une des fondatrices de la Fredericton Women’s Christian Temperance Union. Fitz Randolph s’occupait aussi du Victoria Public Hospital de Fredericton, dont il était un fondateur et un administrateur.

Fitz Randolph fut un fidèle actif de l’église baptiste Brunswick Street pendant environ 30 ans, et un diacre pendant plus de 25. En 1883, il fonda avec d’autres la Baptist Annuity Association, mise sur pied pour venir en aide aux ministres baptistes, à leurs veuves et à leurs enfants. Il saisit toutes les occasions de promouvoir sa confession ; par exemple, il soutenait la publication du révérend Ingraham Ebenezer Bill*, Fifty years with the Baptist ministers and churches of the Maritime provinces of Canada en achetant des exemplaires qu’il distribuait ensuite à ses amis. Même aux grands pique-niques familiaux des Fitz Randolph, « oncle Archie » rassemblait les jeunes pour les encourager à devenir baptistes. Dans son testament, il fit un legs généreux à son Église ainsi qu’à ses missions étrangères et intérieures.

Fitz Randolph s’intéressait aussi à l’éducation, surtout à l’éducation baptiste. Non seulement servit-il comme président du bureau des commissaires d’écoles de Fredericton de 1872 à 1896, mais il fut également l’un des fondateurs, en 1883, de la New Brunswick Baptist Education Society et, en 1884, de la Union Baptist Education Society. En 1877, après l’incendie qui avait endommagé l’immeuble qui abritaient l’Acadia College et la Horton Academy de Wolfville, en Nouvelle-Écosse, lui et Theodore Harding Rand*, qui vivait aussi au Nouveau-Brunswick, avaient généreusement contribué à sa remise en état. Par la suite, il fut nommé au conseil d’administration des deux établissements.

Après une carrière active dans les affaires et au service de sa congrégation et de sa communauté, Archibald Drummond Fitz Randolph mourut en mai 1902. Une lettre datant de 1848 de son grand-père loyaliste Joseph Fitz Randolph exhortait le jeune homme à être « un ornement pour la société et le nom de Randolph ». Fitz Randolph le fut assurément.

Kathryn Wilson

De l’information sur la famille nous a été donnée aimablement au cours d’entrevues avec plusieurs descendants de Fitz Randolph : John FitzRandolph, de Fredericton, et Nora FitzRandolph Flynn, de Mahone Bay, N.-É., petits-enfants du sujet ; Mme Albert S. FitzRandolph, de Musquash, N.-B., femme d’un petit-fils ; Kathryn FitzRandolph, de Toronto, une arrière-petite-fille ; et Robin Coppernaes, de Boston, une arrière-petite-fille dont nous avons obtenu une copie de la lettre de Joseph Fitz Randolph adressée à son petit-fils le 15 janv. 1848.  [k. w.]

APNB, MC 1156, IV, part. iii : 123 ; RS75, 1902, A. F. Randolph.— Saint John Regional Library (Saint-Jean, N.-B.), Willett scrapbook : 212.— Capital (Fredericton), 15 janv., 19, 21–26 févr., 19 mars, 2 juin 1885.— Daily Gleaner, 29 nov., 2 déc. 1889.— Daily Telegraph (Saint-Jean), 17 déc. 1877.— Kings County Record (Sussex, N.-B.), 14 août 1985 : 5A.— New Brunswick Reporter and Fredericton Advertiser, 8 nov. 1867.— St. John Daily Sun (Saint-Jean), 15 mai 1902.— I. E. Bill, Fifty years with the Baptist ministers and churches of the Maritime provinces of Canada (Saint-Jean, 1880).— Biog. rev. of N.B. (Jack).— Canada, Statuts, 1885.— Canadian biog. dict.— I. L. Hill, Fredericton, New Brunswick, British North America ([Fredericton ?, 1968 ?]).— N.-B., Acts, 1864–1889.— Prominent people of New Brunswick [...], C. H. McLean, compil. ([Saint-Jean], 1937).— L. V. [S.] F. Randolph, Fitz Randolph traditions : a story of a thousand years (New York, 1907 ; réimpr., Rutland, Vt, s.d.).— W. A. Squires, History of Fredericton : the last 200 years, J. K. Chapman, édit. (Fredericton, 1980).

Bibliographie générale

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Kathryn Wilson, « FITZ RANDOLPH, ARCHIBALD DRUMMOND », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/fitz_randolph_archibald_drummond_13F.html.

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Auteur de l'article:   Kathryn Wilson
Titre de l'article:   FITZ RANDOLPH, ARCHIBALD DRUMMOND
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   20 août 2014