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FOULIS, ROBERT, ingénieur, artiste, entrepreneur et inventeur, né le 5 mai 1796 à Glasgow, Écosse, fils d’Andrew Foulis, éditeur de Glasgow, et de sa femme dont le nom de jeune fille était Dewar ; il épousa en premières noces, à Belfast, Elizabeth Leatham et ils eurent une fille ; deux enfants, nés de son second mariage, lui survécurent ; décédé le 28 janvier 1866 à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick.

Robert Foulis était contemporain de Michael Faraday, le célèbre savant anglais, et ceux qui les connurent jeunes hommes trouvaient que Foulis avait plus de génie. Foulis étudia la chirurgie à l’University of Glasgow, mais abandonna la médecine pour raison de santé et fit un stage d’apprenti chez un ingénieur. Comme compagnon, il alla à Belfast où il s’adonna à la peinture et rencontra sa première femme ; cette dernière mourut peu après la naissance de leur fille en 1817. Foulis décida de commencer une vie nouvelle en Amérique avec l’intention de s’établir en Ohio. Le mauvais temps força son navire à s’échouer sur la côte de la Nouvelle-Écosse ; il se rendit à Halifax en 1818, où quelques amis écossais le convainquirent de rester. Il gagna sa vie à Halifax comme portraitiste et professeur de peinture à la « Mrs. Burns’ English and Commercial Academy ». En 1822, il déménagea à Saint-Jean où il travailla à titre d’ingénieur civil.

Homme aux talents multiples, il mit sur pied à Saint-Jean en 1825 la première fonderie de fonte du Nouveau-Brunswick (qu’il vendit en 1835) et, en 1826, il fut chargé par le gouvernement provincial de faire le relevé hydrographique de la rivière Saint-Jean de Fredericton à Grand Falls. Il eut aussi la responsabilité de gréer le John Ward, deuxième navire à vapeur à faire la navette sur la rivière. Il prit une part active aux activités culturelles de sa ville d’adoption et fut souvent chargé de cours en chimie et autres matières au Saint John Mechanics’ Institute qu’il aida à mettre sur pied. En 1838, il fonda une « School of Arts » afin de faciliter l’accès à l’éducation aux résidants de Saint-Jean et d’augmenter ses revenus. Le programme scolaire comprenait « l’enseignement aux jeunes des éléments de la philosophie expérimentale et de la mécanique ainsi que des beaux-arts ; [et] visait à promouvoir l’instruction par des cours populaires et l’illustration expérimentale par une classe du soir pour les artisans, dans laquelle on démontrerait l’application pratique des sciences aux arts mécaniques ».

On reconnaît à Foulis l’invention d’un appareil à décomposer le charbon pour produire du gaz d’éclairage. Il inventa aussi, paraît-il, une dynamo, mais n’utilisa pas l’invention. En 1853, il conçut l’idée de ce qui fut, sans aucun doute, sa plus grande invention : une trompe de brume à vapeur. Un an plus tard, une commission de l’Assemblée du Nouveau-Brunswick fit un rapport favorable sur son invention. Périodiquement, entre 1854 et 1859, il fit campagne en faveur de l’installation de son appareil sur l’île de Partridge dans le port de Saint-Jean, mais l’Assemblée n’y donna pas suite. En 1859, T. T. Vernon-Smith obtint les devis de Foulis et on lui accorda la permission d’ériger sur l’île une trompe de brume à vapeur, la première à être installée dans le monde. Foulis s’adressa à l’Assemblée, laquelle vota en 1864 une résolution accédant à sa demande d’être reconnu comme inventeur de la trompe de brume à vapeur et du système de télégraphie nécessaire à son fonctionnement. Cependant, cette reconnaissance par le gouvernement n’alla pas plus loin, et on n’accorda pas à Foulis le mérite de l’invention, reconnue plus tard, par les historiens, comme l’une des plus importantes dans l’amélioration des signaux marins.

Cette trompe de brume à vapeur fut par la suite brevetée par un Américain qui entrevit les revenus qu’on pouvait en tirer. Sa naïveté en affaires ou sa préoccupation pour d’autres projets peuvent expliquer pourquoi Foulis négligea de faire breveter une invention si manifestement importante. Il mourut dans la pauvreté à Saint-Jean en 1866. Foulis fut un homme de grand génie mais, malheureusement, le milieu de Saint-Jean ne favorisait pas les travaux technologiques et scientifiques. L’échange d’idées avec d’autres inventeurs et l’aide financière – stimulants nécessaires aux progrès scientifiques – lui firent défaut.

Charles Mackinnon

APC, MG 27, I, D15, Robert Foulis à S. L. Tilley, 5, 17, 23 févr. 1859.— N.B. Museum, Ganong {{ms }}coll., Scrapbooks, 3, In the time of Gesner (article de journal, s.d.).— N.-B., House of Assembly, Journals, 1838, 1854, 1864.— Morning News (Saint-Jean, N.-B.), 29 janv. 1866.— Hutchinson’s New Brunswick directory, for 1865–66 [...], Thomas Hutchinson, compil. (Montréal, [1865]).— J. J. Brown, Ideas in exile : a history of Canadian invention (Toronto et Montréal, 1967).— P. G. Hall, A misplaced genius, New Brunswick Magazine (Saint-Jean), I (1898) : 247–256.

Bibliographie générale

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Charles Mackinnon, « FOULIS, ROBERT », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/foulis_robert_9F.html.

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Auteur de l'article:   Charles Mackinnon
Titre de l'article:   FOULIS, ROBERT
Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   23 novembre 2014