DCB/DBC Mobile beta
+

GAGGIN, JOHN BOLES, fonctionnaire, né probablement en 1830 ou en 1831 dans le comté de Cork (République d’Irlande), décédé le 27 mai 1867 à Wild Horse Creek, district de Kootenay, Colombie-Britannique.

Ancien lieutenant dans le régiment de milice Royal Cork Artillery et membre d’une « très respectable » famille protestante anglo-irlandaise, John Boles Gaggin arriva à Victoria, Île-de-Vancouver, le 10 avril 1859. En juin, on le nommait commissaire de police à Yale, Colombie-Britannique et, le 4 octobre 1859, il devenait magistrat et commissaire de l’or adjoint à Port Douglas, où se terminait au sud la route Harrison-Lillooet conduisant aux mines d’or. Il y remplit également les fonctions de juge de paix, de juge de la Cour de comté, d’adjoint au percepteur des douanes et de sous-commissaire des Terres et des Travaux publics. James Douglas*, le gouverneur, le félicita pour la « diligence digne d’éloges » qu’il mettait à s’assurer que la route était maintenue ouverte, et les habitants de son district se déclarèrent « entièrement satisfaits » de ses décisions en tant que magistrat.

Gaggin était « dans les bonnes grâces de toutes les couches de la société sur le continent », si on en croit sa notice nécrologique ; néanmoins, il semble qu’il ait eu trop grand cœur et se soit montré trop généreux. Sir Henry Pering Pellew Crease* l’admonesta un jour en ces termes : « Essayez de vous tenir à l’écart de la bonne compagnie, père de tous les orphelins que vous êtes ! » Le journal du docteur Walter Butler Cheadle * fait état de la bonté manifestée à l’égard des voyageurs par cet « authentique et jovial Irlandais de Cork », mais il ajoute : « Le Juge » s’est révélé « un buveur phénoménal ». Douglas lui aussi le jugeait « rempli de zèle et de bonnes intentions, mais manquant de jugement » ; d’autres fonctionnaires considéraient qu’on ne pouvait lui faire confiance.

Le 23 novembre 1863, Douglas suspendit Gaggin sous l’accusation d’avoir tripoté les comptes et il délégua un autre magistrat, Philip H. Nind, pour faire enquête. Le 12 décembre, Nind exonéra Gaggin de tout blâme. Le gouverneur ne leva toutefois pas la suspension avant le 3 mars 1864 et, même à ce moment, déclara que « dans l’intérêt public » il transférait Gaggin de Port Douglas à Lillooet où il occuperait des fonctions temporaires. Blessé au vif par cette atteinte à « un nom honorable resté intact depuis des générations », Gaggin en appela au ministère des Colonies le 14 mars 1864, mais les autorités laissèrent au successeur de Douglas, Frederick Seymour, le soin de régler le problème. Malgré « ses fautes en tant que fonctionnaire », Seymour estimait que Gaggin avait été « traité sans tenir assez compte de sa personnalité » et il offrit de le réintégrer dans ses anciennes fonctions. Mais Gaggin, invoquant des raisons de santé, demandait maintenant de demeurer à Quesnelle Mouth (Quesnel) où Seymour l’avait affecté le 14 juin. Les livres de comptes à cet endroit ne tardèrent pas à être « dans la plus grande confusion », et Gaggin fut ramené à Port Douglas où les charges étaient devenues beaucoup moins lourdes depuis que la nouvelle route traversant le canon du Fraser avait supplanté l’ancienne route reliant Harrison à Lillooet.

En janvier 1866, on abolit le poste de magistrat de Port Douglas. Après certaines hésitations de la part du ministre des Colonies suppléant, on nomma Gaggin magistrat à Kootenay, mais on le plaça sous la surveillance de Peter O’Reilly qui était en charge de l’ensemble du district de Columbia et Kootenay. Le 8 juin 1866, Gaggin arriva à Wild Horse Creek où il trouva « de la pêche et de la chasse de première classe » et peu de fonctions officielles. O’Reilly déclara privément qu’il « trouvait Gaggin remarquablement bien et toujours aussi généreux [et qu’il avait] totalement abandonné l’alcool sauf la bière blonde ».

En novembre 1866, les colonies de la Colombie-Britannique et de l’Île-de-Vancouver furent réunies et les inévitables coupures dans la liste civile entraînèrent le congédiement de Gaggin. Malade depuis quelque temps, il mourut à Wild Horse Creek le 27 mai 1867 des suites, à ce qu’il semble, du choc ressenti lorsqu’il apprit que le constable du district de Kootenay venait d’être assassiné le jour même. Ces deux hommes reposent côte à côte dans le cimetière de Wild Horse Creek.

Dorothy Blakey Smith

PABC, Henry Maynard Ball, Journal, 1865 ; B.C., Colonial Secretary, Correspondence outward, 1859–1867 ; A. T. Bushby, diary, 1874 ; Colonial correspondence, W. G. Cox correspondence ; J. B. Gaggin correspondence ; P. H. Nind correspondence ; Peter O’Reilly correspondence ; Crease coll., Henry Pering Pellew Crease, Correspondence inward, 1862–1863 ; Private miscellaneous letters, 1864–1865 ; O’Reilly coll., Peter O’Reilly diaries, 1859–1867.

On trouve également aux PABC, les brevets de J. B. Gaggin : celui d’enseigne du City of Cork Regiment of Militia of Artillery, 20 janv. 1855, et celui de lieutenant du Royal City of Cork Regiment of Militia of Artillery, 1er août 1855 ; et les lettres testimoniales signées par l’évêque de Killaloe et d’Irlande, 1er janv. 1859, par lord Bandon, 15 nov. 1858 et par le lieutenant-colonel A. J. Wood, 2 déc. 1858.

PRO, CO 60/17, James Douglas, Confidential report upon the character and qualifications of the principal officers of this government (est contenu dans la lettre de Douglas au duc de Newcastle, 18 févr. 1863) ; CO 60/17–18, dispatch no 18, James Douglas to Duke of Newcastle, 8 avril 1864 ; CO 60/19, dispatch no 33, Frederick Seymour to Edward Cardwell, 5 sept. 1864 (mfm aux PABC).— C.-B., Blue book, 1859–1867.— W. B. Cheadle, Cheadle’s journal of trip across Canada, 1862–1863, A. G. Doughty et Gustave Lanctot, édit. (Ottawa, 1931 ; réimpr., Edmonton, 1971).— Daily British Colonist and Victoria Chronicle, 12 avril 1859, 3, 15 août 1860, 15 avril, 4 juill. 1867.— Cranbrook Courier (Cranbrook, C.-B.), 4 déc. 1952.— Hart’s army list, 1856.— M. A. Ormsby, Some Irish figures in colonial days, BCHQ, XIV (1950) : 63.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Dorothy Blakey Smith, « GAGGIN, JOHN BOLES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gaggin_john_boles_9F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/gaggin_john_boles_9F.html
Auteur de l'article:   Dorothy Blakey Smith
Titre de l'article:   GAGGIN, JOHN BOLES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   31 octobre 2014