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GLAZEBROOK, ARTHUR JAMES, banquier, courtier en valeurs mobilières, enseignant et impérialiste, né le 2 août 1861 à Kensington (Londres), benjamin des cinq enfants de Michael George Glazebrook et de Margaret Elizabeth Tapson ; le 7 novembre 1889, il épousa à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, Lucy Jane Maclauchlan (décédée en 1961), et ils eurent un fils et deux filles ; décédé le 28 novembre 1940 à Toronto.
Arthur James Glazebrook, dont les ancêtres paternels provenaient du Lancashire, en Angleterre, naquit à Kensington. Son père faisait le commerce du vin à Hampstead (Londres). Arthur James était le cadet de trois garçons ; l’aîné, Michael George, deviendrait directeur du Clifton College de Bristol et chanoine de la cathédrale Ely, et Hugh de Twenebrokes s’illustrerait à titre de portraitiste. En 1875, Arthur James fréquentait le Haileybury College près de Hertford, mais il dut interrompre ses études quand sa famille émigra au Canada à cause d’un échec financier du père. Les Glazebrook s’établirent en Ontario, d’abord dans une ferme non loin de Cooksville (Mississauga), puis dans les environs de Thorold. En 1881, ils vivaient de nouveau en Angleterre, où Arthur James trouva rapidement du travail à la London and County Bank. Seul membre de sa famille à désirer se fixer au Canada, il obtint un emploi à la Bank of British North America en 1883. Après une courte affectation à New York, il passerait le reste de son existence dans le dominion, où, selon sa notice nécrologique parue dans le journal Round Table, il demeura très anglais, sans jamais acquérir le moindre accent canadien.
Glazebrook travailla pendant 17 ans pour la Bank of British North America, successivement dans les villes de Saint-Jean, Halifax, Montréal, Toronto et London. À Saint-Jean, il rencontra et épousa Lucy Jane Maclauchlan, native d’Edmunston. En 1900, alors qu’il se trouvait à London, Glazebrook souffrit d’une dystonie focale de la main et se vit contraint de quitter prématurément ses fonctions à la banque. La même année, il fonda une maison de courtage en bourse à Toronto, puis, en 1907, il s’associa à Benjamin Hudson Cronyn. Glazebrook avait une ligne privée avec des courtiers de New York et fournissait aux banques de Toronto des renseignements continus sur les taux de change, auxquels elles n’avaient pas accès autrement. Il publiait aussi régulièrement des informations boursières dans des journaux de Toronto. Ayant gagné la confiance de directeurs de banque, il effectuait de plus des transactions monétaires. Glazebrook offrait un service unique et essentiel au marché financier de Toronto ; sa diligence, sa fiabilité et sa franchise lui valurent une réputation bien méritée de partenaire précieux dans les transactions financières et l’échange de devises.
Partisan enthousiaste de l’Empire britannique, Glazebrook joua un rôle prépondérant dans la promotion des idéaux de la coopération impériale au cours des années qui précédèrent la Première Guerre mondiale. Il correspondait régulièrement avec l’homme d’État britannique lord Milner, ami intime de son frère aîné Michael George. Lorsque Milner visita le Canada en 1908, Glazebrook participa à la planification de son itinéraire et organisa l’envoi de lettres d’introduction à des directeurs de la Banque canadienne de commerce. Dans une lettre qu’il écrivit au publiciste britannique Richard Jebb, il décrivit la tournée comme « un franc succès ». Il forma bientôt un club à Toronto pour discuter des affaires canadiennes et impériales.
Après la fondation du mouvement Round Table, en 1909, Glazebrook devint l’un de ses principaux promoteurs au Canada. Le club de Toronto, auquel appartenaient l’historien Edward Joseph Kylie* et le journaliste John Stephen Willison*, se lia au mouvement à la suite d’un séjour de l’auteur britannique Lionel George Curtis dans le dominion en 1911. En outre, Glazebrook collaborait fréquemment au périodique Round Table en rédigeant des articles anonymes sur le Canada et la finance. À l’instar de nombreux membres canadiens du mouvement, il reconnaissait la montée du nationalisme au pays, qu’il jugeait compatible avec la coopération impériale. Il s’opposait néanmoins à l’établissement, à Londres, d’un parlement impérial composé de représentants de tous les éléments constitutifs de l’Empire, idée qui ralliait Curtis et les partisans de l’Imperial Federation League (tel George Taylor Denison*), mais Glazebrook croyait qu’une institution dotée d’une structure rigide, hautement centralisée, serait impraticable et étoufferait les opinions des dominions.
Durant la Première Guerre mondiale, Glazebrook demeura actif dans les cercles impérialistes et siégea à un comité citoyen, présidé par sir Byron Edmund Walker*, qui réclama en 1917 une conférence impériale sur l’organisation de l’Empire. Dans un article publié la même année dans The new era in Canada – recueil d’essais révisés auquel collaborèrent notamment John Wesley Dafoe*, Stephen Butler Leacock* et Willison –, Glazebrook critiqua l’Empire : « C’est en fait une combinaison extraordinaire d’une centralisation extrême et d’un manque de coordination presque anarchique. L’autorité sur la politique étrangère de l’Empire […] repose pour ainsi dire dans les mains de deux personnes, soit le premier ministre et le secrétaire des Affaires étrangères du cabinet britannique. » Glazebrook n’émit aucune recommandation précise pour remédier à cette concentration indésirable du pouvoir ; il insista cependant sur l’importance d’apporter des changements graduels plutôt que de créer subitement de nouvelles structures de gouvernance impériale. Ses espoirs s’évanouirent rapidement : trois semaines après l’armistice, il conclut dans une lettre à lord Milner que le conflit avait « non pas augmenté, mais réduit la possibilité de tout projet d’union naturelle pour l’Empire britannique ».
Après la guerre, le mouvement Round Table déclina au Canada. Glazebrook se concentra alors sur l’éducation, domaine qui l’intéressait grandement. Il croyait que, pour une réorganisation réussie de l’Empire, la population générale devait absolument acquérir une meilleure compréhension des affaires étrangères. En 1918, il fonda, avec le directeur de collège William Lawson Grant, la Workers’ Educational Association. L’organisme de la région de Toronto offrait des formations aux adultes de la classe ouvrière sur des sujets comme l’économie, la politique et l’histoire. Glazebrook, qui y enseignait la finance, demanda des fonds au gouvernement ontarien pour soutenir l’association. Il espérait que cette dernière, forte de ses liens avec d’autres organisations du même nom en Grande-Bretagne et en Australie, proposerait des cours à connotation impérialiste. En 1919, il établit la Bankers’ Educational Association, qui donnait des exposés destinés aux employés de banque. Enfin, en 1925, la University of Toronto nomma Glazebrook chargé de cours spécialisé dans les domaines bancaire et financier au sein du département d’économie politique. Les étudiants appréciaient ses cours. Il aimait présenter ses collègues universitaires à ses nombreuses relations du monde de la finance.
À l’approche des années 1920, la demande pour les services de courtage de Glazebrook commença à diminuer, car les banques torontoises avaient acquis leurs propres lignes directes avec New York. Il liquida son entreprise en 1934, deux ans après la mort de son associé. Glazebrook demeura toutefois bien en vue dans les cercles financiers et ses pairs sollicitaient souvent son opinion sur les affaires contemporaines. Il déclara en 1925 que les banques canadiennes étaient fortes et qu’il ne voyait pas la nécessité de créer une banque centrale. En 1933, il témoigna devant la commission royale d’enquête sur la banque et la monnaie ; il suggéra à cette occasion une approche traditionnelle pour lutter contre la grande dépression en affirmant que le Canada devait revenir à l’étalon de change-or. Il exprima cependant son appui aux propositions du New Deal du premier ministre Richard Bedford Bennett* en 1935.
En 1934, Arthur James Glazebrook subit un accident grave à Londres. Il s’en trouva presque complètement paralysé et fut contraint, en 1937, de quitter ses fonctions de chargé de cours à l’université. Il passa ses dernières années dans sa maison de Toronto, où il mourut en 1940. Le Globe and Mail le décrivit comme « un homme doté d’un charme singulier et d’un immense talent pour la conversation », qui avait « exercé une influence positive remarquable sur un large cercle de jeunes hommes qui l’adoraient et voyaient en lui un modèle de civisme intelligent ». Le Times affirma que Glazebrook laissait « le souvenir durable d’un personnage singulièrement gentil et doué ». L’une de ses deux filles, Marjorie French, épousa Ralph Wilfred Hodder-Williams, de la maison d’édition britannique Hodder and Stoughton. Son fils, George Parkin de Twenebrokes, devint professeur à la University of Toronto et publia maints ouvrages sur l’histoire du Canada.
Arthur James Glazebrook a écrit : « Our future in the empire : central authority », dans The new era in Canada : essays dealing with the upbuilding of the Canadian commonwealth, J. O. Miller, édit. (Londres et Toronto, 1917), 263–275 ; et « The economic development of Canada, 1867–1921 : (I) Finance and banking », dans The Cambridge history of the British empire, J. H. Rose et al., édit. (8 vol. en 9, New York et Cambridge, Angleterre, 1929–1959), 6 : 625–641. Le fonds Arthur James Glazebrook, conservé à BAC (R1613-0-5), contient de la correspondance avec Lord Grey et Lord Milner, et des notes sur les finances internationales ; les Lord Milner papers, déposés à la Bodleian Library, Univ. of Oxford, Angleterre (GB 161 MSS. Milner dep. 1–698, MS. Milner dep. adds. 1), comprennent des lettres entre Milner et des membres de la famille Glazebrook.
Globe, 16 août 1901, 14 nov. 1919, 5 mars 1920, 29 oct. 1923, 1er juill. 1925, 18 avril 1932.— Globe and Mail, 29 nov. 1940, 29 déc. 1961.— Times (Londres), 30 nov. 1940.— Toronto Daily Star, 10 févr. 1917 ; 5 mars, 14 déc. 1920 ; 4 nov. 1922 ; 26 janv. 1925 ; 8 sept. 1933 ; 7 janv. 1935.— Armorial families : a directory of gentlemen of coat-armour, A. C. Fox-Davies, compil. (5e éd., Édimbourg, 1905).— « Arthur James Glazebrook », Round Table (Londres), 31 (1940–1941) : 340–347.— « Glazebrook, Michael George », ODNB.— H. A. I., « Obituary : Arthur James Glazebrook », Rev. canadienne d’économique et de science politique (Toronto), 7 (1941) : 92–94.— Haileybury register, 1862–1891, L. S. Milford, édit. (2e éd., Hertford, Angleterre, 1891).— J. E. Kendle, The Round Table movement and imperial union (Toronto et Buffalo, N.Y., 1975).— Ian Radforth et Joan Sangster, « “A link between labour and learning” : the Workers Educational Association in Ontario, 1917–1951 », le Travailleur (St John’s), 8/9 (1981–1982) : 41–78.— J. L. Thompson, A wider patriotism : Alfred Milner and the British empire (Londres et New York, 2007).
Wesley Ferris, « GLAZEBROOK, ARTHUR JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 27 janv. 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/glazebrook_arthur_james_16F.html.
| Permalien: | https://www.biographi.ca/fr/bio/glazebrook_arthur_james_16F.html |
| Auteur de l'article: | Wesley Ferris |
| Titre de l'article: | GLAZEBROOK, ARTHUR JAMES |
| Titre de la publication: | Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16 |
| Éditeur: | Université Laval/University of Toronto |
| Année de la publication: | 2026 |
| Année de la révision: | 2026 |
| Date de consultation: | 27 janv. 2026 |