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GROLLIER, PIERRE-HENRI, prêtre, oblat de Marie-Immaculée, missionnaire, né à Montpellier, Hérault, France, le 30 mars 1826, fils de Jean-Jacques Grollier, boulanger, et de Thérèse-Catherine-Rose Giniès, décédé au fort Good Hope (Fort Good Hope, Territoires du Nord-Ouest), le 4 juin 1864.

À la suite d’une conférence du père Jean-Claude-Léonard Baveux, Pierre Grollier, étudiant au grand séminaire de Montpellier, décida, en octobre 1847, d’entrer au noviciat des oblats à Notre-Dame de l’Osier (Isère). Il fit profession le 15 octobre 1848. Il termina ses études à Marseille et fut ordonné prêtre, le 29 juin 1851, par Mgr Charles-Joseph-Eugène de Mazenod, évêque de Marseille et fondateur des oblats.

Grollier travailla au sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille (1851–1852) avant de s’embarquer pour l’Amérique au printemps de 1852. Destiné aux missions indiennes du Nord-Ouest, il arriva à Saint-Boniface le 27 juin. Il en repartit le 8 juillet pour la mission du lac Athabasca au fort Chipewyan où il résida de 1852 à 1856 et en 1857 et 1858. Il fonda, en 1853, une mission au poste de Fond-du-Lac, nouvellement rétabli par la Hudson’s Bay Company sur le lac Athabasca chez les Mangeurs-de-Caribou. Il fit des séjours assez prolongés chez ces Indiens de 1853 à 1856 et en 1858. Appelé à la mission de l’Île-à-la-Crosse (Saskatchewan) en 1856, Grollier y demeura une année, se dépensant auprès des Montagnais. En 1858 et 1859 il séjourna au fort Resolution.

Aguerri et aiguillonné dans son zèle par l’arrivée d’un missionnaire anglican dans le Nord en 1858, Grollier se lança dans de grandes excursions apostoliques qui le conduisirent au-delà du cercle arctique. Il fonda et visita des missions au fort Simpson (1858–1860), au fort Providence (1858–1859), au fort Rae (1859) et au fort Norman (1859–1860). Le missionnaire fut ensuite chargé de la fondation et de la direction de la mission du fort Good Hope (1859), où il passa les dernières années de sa vie tout en visitant les nombreuses missions qu’il avait nouvellement fondées. En 1860, Grollier se rendit au fort McPherson sur la rivière Plumée (Peel), où il rencontra pour la première fois des Loucheux. Il visita aussi des Esquimaux et, le 14 septembre, réunit les deux groupes et leur fit promettre de vivre en paix.

Gravement atteint d’asthme en 1861, Grollier n’entreprit que difficilement les rudes voyages requis par son ministère. Ses supérieurs lui donnèrent alors des compagnons et lui offrirent de se rendre dans un poste où il aurait moins à souffrir, mais le missionnaire refusa de quitter ses néophytes. Il allégua qu’il ne deviendrait pas une charge pour la mission car, disait-il, « les missionnaires ne font pas de longues maladies ». La pauvreté des missions d’alors et le manque de confort l’obligèrent à de grandes privations. Au fort Good Hope, le père Grollier habitait une maison de 22 pieds sur 18 qui lui servait à la fois d’église, de parloir, de salle à manger, de cuisine et de dortoir.

Les agents de la Hudson’s Bay Company ne voyaient pas les catholiques d’un trop bon œil dans la région du fleuve Mackenzie, mais ils se montraient généralement courtois et hospitaliers. Toutefois, Grollier, homme de grande énergie, très sévère pour lui-même et peu porté à la modération dans son zèle, fut mal accueilli par certains agents de la compagnie à la rivière Plumée en septembre 1860 : on lui refusa le gîte et le couvert. Aux yeux de Grollier, les missionnaires anglicans étaient l’ennemi dont on devait préserver les Indiens, païens ou catholiques. Il faut cependant reconnaître que les anglicans, dans le contexte religieux du siècle dernier, ne le considéraient avec guère plus de sympathie.

Premier missionnaire catholique à avoir rencontré les Esquimaux du Nord-Ouest, Grollier eut la joie d’apprendre, en 1862, qu’on venait de donner suite à ses revendications en créant le vicariat apostolique d’Athabasca dont Mgr Henri Faraud* devenait le titulaire. Deux ans plus tard, il fut inhumé, selon son désir, dans le cimetière de la mission du fort Good Hope entre deux Indiens.

Gaston Carrière

Archives de l’archevêché de Saint-Boniface (Man.), Correspondance de l’archevêché (mfm aux AHO) ; Alexandre Taché, Notes sur l’établissement de la mission d’Athabaska (mfm aux AHO).— Archives départementales, Hérault (Montpellier), État civil, Montpellier, 30 mars 1826.— Archives générales O.M.I. (Rome), Dossier Pierre-Henri Grollier (mfm aux AHO) ; Histoire de la mission de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs établie au fond du lac Athabasca (mfm aux AHO).— Archives provinciales O.M.I. (Edmonton), Dossier Grollier (mfm aux AHO).— Notices nécrologiques des O.M.I., I : 169–176.— P.-J.-B. Duchaussois, Aux glaces polaires ; Indiens et Esquimaux (Lyon, France, [1921]), 384–395.— Hermann Klingler, Conquérants sans terre, l’aventure des missionnaires, Pierre Chambard, trad. (Tours, 1956), 189–203.— Morice, Hist. de l’Église catholique, II : 29, 50, 55, 66, 98, 103, 116, 118, 156, 172, 179, 184 ; III : 258.— Gaston Carrière, Fondation et développement des missions catholiques dans la Terre de Rupert et les Territoires du Nord-Ouest (1845–1861), Revue de l’université d’Ottawa, XLI (1971) : 397–427 ; Glorieux centenaire d’un grand missionnaire, le père Henri Grollier, o.m.i., La Bannière de Marie-Immaculée (Ottawa), LXXII (1964) : 40–44.

Bibliographie générale

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Gaston Carrière, « GROLLIER, PIERRE-HENRI », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/grollier_pierre_henri_9F.html.

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Auteur de l'article:   Gaston Carrière
Titre de l'article:   GROLLIER, PIERRE-HENRI
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   23 octobre 2014