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HUESTIS, GEORGE OXLEY, ministre méthodiste et auteur, né le 6 août 1821 à Wallace, Nouvelle-Écosse, fils de James Huestis et d’une prénommée Melinda ; le 3 juin 1851, il épousa à Halifax Margaret Annie Williams, fille de Richard Williams, de Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, et ils eurent deux filles et quatre fils ; décédé le 5 septembre 1905 à Lunenburg, Nouvelle-Écosse.

George Oxley Huestis était le seul garçon d’une famille de neuf enfants. Ses parents, descendants de loyalistes, avaient un banc à l’église méthodiste de Wallace ; c’est dans ce temple qu’il fut baptisé quand il était bébé. En juin 1837, il connut, disait-il, sa « seconde naissance, spirituelle celle-là ». Dès lors, le méthodisme fut le moteur de son existence. À compter de 1846, il desservit la circonscription ecclésiastique de Shelburne et il fut ordonné ministre le 10 février 1851.

Au fil de ses 43 années de ministère, Huestis eut la charge de 18 circonscriptions ecclésiastiques. La plupart se trouvaient en Nouvelle-Écosse, mais il passa aussi six ans à l’Île-du-Prince-Édouard et quatre au Nouveau-Brunswick. Il affirmait avoir parcouru tous les comtés de la Nouvelle-Écosse et prêché dans chacun d’eux. Toutefois, en dépit de ses demandes réitérées, on ne lui confia jamais de circonscription ecclésiastique dans son comté natal, Cumberland. Lorsqu’il prit sa retraite, à l’âge de 68 ans, son nom s’ajouta à ceux des rares ministres méthodistes de la Nouvelle-Écosse qui touchaient encore une pension de la Wesleyan Methodist Missionary Society de Grande-Bretagne. Même une fois retraité, il resta actif : souvent, pendant plusieurs semaines d’affilée, il prononçait deux sermons par jour.

Tout au long de son ministère, Huestis assuma des responsabilités dans l’appareil de l’Église. Il fut président de plusieurs districts de la Conférence méthodiste wesleyenne de l’Amérique britannique orientale, dont celui de Fredericton en 1864 et celui de l’Île-du-Prince-Édouard en 1873 ; il occupa aussi le poste de secrétaire financier du district de Saint-Jean en 1865 et en 1866. Président du district de Truro de l’Église méthodiste du Canada en 1877 et 1878, il fut surintendant du district de Liverpool en 1884, 1887 et 1888. Il avait été élu président de la Conférence de Nouvelle-Écosse en 1884. Il fit aussi partie de plusieurs comités, dont celui des biens ecclésiastiques et de l’instruction.

Huestis écrivit quatre ouvrages historiques sur le méthodisme. En composant le premier, Memorials of Wesleyan missionaries & ministers [...], paru à Halifax en 1872, il espérait susciter la rédaction d’une « histoire complète » du méthodisme dans les Maritimes. L’ignorance généralisée qui, selon lui, entourait l’histoire de l’ensemble du méthodisme, le poussa à écrire le deuxième, A manual of Methodism : being outlines of its history, doctrines, and discipline, qui parut à Toronto en 1885. Dans sa quatre-vingt-deuxième année, il produisit The beginnings of Methodism throughout the world [...] ; l’ouvrage, publié à Toronto en 1903, visait à « ranimer la flamme régénératrice qui couv[ait] sous les charbons attiédis du courant du renouveau ». En 1902, il avait publié à Windsor, en Nouvelle-Écosse, un hommage à son comté natal : Historical items and personal reminiscences of Methodism in Cumberland County, Nova Scotia.

Méthodiste convaincu, Huestis n’en respectait pas moins les presbytériens et les baptistes : « Il y a et il y a eu, disait-il, tout autant de bons chrétiens parmi ceux qui ont une position erronée sur l’arminianisme que parmi ceux qui ont la position juste. » L’évangélisme des baptistes lui inspirait une admiration particulière. La présence du prédicateur baptiste de Lunenburg à ses funérailles vint rappeler qu’il avait fait preuve d’ouverture à l’égard des autres confessions.

Ce populaire ministre méthodiste était, d’après un contemporain, un « orateur puissant et disert ». En outre, il ne se lassait jamais d’étudier la Bible : dès l’âge de 12 ans, il l’avait lue en entier et, par la suite, il fit de même chaque année. Il adorait chanter ; la conférence générale réunie à Montréal en 1878 ne fut que l’une des nombreuses assemblées de ministres où il dirigea les voix. D’ailleurs, selon son propre dire, la Bible et le vieux recueil d’hymnes méthodistes étaient deux des grandes sources auxquelles s’abreuvait sa foi.

Comme Huestis était prédicateur itinérant, il ne devait pas passer beaucoup de temps en famille, quoiqu’il ait écrit dans un poème : « Le vrai ministre » est « Époux et père loyal, aimant, / Dévoué à sa chère femme / Et attentif à ses enfants. » Sans doute l’élément rassembleur de la maisonnée était-il sa femme, dont on a dit qu’elle était « modeste, calme, réservée » et qu’elle faisait « honneur à sa position de mère et de reine du foyer ».

Avec sa « figure radieuse » et ses « manières affables », Huestis était, disaient ses contemporains, un rayon de « soleil en hiver ». Même si les règles de John Wesley, qu’il reprit dans un de ses livres, commandaient d’être sérieux et d’éviter toute « légèreté, [tout] badinage et [toute] parole étourdie », Huestis disait que, idéalement, un ministre était « Non pas empesé, austère et triste / Mais accueillant, sociable et gai. »

Tout en exerçant son ministère, Huestis fut commissaire d’écoles au Cap-Breton en 1860 et à Lunenburg en 1868. En outre, il se dévoua beaucoup pour la cause de la tempérance. Deux ans avant sa mort, il affirma n’avoir pas pris de boissons alcooliques depuis sa neuvième année. Membre des Fils de la tempérance dès 1848, il fut le premier à avoir la dignité de grand worthy patriarch dans chacune des quatre grandes divisions des Maritimes. Il fut aussi grand aumônier de la grande division de la Nouvelle-Écosse et, quand la division nationale se réunit à Philadelphie en 1876, on l’élut most worthy chaplain. Il prononça des conférences et des sermons sur la tempérance pendant un demi-siècle et consacra à cette question une foule d’articles et de poèmes.

George Oxley Huestis fut d’abord et avant tout un pionnier du méthodisme et un tenant de la lutte antialcoolique. Des contemporains le rangeaient parmi les ecclésiastiques les plus réputés en Nouvelle-Écosse – toutes confessions confondues – et parmi les promoteurs les plus actifs et les plus assidus de la tempérance. L’ambition de toute sa vie, notait une nécrologie, avait été de préparer l’avènement du règne du Christ sur terre.

Bonnie Huskins

AN, RG 31, C1, 1861, Cape Breton, polling dist. 1, abstract no. 8 ; 1871, Canning, div. 1.— PANS, MG 4, 156 ; MG 9, 43 : 230 ; RG 3, 1, no 84 ; 2, no 299 ; 2a.— Forward (Halifax), 7 sept. 1905.— Hants Journal (Windsor, N.-É.), 13 sept. 1905.— Novascotian, 9 juin 1851.— Wesleyan (Halifax), 13–27 sept. 1905.— J. G. Angwin, Methodism in Cape Breton, 1789–1914 ; a retrospect [...] (Sydney Mines, N.-E., 1914).— Canadian annual rev. (Hopkins), 1905.— « Cemetery inscriptions for Lunenburg – Queens – Shelburne counties » (texte dactylographié, 3 vol., Bridgewater, N.-É., 1981–1985 ; exemplaire aux PANS, Library), 1.— Cornish, Cyclopædia of Methodism.— J. A. Curtis Jowsey, « Cumberland County families ; she lived in three centuries » (texte dactylographié, Truro, N.-É., 1988 ; exemplaire aux PANS, Library).— F. A. Doane, « Methodism in Truro » (texte dactylographié, Truro, 1922 ; exemplaire aux PANS, Library, Vert. file, 255, no 14).— Église méthodiste (Canada, Terre-Neuve, Bermudes), Nova Scotia Conference, Minutes ([Halifax]), 1884–1890.— Église méthodiste du Canada, Nova Scotia Conference, Minutes (Halifax), 1877–1879, 1883.— Fils de la tempérance, Grand Div. of Nova Scotia, Centennial book, 1847–1947 (s.l., [1947]) ; Journal of the proc. (Halifax), 1868–1869, 1871 ; Section canadienne de l’Amérique du Nord, Journal of the proceedings, 1876–1881 (Toronto, 1881), délib. pour 1876–1878.— D. W. Johnson, History of Methodism in Eastern British America [...] ([Sackville, N.-B.], s.d.).— T. W. Smith, History of the Methodist Church within the territories embraced in the late confederence of Eastern British America [...] (2 vol., Halifax, 1877–1890).— Robert Wilson, Methodism in the Maritime provinces (Halifax, 1893).

Bibliographie générale

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Bonnie Huskins, « HUESTIS, GEORGE OXLEY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/huestis_george_oxley_13F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   18 septembre 2014