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JOHN (Gohn), NOEL, chef micmac qui vécut au Nouveau-Brunswick ; circa 1821–1841.

Le 1er novembre 1810, le gouvernement du Nouveau-Brunswick autorisait la constitution d’une réserve indienne à Bouctouche (Buctouche) ; d’une superficie de 3 500 acres, elle se trouvait sur le côté nord de la rivière Bouctouche. Les Indiens de cet endroit étaient très liés à ceux de la rivière Richibouctou (rivière Richibucto) et tous se réunissaient le 26 juillet de chaque année dans l’île Richibouctou (île Indian) pour célébrer la fête de sainte Anne.

Les autorités divisèrent certaines parties de la réserve en lots de 100 acres, prêtés pour un nombre déterminé d’années à des membres du groupe. En 1821, Noel John fut l’un de ceux-là. L’homme avait une certaine instruction, puisque le 20 juillet de la même année il écrivit lui-même au secrétaire de la province, William Franklin Odell, que « certains des Français » tentaient de prendre possession de l’île Cocagne, seul endroit où sa bande pouvait récolter du foin. Obliger les Indiens à abandonner l’île, expliquait-il, ce serait les forcer à renoncer à l’agriculture. De toute évidence, son intervention eut quelque effet car les Indiens purent continuer à se servir d’une partie de l’île.

John ne répugnait toutefois pas à céder un peu de territoire. Ainsi, en 1832, il vendit au bord de la rivière un terrain pour la construction d’un moulin et confirma la transaction dans un document qu’il signa en qualité de chef et où il fit des X pour 14 membres de sa bande. Cependant, quand une parcelle se vendit pour la forte somme de 10s l’acre, en 1837, puis une autre pour 3s l’acre en 1839, le produit de ces ventes s’ajouta aux revenus imprévus de la province au lieu de revenir aux Indiens.

Le commissaire des Affaires indiennes du Nouveau-Brunswick, Moses Henry Perley*, qui entreprit en 1841 une vaste étude sur la situation des Indiens de la province, éprouvait beaucoup de considération pour John. Le chef micmac était, selon Perley, « bien au fait des affaires indiennes [et] très intelligent » ; il avait « beaucoup d’influence sur les Indiens » de la région de Bouctouche et de Richibouctou et méritait la médaille qu’on lui avait promise. Les médailles de ce genre avaient une importance considérable, car elles constituaient des symboles de l’approbation des autorités et des insignes de rang, transmis de chef en chef. Perley en remit une à John en octobre 1841, avec le cérémonial d’usage.

Perley demanda à John de l’accompagner, en qualité d’interprète, pour la deuxième étape de son enquête, qui le mènerait dans le nord du Nouveau-Brunswick. John, écrivait-il, possédait « une connaissance parfaite des dialectes de la côte ». On présume qu’après une telle preuve d’estime officielle, John accepta l’invitation.

Le chef Noel John était le seul membre de la bande de Bouctouche à vivre dans une maison, et il possédait également quelques biens. Les autres habitaient des wigwams dans la réserve. Selon Perley, c’était l’un des établissements les plus satisfaisants. Sa population se chiffrait à 93 habitants, dont 51 enfants, ce qui représentait une proportion appréciable et peu commune. Les Indiens vivaient en grande partie de la pêche et de la chasse au gibier ailé, mais ils avaient aussi défriché une centaine d’acres de terre ; ils cultivaient un peu de blé et, en 1840, ils avaient récolté 660 barils de pommes de terre. On comptait cinq squatters blancs sur le territoire de la réserve, qui continua de décroître puisqu’on vendit encore des terres. Au moment de la Confédération, sa superficie dépassait à peine 2 700 acres.

L. F. S. Upton

APC, RG 10, CII, 469, Harvey à Thomson, 16 juin 1840.— APNB, RG 2, RS7, 26 : 68 ; RS8, Indians, 1/1, John Noel à W. F. Odell, 20 juill. 1821.— Musée du N.-B., W, F. Ganong papers, box 38, item 3, Sydenham à sir John Harvey, 10 déc. 1840 ; items 17–18, M. H. Perley à Alfred Reade, 9–10 août 1841.— PRO, CO 188/106 : 206–233.— UNBL, MG H54, Peter and Albert Smith, pétition adressée à sir Archibald Campbell, 10 avril 1832 ; Noel John, certificate, 14 août 1832.— N.-B., House of Assembly, Journal, 1838 : 188 ; 1842, app. : civ-cv, cxxvii-cxxviii.— Source materials relating to N.B. Indian (Hamilton et Spray).— Upton, Micmacs and colonists.

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L. F. S. Upton, « JOHN, NOEL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/john_noel_7F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   18 septembre 2014