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JUCHEREAU DUCHESNAY, HENRI-JULES, avocat, magistrat et homme politique, né à Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce (Sainte-Marie, Québec) le 6 juillet 1845, fils d’Elzéar-Henri Juchereau* Duchesnay, avocat et homme politique, et d’Élisabeth-Suzanne Taschereau, fille de l’honorable Jean-Thomas Taschereau*, décédé dans son village natal, le 6 juillet 1887.

L’ancêtre d’Henri-Jules Juchereau Duchesnay, Jean Juchereau* de Maur, arrivé en Nouvelle-France en 1634 avec sa femme et ses quatre enfants, fut le premier seigneur de Saint-Augustin. Au cours des deux siècles suivants, la famille Juchereau s’est apparentée à toute la noblesse de la région de Québec.

Juchereau Duchesnay fit ses études classiques au petit séminaire de Québec et son cours de droit à l’université Laval et au McGill College, à Montréal. Admis au barreau le 14 septembre 1866, il exerça sa profession à Québec pendant quelques mois avec Honoré-Cyrias Pelletier, puis alla s’établir dans sa paroisse natale. Nommé lieutenant-colonel de milice le 19 mai 1871 et magistrat « stipendiaire » du comté de Beauce le 3 janvier 1874, Juchereau Duchesnay accepta en 1875 le poste d’inspecteur des mines de la région de la Beauce. Le bassin de la rivière Chaudière, qui couvre 1 500 milles carrés, était considéré comme une région aurifère. C’est sur un de ses affluents, la rivière Gilbert, que l’exploitation fut poussée à son maximum. Juchereau Duchesnay, en octobre 1882, releva le nom de 16 compagnies minières qui prospectaient sur cette seule rivière, et Joseph Obalski*, ingénieur des mines pour le gouvernement provincial, nota dans son rapport, en 1898, qu’on y trouvait de l’or en « quantité commerciale ».

Juchereau Duchesnay s’occupa d’agriculture en coopérant à l’ouverture, en 1882, d’une beurrerie-école, la deuxième, après celle de Saint-Denis-de-la-Bouteillerie, à être fondée au Québec. Président et directeur-gérant de la Société de fabrication de beurre et de fromage de la paroisse Sainte-Marie, il importa du Danemark deux séparateurs centrifuges, les premiers à être installés au Canada, voire en Amérique du Nord. Ils donnèrent des résultats inespérés. Malheureusement, les cultivateurs méfiants ne fournirent pas le quota quotidien de lait requis. Les actionnaires, voyant que la société fonctionnait à perte malgré l’allocation annuelle de $1 000 du gouvernement provincial, se retirèrent en juillet 1883, laissant Juchereau Duchesnay exploiter seul l’entreprise, ce qu’il fit jusqu’à « l’épuisement de ses ressources pécuniaires ». En 1889, la beurrerie fut réorganisée en coopérative.

Juchereau Duchesnay s’intéressa aussi à la politique. En 1885, selon l’Électeur (Québec), il fut l’un des orateurs qui « stigmatisèrent en termes énergiques la lâche et criminelle complaisance des ministres fédéraux » votant la mort de Louis Riel. À une réunion de la Société Saint-Jean-Baptiste, il fit adopter une motion qui prévoyait « que le drapeau de la Société [fût] bordé de noir durant la célébration de la fête nationale du 24 juin ». En 1887, il se présenta dans le comté de Dorchester comme candidat conservateur national en se dissociant de son chef, sir John Alexander Macdonald*, à propos de l’affaire Louis Riel et, le 22 février, il défit le docteur Charles-Alexandre Lesage, conservateur, élu en 1882. Juchereau Duchesnay ne fut député que quelques mois puisqu’il mourut le 6 juillet 1887 de la fièvre typhoïde. C’est son beau-frère, Honoré-Julien-Jean-Baptiste Chouinard*, qui fut élu pour le remplacer à l’élection partielle du 8 janvier 1888.

Henri-Jules Juchereau Duchesnay avait épousé à Québec, le 21 septembre 1869, Caroline Têtu, fille de Cirice Têtu, marchand de Québec ; dix enfants naquirent de cette union. Juchereau Duchesnay eut une vie très active dans la Beauce et y laissa une excellente réputation. Mais ce décès prématuré fit qu’il n’eut pas le temps, malgré ses qualités nombreuses, d’acquérir le prestige et la sympathie dont avait bénéficié son père.

Madeleine Ferron

AP, Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce (Sainte-Marie), Reg. des baptêmes, mariages et sépultures, 8 juill. 1887.— Québec, Parl., Doc. de la session, 1882, I : no 2 ; 1883–1884, IV : nos 22, 22a, 22b, 23.— L’Électeur (Québec), 24, 26 nov. 1885.— CPC, 1887.— P.-G. Roy, Les avocats de la région de Québec, 146.— Frère Éloi-Gérard [Talbot], Recueil des généalogies des comtés de Beauce-Dorchester-Frontenac, 1625–1946 (11 vol., Beauceville, Québec, 1949–1955), I.— Joseph Obalski, Or dans la province de Québec (Québec, 1898).— Honorius Provost, Sainte-Marie de la Nouvelle-Beauce ; histoire civile (Québec, 1970).— P.-G. Roy, La famille Juchereau Duchesnay (Lévis, Québec, 1903) ; La famille Taschereau (Lévis, 1901).— Rumilly, Hist. de la prov. de Québec, X.— Errol Bouchette, « Les débuts d’une industrie laitière et notre classe bourgeoise », SRC Mémoires, 3e sér., 6 (1912), sect. : 143–157.

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Madeleine Ferron, « JUCHEREAU DUCHESNAY, HENRI-JULES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/juchereau_duchesnay_henri_jules_11F.html.

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Auteur de l'article:   Madeleine Ferron
Titre de l'article:   JUCHEREAU DUCHESNAY, HENRI-JULES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   20 avril 2014