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Titre original :  Ce monument marque le site où campèrent, du 23 au 27 novembre 1674, le Père Jacques Marquette et deux voyageurs, Pierre Porteret et Jacques Largillier.

Provenance : Lien

LARGILLIER (Langelier, Angilliers), JACQUES, dit le Castor, trafiquant de fourrures, colon, donné des Jésuites, compagnon du père Jacques Marquette*, né en France vers 1644, peut-être dans le village de Quierzy, en Picardie, décédé au poste de Kaskaskia, pays des Illinois, le 4 novembre 1714.

Vers 1664, Largillier vint rejoindre son oncle Raymond Pagé, dit Carcy, fixé à Québec puis à Beaupré. On retrouve pour la première fois le nom de Largillier dans un acte du notaire Jacques de La Tousche, au Cap-de-la-Madeleine, le 20 avril 1666, lorsqu’il s’engage à Adrien Jolliet et Denis Guyon pour faire « le voyage des Outaouais ». L’année suivante, il se fait accorder par Jean Bourdon*, seigneur de Dombourg, une concession qu’il cède le 11 août 1669 à son cousin Guillaume Pagé. Il entreprend alors un autre voyage aux pays d’en haut, probablement avec Adrien Jolliet et Jean Peré*, envoyés par Talon* « pour aller reconnoistre si la mine de cuivre qui se trouve au-dessus du lac Ontario [...] est abondante, facile à extraire ». Le 4 juin 1671, au saut Sainte-Marie, il est un de ceux qui signent l’acte de prise de possession des territoires de l’Ouest par Daumont* de Saint-Lusson.

Les registres de l’époque attestent que Largillier fit la traite des fourrures et qu’il était habile et entreprenant, d’où son surnom « Le Castor ». Le ler octobre 1672, en particulier, devant le notaire Gilles Rageot*, Largillier signait un contrat d’association avec Louis Jolliet* et quelques autres « pour faire ensemble le voyage aux Outaouas [et] faire traite avec les sauvages ». Largillier fit probablement partie de l’expédition de Jolliet vers le Mississipi en 1673 ; le découvreur avait certes une bonne opinion de la valeur de Largillier comme homme de canot pour le mettre ainsi au nombre de ses compagnons. En 1674, Largillier accompagnait le père Marquette au pays des Illinois. De retour à Québec en juillet 1675, il rapportait une riche cargaison de fourrures. Il est probable qu’il ramena par la même occasion les derniers écrits du père Marquette, décédé le 18 mai, et qu’il renseigna de vive voix le père Claude Dablon* sur la maladie et la mort de ce missionnaire, auquel il avait prodigué des soins constants et attentifs.

Les mois suivants, il fait cession de ses biens matériels et, dès 1676, il se met au service des Jésuites, vraisemblablement comme frère donné. Il ne semble pas, cependant, avoir prononcé les vœux habituels mais il fit probablement promesse solennelle. On lui permit de porter des vêtements laïques, pour le laisser plus libre dans ses nombreux déplacements. En 1681 le recensement le signale dans la mission des Outaouais. Il accompagne dans leurs courses et assiste les missionnaires Allouez*, Aveneau, Albanel*, Nouvel et Gravier. Par la suite, son nom n’apparaît plus dans les actes notariés.

Il passa les dernières années de sa vie à la mission de Kaskaskia, au pays des Illinois, et les missionnaires louèrent son inlassable dévouement. Devenu vieux, infirme, presque impotent, il fut entouré de petits soins par les pères de la mission, heureux de servir celui qui les avait si bien servis. Largillier ne survécut pas à l’épidémie de fièvre quarte qui ravagea la région de Kaskaskia en 1714. Il mourut le 4 novembre, quelques semaines après son supérieur, le père Pierre-Gabriel Marest.

Raymond Douville

ASJCF, Fonds Rochemonteix, 4 025, 10 ; 4 026.— AJQ, Greffe de Romain Becquet, 30 juill. 1675 ; Greffe de Pierre Duquet, 17 mars 1673 ; Greffe de Gilles Rageot, 1er oct. 1672, 19 oct. 1675.— JR (Thwaites), LXIV, LXVI, LIX, LXXI, passim.— Jug. et délib., I : 864.— N. M. Belting, Kaskaskia under the French régime (« University of Illinois studies in the social sciences », XXIX, Urbana, 1948).— Sister Mary Borgias Palm, Jesuit Missions of the Illinois Country, 1673–1763 (Cleveland, 1933).— Raymond Douville, Jacques Largillier dit « Le Castor », coureur des bois et frère donné, Cahiers des Dix, XXIX (1964) : 47–63.

Bibliographie générale

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Raymond Douville, « LARGILLIER, JACQUES, dit le Castor », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/largillier_jacques_2F.html.

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Auteur de l'article:   Raymond Douville
Titre de l'article:   LARGILLIER, JACQUES, dit le Castor
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   21 octobre 2014