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LEWIN, JAMES DAVIES, fonctionnaire, homme d’affaires et homme politique, né le 1er avril 1812 à Womaston, pays de Galles, fils de Samuel Lewin et de Mary Furmage ; le 17 décembre 1831, il épousa à Chatham, Nouveau-Brunswick, Sarah Ann Clarke, et ils eurent au moins sept enfants ; décédé le 11 mars 1900 à Lancaster (Saint-Jean-Ouest, Nouveau-Brunswick).

James Davies Lewin descendait d’une famille de gentilshommes fortunés du pays de Galles ; la famille de sa mère, qui habitait le Middlesex, en Angleterre, était représentée depuis des générations dans l’armée et la marine britanniques. Après ses études dans une grammar school anglaise, Lewin entra au service du gouvernement britannique en 1830 et on l’affecta au service des douanes à la rivière Miramichi, au Nouveau-Brunswick. En 1838, il fut promu inspecteur à Saint-Jean et, huit ans plus tard, on lui confia des fonctions semblables à St Andrews, important poste frontalier. En 1848, on supprima le service des douanes britannique au Nouveau-Brunswick et Lewin s’installa alors à Terre-Neuve pour occuper un poste d’inspecteur à St John’s. L’année suivante, ce service disparut également et Lewin dut se mettre à la recherche d’un emploi.

Depuis son arrivée en Amérique du Nord britannique, Lewin avait commencé à prendre racine au Nouveau-Brunswick. En poste à la rivière Miramichi, il avait épousé la fille de Richard Samuel Clarke, shérif en chef du comté de Northumberland. Puis, comme il avait acquis beaucoup de biens durant son séjour à Saint-Jean, il était presque à prévoir qu’il décide d’y revenir après la dissolution du service des douanes de Terre-Neuve. Une fois de retour, il se lança dans la vente d’assurances. Il obtint également de la ville qu’elle lui loue une terre d’environ 200 acres dans la paroisse de Lancaster, à l’ouest de Saint-Jean.

Lewin, actionnaire de la Bank of New Brunswick depuis plusieurs années, fut élu président et directeur de l’établissement en 1857, après la démission de Thomas Edward Millidge. Pendant plus de 40 ans, la banque allait être associée à Lewin. Il abandonnerait les fonctions de directeur vers la fin des années 1880 mais conserverait la présidence jusqu’à sa mort. Les gens avaient bonne opinion de lui et le considéraient comme un investisseur prudent et quelque peu conservateur. Toutefois, il est permis de croire que son maintien au poste de directeur fut tout autant attribuable à l’émigration de successeurs éventuels talentueux qu’aux évaluations élogieuses dont il fut l’objet.

Par ses intérêts commerciaux, Lewin fut associé à certains des principaux projets qui retenaient l’attention du milieu des affaires de son temps. Il fut l’un des administrateurs de la Joggins Coal Mines Association et, en 1853, devint membre du premier conseil d’administration de la Saint John Suspension Bridge Company. Cette société était propriétaire d’un pont situé aux abords de la ville, qui reliait les populations installées de part et d’autre de l’embouchure de la rivière Saint-Jean. En 1855, Lewin devint président de la société et le demeura jusqu’en 1875, date à laquelle le gouvernement provincial prit possession du pont. Tout au long des années 1860 et 1870, il poussa le gouvernement provincial à améliorer les voies donnant accès au pont par le côté ouest.

Pendant les années 1860, Lewin, partisan du libre-échange, lutta activement contre la Confédération, en affirmant qu’« il serait préférable, et de loin », d’établir une union des Maritimes et de négocier un traité de réciprocité avec les États-Unis. Il reprit intérêt à la politique à la suite du scandale du Pacifique en 1873 [V. sir John Alexander Macdonald]. Avec d’autres libéraux, il lutta contre le gouvernement de Macdonald et se réjouit de la victoire d’Alexander Mackenzie en 1874. Deux ans plus tard, on nomma Lewin au Sénat, au poste laissé vacant par la mort de John Robertson*. Son « caractère tranquille et réservé » l’empêcha peut-être de s’engager dans les débats mais, en revanche, au comité de la banque et du commerce, on mit à profit ses connaissances financières.

James Davies Lewin passa les dernières années de sa vie dans sa spacieuse résidence de Lancaster, où demeuraient également sa bru et ses petits-enfants. À sa mort, un journal catholique fit observer qu’il avait gagné l’estime de la collectivité par « son bon jugement et sa réputation irréprochable », illustrés peut-être par sa fortune estimée à 320 000 $ et les généreuses dispositions de son testament à l’égard de ses enfants, de ses petits-enfants et de l’Église méthodiste.

Elizabeth W. McGahan

APNB, RG 7, RS71, 1900, J. D. Lewin.— Musée du N.-B., Saint-Jean, real estate schedule, {{cb doc}}.— Daily Telegraph (Saint-Jean, N.-B.), 12, 14 mars 1900.— Freeman (Saint-Jean), 17 mars 1900.— Saint John Globe, 12 mars 1900.— DBC, 10 (bio. de John Robertson).— N.B. vital statistics, 1857–59 (Johnson).— E. W. McGahan, The port of Saint John [...] (1 vol. paru, Saint-Jean, 1982–  ), 2135.— W. S. MacNutt, The Atlantic provinces : the emergence of colonial society, 1712–1857 (Toronto, 1965).— William Murdoch, « The Saint John suspension bridge », New Brunswick Hist. Soc., Coll. (Saint-Jean), 4 (19191928), no 10 : 123.

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Elizabeth W. McGahan, « LEWIN, JAMES DAVIES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/lewin_james_davies_12F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   21 avril 2014