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LONGLEY, LYDIA (baptisée Lydia-Madeleine), dite Sainte-Madeleine, captive anglaise, sœur de la Congrégation de Notre-Dame, née à Groton, Massachusetts, le 12 avril 1674, fille de William Longley, baptisée, selon les rites de l’Église romaine, à Montréal le 24 avril 1696, décédée à Montréal le 20 juillet 1758.

Le grand-père de Lydia, William Longley, était venu d’Angleterre en Amérique vers 1650 avec un groupe de colons puritains qui s’étaient installés à Groton, près de Boston. Son père s’appelait aussi William Longley, mais on ne connaît pas le nom de sa mère. Lydia avait onze ans lorsque son père contracta en 1685 un second mariage avec la veuve Delivrance Crisp.

À l’âge de 20 ans, Lydia fut brusquement séparée de sa famille, lorsque les Abénaquis, alliés des Français dans la guerre contre les colonies anglaises, attaquèrent Groton le 27 juillet 1694. Après avoir tué les époux Longley et cinq de leurs enfants, ils amenèrent Lydia, John et Betty en captivité en Nouvelle-France. Betty mourut durant le trajet qui se fit à pied et qui fut très pénible ; John fut retenu prisonnier dans le village abénaquis de Saint-François-de-Sales (Odanak), sur la rivière Saint-François. Quant à Lydia, elle fut conduite à Ville-Marie, où les Français l’achetèrent immédiatement et la confièrent à Jacques Le Ber*, père de Jeanne* et de Pierre*. La jeune captive trouva dans sa nouvelle famille un monde qui heurtait sa foi et son éducation puritaines. Mais on l’entoura de tant d’affection qu’elle refusa de retourner à Groton, quand s’organisèrent les échanges de prisonniers.

Des influences discrètes mais décisives amenèrent Lydia Longley du presbytérianisme au catholicisme, puis à la vie religieuse : le 5 août 1695, Jeanne Le Ber se fit recluse volontaire à la Congrégation de Notre-Dame, et Lydia fut marquée par la générosité de la jeune fille et par la cérémonie de réclusion ; Pierre Le Ber se préparait à se joindre aux Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph, dont il avait été, avec François Charon* de La Barre et Jean Fredin, le cofondateur ; de plus, Mary Sayward*, autre captive anglaise avec qui Lydia se lia d’amitié, s’était déjà convertie au catholicisme le 8 décembre 1693. Quand Lydia exprima son désir de devenir catholique, on la confia à Marguerite Bourgeoys* pour son instruction religieuse. Le 24 avril 1696, la jeune fille fit solennellement acte d’abjuration de sa foi, dans la chapelle de la Congrégation de Notre-Dame. Le même jour, elle reçut le baptême et fut nommée Lydia-Madeleine, d’après sa marraine, Marie-Madeleine Dupont de Neuville, épouse de Paul Le Moyne* de Maricourt et cousine de Jeanne Le Ber.

Lydia-Madeleine entra à la congrégation en décembre 1696. Elle se trouvait la seconde captive anglaise reçue par mère Bourgeoys, puisque Mary Sayward, dite Marie-des-Anges, l’avait précédée deux ans auparavant. Mais elle fut, semble-t-il, la première à faire profession dans la congrégation. Comme nom de religion, elle reçut celui de son baptême et elle prononça des vœux simples le 16 septembre 1699.

Sœur Sainte-Madeleine vécut 62 ans dans la communauté, à Montréal surtout, puis à Sainte-Famille, île d’Orléans, où elle fut supérieure de la mission. Elle mourut le 20 juillet 1758, à l’âge de 84 ans, et elle fut inhumée le lendemain dans la chapelle de l’Enfant-Jésus de l’ancienne église Notre-Dame de Montréal. Elle s’inscrit dans l’histoire comme « la première religieuse américaine », selon le titre qu’Helen A. McCarthy a donné à sa biographie romancée de Lydia Longley, The first american nun.

Andrée Désilets

ACND, La Congrégation de Notre-Dame : son personnel, 1653–1768 ; Fichier général des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ; Plans des lieux de sépulture depuis 1681–CND ; Registre des sépultures des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ; Registre général des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal.— Coleman, New England captives.— Sister Saint Ignatius [Catherine Jane] Doyle, Marguerite Bourgeoys and her congregation (Gardenvale, Québec, 1940).— Lemire-Marsolais et Lambert, Histoire de la Congrégation de Notre-Dame, passim.— Helen A. McCarthy, Lydia Longley, the first american nun (New York et Londres, 1958).

Bibliographie générale

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Andrée Désilets, « LONGLEY, LYDIA », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/longley_lydia_3F.html.

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Auteur de l'article:   Andrée Désilets
Titre de l'article:   LONGLEY, LYDIA
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   2 septembre 2014