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M’LEOD, DONALD, soldat et journaliste, né le 1er janvier 1779, à Fort Augustus, dans le comté d’Inverness, en Écosse, décédé le 22 juillet 1879 à Cleveland, Ohio.

Donald M’Leod fit ses études de théologie à l’University of Aberdeen. Il servit malgré tout dans la marine royale de 1803 à 1808 ; il combattit ensuite comme sergent dans l’armée britannique pendant la campagne d’Espagne, puis au Canada, à Queenston Heights, à Crysler’s Farm et à Lundy’s Lane, pendant la guerre de 1812, et enfin, de nouveau en Europe, à Waterloo, en 1815. Il fut démobilisé et, en 1816, il retourna au Canada où il s’installa sur une terre dans le canton d’Augusta. N’ayant pas réussi comme fermier, il devint maître d’école à Brockville, puis alla s’établir à Prescott, où il ouvrit une école classique et où il fut nommé greffier à la Cour des requêtes.

En 1832, M’Leod acheta le journal réformiste Grenville Gazette, de Prescott. Journaliste, il joua également un rôle important dans la vie politique du comté de Grenville en s’opposant à Jonas Jones*, candidat tory à Leeds et à Grenville. Lorsque la rébellion éclata au Haut-Canada, en décembre 1837, une foule de partisans tories s’emparèrent de son imprimerie et mirent sa maison à sac. M’Leod, qui avait été chef de bataillon dans la milice de Grenville, s’enfuit aux États-Unis et gagna l’île Navy, où les Patriotes s’étaient rassemblés pour envahir le Haut-Canada ; il devint brigadier général dans leur armée.

Les Patriotes ayant évacué l’île Navy, le général Rensselaer Van Rensselaer*, leur commandant en chef, donna l’ordre à M’Leod d’emmener ses troupes à Detroit pour faire la liaison avec les Patriotes de l’Ouest et leurs partisans américains. Le 24 février 1838, les forces de M’Leod occupèrent l’île Fighting, sur la rivière Detroit, mais ils étaient pratiquement sans armes et ils furent obligés de se replier. M’Leod se porta alors à la rescousse des Patriotes qui avaient occupé l’île Pelee, mais il n’y arriva que pour apprendre qu’ils avaient été battus et mis en déroute le 3 mars. Plus tard dans le courant du mois de mars, lors d’une réunion à Lockport dans l’état de New York, un groupe de réfugiés canadiens, parmi lesquels se trouvait M’Leod, mit sur pied l’expédition qui incendia le navire britannique Sir Robert Peel, sur le Saint-Laurent, le 29 mai. Quand, en juin, l’exécution prématurée du coup de main sur Short Hills menaça de faire échouer une série de raids plus importants et mieux organisés que les Patriotes devaient effectuer au Canada le 4 juillet, M’Leod dépêcha en vain Linus Miller au Canada pour essayer de faire revenir les instigateurs du coup.

M’Leod s’établit ensuite à Cleveland, quartier général de la section ouest des frères-chasseurs (Hunters’ Lodges), créés dans le but de préparer l’avènement de la république au Canada, et il essaya de gagner le plus du monde possible à la causes des Patriotes. Se trouvant aux prises avec des difficultés financières, il était irrité de voir les frères-chasseurs américains conserver le contrôle des opérations et refuser de lui venir en aide avec les fonds recueillis pour la cause. M’Leod traita le comité de Cleveland de bande de « spéculateurs ». Il se déclara également contre leur projet de recourir à des procédés « d’assassins de minuit » en enlevant d’éminents leaders tories du Haut-Canada, en les gardant comme otages, et en incendiant leurs propriétés ; sur ce, il leur « lança [sa] démission à la figure ».

M’Leod fut arrêté, accusé d’avoir violé les lois américaines de neutralité, et jugé à Detroit le 25 juin 1838. Le jury l’acquitta, après avoir délibéré toute la nuit. En 1840, après que William Lyon Mackenzie* fut sorti de prison, M’Leod se querella avec lui déçu de voir ce dernier refuser de poursuivre la guerre à la frontière. M’Leod annonça alors qu’il s’abstiendrait de toute activité dans les rangs des Patriotes.

En 1841, « poussé par le besoin », M’Leod publia A brief review of [...] Upper Canada [...], qu’il rédigea en six semaines en s’inspirant largement d’écrits de Mackenzie, tels que Caroline almanack et Mackenzie’s Gazette. En 1846, il publia son History of Wiskonsan [...], volume qui était déjà sur le métier en 1843, mais pour lequel M’Leod a été accusé d’avoir plagié A geographical and topographical description of Wisconsin [...], publié par Increase Allen Lapham, à Milwaukee, en 1844. Il est fort possible qu’il en ait usé largement, mais il apporte aussi de nombreux renseignements supplémentaires sur la nature du sol et du climat du Wisconsin, où, d’après lui, le système agraire et la constitution étaient bien meilleurs qu’au Canada-Ouest.

Ayant obtenu son pardon, M’Leod retourna au Canada-Ouest en novembre 1846 et s’installa à Sparta, dans le canton de Yarmouth. Quand Mackenzie fut élu à l’Assemblée législative en 1851, M’Leod s’empressa de renouer des relations épistolaires avec lui. Cette même année, John Rolph*, qui avait également été impliqué dans la rébellion, fut nommé commissaire des Terres de la couronne ; par son intermédiaire, M’Leod sollicita un poste et se vit nommer au bureau des brevets. Dans la controverse au sujet du « drapeau parlementaire », il soutint Rolph que certains accusaient de trahison. Ce dernier avait accepté d’être du nombre des émissaires envoyés par Francis Bond Head pour parlementer avec les rebelles de Toronto, mais au cours de sa mission, il avait conseillé aux rebelles de marcher sur la ville.

Pendant sa vieillesse, M’Leod reçut une pension pour services rendus. Affaibli par des crises d’asthme et de catarrhe, mais en possession de toutes ses facultés jusqu’à la fin, M’Leod mourut à Cleveland, chez sa fille, en 1879.

Lillian Francis Gates

Donald M’Leod, A brief review of the settlement of Upper Canada by the U.E. loyalists and Scotch Highlanders in 1783 ; and of the grievances which compelled the Canadas to have recourse to arms [...] (Cleveland, Ohio, 1841) ; History of Wiskonsan, from its first discovery to the present period ; including a geological and topographical description of the territory with a correct catalogue of all its plants (Buffalo, N.Y., 1846).

APC, FM 24, B24 (Papiers John Rolph).— PAO, Mackenzie-Lindsey collection.— Wisconsin Hist. Soc., M’Leod à L. C. Draper, 18 mai 1879.— The Caroline almanack, and American freeman’s chronicle [...], W. L. Mackenzie, édit. (Rochester, N.Y., [1840]).— Cleveland Herald and Gazette, 5 févr. 1838.— Cleveland Leader, 19 juill. 1876.— Detroit Daily Free Press, 28 juill. 1839.— William Canniff, History of the settlement of Upper Canada (Ontario), with special reference to the Bay Quinté (Toronto, 1869).— R. B. Ross, The Patriot war, Michigan Pioneer Collections (Lansing, Mich.), XXI (1892) : 509–609.— O. E. Tiffany, The relation of the United States to the Canadian rebellion of 1837–1838, Publications of the Buffalo Hist. Soc., VIII (1905) : 7–147.

Bibliographie générale

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Lillian Francis Gates, « M’LEOD, DONALD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/m_leod_donald_10F.html.

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Auteur de l'article:   Lillian Francis Gates
Titre de l'article:   M’LEOD, DONALD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   28 juillet 2014