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MACPHERSON, DONALD, officier, né vers 1755 dans l’Inverness-shire, Écosse ; il aurait épousé Elspeth Macpherson, et ils auraient eu au moins un enfant, Allan, « laird de Napanee » ; le 23 janvier 1795, il épousa dans la paroisse de Laggan, Invernessshire, Ann Shaw, et de ce mariage naquirent trois fils et six filles ; décédé le 25 février 1829 à Kingston, Haut-Canada.

Les origines familiales et la jeunesse de Donald Macpherson sont entourées d’un voile d’incertitude, mais les détails de sa carrière militaire sont assez connus. En 1775, au moment où éclatait la Révolution américaine, il s’enrôla dans le 71st Foot. Le 15 janvier 1777, il reçut sa première commission, qui le faisait lieutenant dans le 4e bataillon des New Jersey Volunteers, et il servit avec cette unité loyaliste à l’île Staten, dans l’état de New York, pendant tout le reste de l’année 1777 et plus de la moitié de 1778. Cependant, il passa la plus grande partie de la guerre au sein du 71st Foot, comme enseigne dans le 2e bataillon dès le mois d’août 1778, puis comme lieutenant dans le 1er bataillon à compter du 19 octobre 1779.

De retour en Écosse en 1783, Macpherson refusa de sombrer dans l’anonymat des officiers à la demi-solde et rata rarement une occasion de reprendre les armes. En 1794, il recruta à « grands frais » une compagnie pour le Loyal Cheshire Regiment et, en 1798, il mit sur pied une unité formée de membres de différents clans, laquelle prit le nom de Cluny Volunteers. Le 9 juillet 1803, il fut promu capitaine dans le 92nd Foot et, le 1er janvier 1805, il accéda au grade de major de l’armée. En janvier 1806, il fut muté dans un bataillon de vieux soldats, le 9th Royal Veterans.

Ce fut à titre de major du 10th Royal Veteran Battalion que Macpherson fut envoyé au Canada. Arrivé à Québec avec sa famille en 1807, il fut « honoré du commandement » du poste de Kingston en 1809. Avant la guerre de 1812, rien ne vint troubler son mandat, dont l’une des principales caractéristiques fut une quantité prodigieuse de devis de jointoiement, de chaulage et de charpenterie, travaux destinés davantage à préserver la ville des intempéries qu’à la garantir contre un ennemi éventuel.

Quand la guerre de 1812 éclata, Macpherson dénonça la pénurie « critique » d’artillerie légère et le piteux état des casernes et des édifices publics de Kingston. L’année suivante, une rangée de fortins et une palissade vinrent modifier l’aspect militaire de la ville. Un programme de construction d’urgence avait donc été lancé, et il témoignait de la direction de Macpherson et de sa résolution de faire « tout ce qui [était] en [son] pouvoir [...] pour la défense du poste ».

On croit généralement que Macpherson fut commandant de Kingston pendant toute la guerre de 1812, mais certains documents prouvent que ce ne fut pas le cas. Il se trouvait dans cette ville lors de l’attaque lancée sans succès par le commodore Isaac Chauncey en novembre 1812, comme en témoigne une de ses filles qui se rappelait que des balles avaient traversé « les murs de bois de la jolie villa blanche qui faisait alors office de résidence du commandant ». Cependant, dès mai 1813, Macpherson se trouvait à Québec, où il commandait le 10th Royal Veteran Battalion. Il fut promu lieutenant-colonel le 18 novembre 1813. Même si un de ses enfants disait d’un ton frivole que la vie à Québec était « très gaie » et qu’il y avait « bal un soir sur deux », les fonctions de Macpherson étaient rarement brillantes. Commander une unité de vieux soldats infirmes, approuver des pensions de veuves, recommander des promotions pour des officiers et compiler des comptes rendus de réclamations, tout cela était plutôt un travail ennuyeux et sédentaire. Macpherson demeura à Québec jusqu’en décembre 1816 pour surveiller le départ vers l’Europe de plusieurs détachements de son bataillon réformé.

Quand Macpherson, mis à la retraite avec pleine solde, retourna à Kingston en 1817, il avait apparemment tout de l’homme prospère et bien établi. Ce « vieil officier aguerri », trapu et rougeaud, avait l’air florissant. Le gouvernement répondit généreusement à ses requêtes de terres : il. obtint de vastes concessions non seulement dans Kingston même, mais aussi dans les cantons d’Eramosa, de Nassagaweya et de Melbourne.

Dès 1820, Macpherson vivait dans le canton de Pittsburgh, près de Kingston, dans un domaine qu’il avait baptisé, avec nostalgie, Cluny. Il était à la retraite sans pour autant être inactif. Membre d’un groupe de résidents bien en vue de Kingston, il prêta son concours et sa fortune à diverses causes civiques et morales. En 1817, il souscrivit à la Kingston Compassionate Society et, en 1826, à la Cataraqui Bridge Company ; en 1819 et 1820, il représenta le canton de Pittsburgh et l’île Wolfe au sein de la société d’agriculture du district de Midland ; et de 1826 à 1828, il fit partie du conseil d’administration de la Kingston Boarding and Day School for Young Ladies. Il fut également l’un des fondateurs de l’église presbytérienne St Andrew de Kingston et, à ce titre, il fut ordonné conseiller presbytéral en 1822 par le révérend John Barclay.

Le dévouement de Macpherson envers son clan et sa parenté n’est pas moins digne de mention. Lorsqu’en 1820 ses parents par, alliance, les Macdonald, arrivèrent de Glasgow, en Écosse, ils se présentèrent chez lui et lui demandèrent son aide. Comme sa femme, Ann Shaw, et celle de Hugh Macdonald, Helen Shaw, étaient des demi-sœurs, les deux familles ne tardèrent pas à devenir très proches. La tradition rapporte que lorsqu’il était écolier John Alexander Macdonald* rendait souvent visite aux Macpherson, où il appréciait particulièrement la bibliothèque de son oncle et les « tranches de pouding » mises de côté par la plus jeune de ses cousines.

Donald Macpherson réduisit peu à peu ses activités pendant les dernières années de sa vie. Dès 1820, assombri par la « certitude de la mort », il prépara son testament, dans lequel il répartit ses terres, sa pension militaire et les « meubles, vaisselle, literie et linge de table de [son] ménage ». Dès 1826, le journal local annonçait la vente de sa « belle ferme ». Des accès récurrents de « fièvre » et de rhumatisme le contraignaient à garder la chambre. Macpherson mourut le 25 février 1829 à l’âge de 74 ans. « Une foule nombreuse » assista aux funérailles où on lui rendit les honneurs militaires. Dans leurs prières silencieuses, ces gens rendirent hommage à l’« officier et [au] gentleman » qui avait consacré 54 années « au service de son roi et de son pays ».

Laurie C. C. Stanley

L’auteur tient à remercier Alan G. Macpherson et George F. G. Stanley pour leur aide généreuse. De plus, nous avons consulté pour cette recherche les archives privées de Mme Jean Macpherson et Mme Lisa Macpherson (Toronto) de même que celles du major J. P. C. Macpherson (Kingston, Ontario).  [l. c. c. s.]

Allan Macpherson House (Napanee, Ontario), Dress sword inscription.— AO, RG 1, A-I-6, 6 ; C-I-3, 20, 109 ; C-I-4, 4 ; C-IV, Kingston (ville) : 2531–2533 ; Pittsburgh Township, lot C front : 20–22 ; RG 22, sér. 155 ; RG 53, sér. 55, 4–16.— APC, MG 26, A, 549 : 258896–258928 ; RG 1, L1, 14 : 247–248 ; 28 : 264, 317 ; L3, 273 : K 15/54n-q ; 335A : M10/2–2a ; 337A : M11/177–177a ; 338 : M11/237–237b ; L3L : 1585, 2167, 2387, 67053–67080 ; RG 5, A1 : 4891–4892, 5699, 5701, 27325–27326 ; RG 8, I (C sér.), 1–4, 6, 275, 548–549, 551–552, 554, 676, 688A, 789–790, 1168, 1203 1/2H, 1218, 1707, 1858, 1860.— Cataraqui Cemetery Company (Kingston), Reg. of burials, 1834–1940 (mfm à la Kingston Public Library) ; Tombstone inscription.— EEC, Diocese of Ont. Arch. (Kingston), St George’s Cathedral (Kingston), reg. of baptisms, 1812 : 80.— General Register Office (Édimbourg), Laggan, reg. of baptisms, marriages, and burials.— PRO, WO 13/4376 ; 31, bundle 219.— QUA, Frontenac County land reg. copy books, book C, F-145, instrument 315 : 15–16 ; book J, F-249, instrument 146 : 214.— St Andrew’s Presbyterian Church (Kingston), Memorial wall plaque ; Reg. of baptisms, 1821–1859 ; Reg. of marriages, 1822–1857 (mfm aux QUA).— St Andrew’s Presbyterian Church (Québec), Reg. of baptisms, marriages, and burials, 1770–1816 (mfm aux APC).— Kingston before War of 1812 (Preston).— David Stewart, Sketches of the character, manners, and present state of the Highlanders of Scotland ; with details of the military service of the Highland regiments (2 vol., Édimbourg, 1822), 2.— La Gazette de Québec, 17 sept. 1807, 9 mars 1829.— Kingston Chronicle, 1819–1820, 1826–1829.— Kingston Gazette, 9 déc. 1817.— Loyalist (York [Toronto]), 14 mars 1829.— Quebec Mercury, 7 mars 1829.— Star and Commercial Advertiser (Québec), 7 mars 1829.— G.-B., WO, Army list, 1779–1817.— D. [G.] Creighton, John A. Macdonald, the young politician (Toronto, 1952 ; réimpr., 1965).— W. S. Herrington, History of the county of Lennox and Addington (Toronto, 1913 ; réimpr., Belleville, Ontario, 1972).— Mary Jukes, New life in old houses (Don Mills [Toronto], 1966). J. P. Macpherson, Life of the Right Hon. Sir John A. Macdonald (2 vol., Saint-Jean, N.-B., 1891 ; contient une reproduction d’une miniature de Donald Macpherson).— A. G. Macpherson, « An old Highland parish register : survivals of clanship and social change in Laggan, Inverness-shire, 1775–1854, [part] II », Scottish Studies (Édimbourg), 12 (1968) : 81–111.— G. F. G. Stanley, « The Macpherson–Shaw–Macdonald connection in Kingston », Historic Kingston, no 13 (1965) : 3–20.— R. L. Way, « Soldiering at Fort Henry », Canadian Geographical Journal (Ottawa), 48 (janv.–juin 1954) : 178–199.

Bibliographie générale

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Laurie C. C. Stanley, « MACPHERSON, DONALD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/macpherson_donald_6F.html.

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Auteur de l'article:   Laurie C. C. Stanley
Titre de l'article:   MACPHERSON, DONALD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   25 octobre 2014