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McCORMICK, THOMAS, manufacturier, né le 1er juillet 1830 à Dungannon (Irlande du Nord) ; il épousa Catherine Armstrong (décédée en 1900) de Buffalo, New York, et ils eurent sept fils et cinq filles ; décédé le 6 juin 1906 à Newton, Kansas, et inhumé à London, Ontario.

Thomas McCormick émigra d’Irlande vers 1849. Il vécut un moment à Buffalo, où il fit la connaissance de celle qui allait devenir sa femme. Au début des années 1850, il s’installa à London, où il fut plusieurs années commis d’épicerie. En 1858, il ouvrit une petite confiserie ; il fabriquait surtout des bonbons durs et destinait sa production à la vente locale en gros. Ainsi, il se mesurait à un autre confiseur de London, Daniel Simmons Perrin, qui avait lancé son entreprise quatre ans plus tôt. D’ailleurs, le nom de sa compagnie, Dominion Steam Confectionery and Biscuit Works, s’inspirait visiblement de celui de l’entreprise de Perrin : Forest City Steam Confectionery and Biscuit Works.

McCormick avait certes du toupet de défier Perrin, mais en fait, c’était un entrepreneur prudent. Il bâtit son commerce petit à petit, à mesure que son bénéfice le lui permettait et en veillant à ne pas outrepasser son crédit. En 1872, il construisit une usine plus grande, car ses affaires étaient florissantes, et prit pour un moment un associé commanditaire, A. Keenleyside (probablement Anthony Keenleyside). À la fin des années 1870, il desservait tout le sud-ouest de l’Ontario et exploitait à nouveau seul son entreprise, constituée juridiquement en juillet 1879 sous le nom de McCormick Manufacturing Company Limited.

Prudent en matière financière, McCormick sut innover dans d’autres domaines. Par exemple, en 1880, il offrit ses biscuits soda en cartons de trois livres, devenant ainsi l’un des premiers manufacturiers canadiens de l’alimentation à adopter l’emballage à l’unité pour la vente au détail. L’arrivée des emballages – sanitaires et de manipulation facile – préparait la disparition du baril de biscuits soda, symbole omniprésent de la distribution des produits alimentaires en vrac au xixe siècle. Dans les années 1890, McCormick adopta une autre technique de mise en marché : les appellations commerciales et les marques de fabrique. Il lança une gamme de biscuits soda de choix et leur donna un nom (Jersey Cream Sodas) afin de les distinguer de ses produits standard, mais aussi afin de créer un lien avec le consommateur, qui, espérait-on, reconnaîtrait la supériorité du produit et demeurerait fidèle à la marque. De même, il adopta le symbole d’un jeune homme en habit colonial pour identifier ses produits alimentaires. Il suivait ainsi l’exemple de la Quaker Oats Company des États-Unis, avec son quaker souriant, et de la Tillson Oats Company de Tillsonburg, en Ontario, avec son sympathique Écossais. Tout comme John Warren Cowan au moyen de la feuille d’érable, McCormick visait à rendre ses produits facilement reconnaissables et à projeter une image qui attirerait la clientèle.

Au début du siècle, les produits de McCormick se vendaient d’un océan à l’autre et étaient annoncés dans les grands journaux de tout le pays. À sa mort en 1906, son fils, George Gleeson, qui était associé à l’entreprise depuis le début des années 1890 et en était vice-président, prit la relève. En 1926, la McCormick Manufacturing Company absorba plusieurs entreprises régionales de même que sa vieille rivale, la D. S. Perrin and Company, et prit le nom de Canada Biscuit Company.

Thomas McCormick soutenait activement l’Église méthodiste et le Parti conservateur. Sa participation aux affaires publiques se limita cependant à occuper un siège au conseil municipal de London dans les années 1870. Membre fondateur du Bureau de commerce en 1881, il appartint au conseil d’administration de l’Agricultural Savings and Loan Company. En outre, il fut membre du conseil du Victoria Hospital de London et, dans cette ville, construisit et prit à sa charge le T. McCormick Home for Aged People. Au moment de sa mort, il finançait la construction d’installations pour les indigents atteints de tuberculose au Muskoka Cottage Hospital près de Gravenhurst, en Ontario. Il mourut au Kansas en revenant d’un voyage en Californie ; il était allé là-bas dans le vain espoir de se refaire une santé. Il laissait quatre fils et deux filles. Que l’on trouve encore aujourd’hui les produits McCormick chez les détaillants canadiens est peut-être le plus bel hommage dont aurait pu rêver ce fabricant en qui s’alliaient capacité d’innovation et fidélité à ses principes.

Robert J. Burns

AO, RG 22, Ser. 321, no 8719.— Baker Library, R. G. Dun & Co. credit ledger, Canada, 19 : 13 (mfm aux AN).— Mount Pleasant Memorial Gardens (London, Ontario), Burial records.— Univ. of Western Ontario Library, Regional Coll. (London), Robert Morrison papers.— London Advertiser, 7, 11 juin 1906.— London Free Press, 8 juin 1906.— R. J. Burns, Paperboard and paper packaging in Canada, 1880–1930 (Environnement Canada, Service canadien des parcs, Rapport sur microfiches, no 393, 2 vol., Ottawa, 1989).— Canadian album (Cochrane et Hopkins), 4 : 488.— Canadian Grocer (Toronto), 15 juin 1906 : 57.— Middleton et Landon, Prov. of Ontario, 4 : 319.

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Robert J. Burns, « McCORMICK, THOMAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mccormick_thomas_13F.html.

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Auteur de l'article:   Robert J. Burns
Titre de l'article:   McCORMICK, THOMAS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   19 décembre 2014