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McCORMICK, WILLIAM, homme politique, officier de milice, homme d’affaires, fonctionnaire, juge de paix et auteur, né le 30 mai 1784, probablement dans la région de l’Ohio, aîné des enfants d’Alexander McCormick et d’Elizabeth Turner ; le 29 janvier 1809, il épousa dans le canton de Colchester, Haut-Canada, Mary Cornwall, et ils eurent 13 enfants dont l’un mourut en bas âge ; décédé le 18 février 1840 dans l’île Pelee, Haut-Canada.

Pendant la guerre d’Indépendance américaine, le père de William McCormick, trafiquant de fourrures dans la région de l’Ohio, participa à l’expédition du capitaine Henry Bird contre le Kentucky et servit sous les ordres du capitaine William Caldwell* des Butler’s Rangers. Après la guerre, il apparaît comme résident de Detroit dans certains documents, mais il tenait également un poste de traite aux rapides de la rivière des Miamis (Maumee River, Ohio). Après la destruction de son poste à la bataille de Fallen Timbers [V. Michikinakoua*] en août 1794, il passa dans le Haut-Canada, où il s’établit d’abord dans le canton de Malden puis dans celui de Colchester. En qualité de fils aîné, William devint chef de famille à la mort de son père en 1803. Six ans plus tard, il affermit sa position dans le comté en épousant Mary Cornwall, fille du loyaliste John Cornwall, important propriétaire terrien et ancien député de l’Assemblée. McCormick nourrit bientôt des ambitions politiques et, en mai 1812, fut élu député de la circonscription d’Essex. Il remporta de nouveau la victoire en 1816 et en 1820. Au cours de ses mandats, il tenta pendant quelque temps, mais sans succès, de faire transférer le chef-lieu de Sandwich (Windsor) à Amherstburg.

Pendant la guerre de 1812, McCormick combattit au sein du lst Essex Militia, d’abord à titre de lieutenant puis de capitaine ; en 1813, il participa aux attaques lancées contre Frenchtown (Monroe, Michigan) et le fort Meigs (près de Perrysburg, Ohio). Sa capture, à la fin de 1813 ou en janvier 1814, mit fin à son service de guerre. Une fois la paix restaurée, McCormick obtint un contrat en vertu duquel il approvisionnerait le fort Malden (Amherstburg) en porc ; c’est pourquoi il loua d’Alexander McKee l’île Pelee et, avec un associé, y éleva plusieurs centaines de ces animaux. Il eut également, au moins à compter de 1821, un magasin général à Colchester et réussit en outre à obtenir des charges publiques. Ainsi il devint receveur adjoint des douanes à Amherstburg en 1815, juge de paix en 1816 et maître de poste adjoint de Colchester en 1821. Demeuré en service actif dans la milice, il fut affecté en 1816 au Bureau des pensions de la milice, section du district de Western. En 1820, avec le révérend Richard Pollard*, il joua un rôle important dans la construction de la Christ Church à Colchester.

Vers 1819, McCormick avait reçu d’un oncle irlandais un héritage de quelque £10 000, ce qui améliora de beaucoup sa situation financière et lui permit de multiplier ses biens-fonds. Non seulement acheta-t-il le bail de l’île Pelee en 1823, mais il fit de gros investissements fonciers sur la terre ferme : de 1820 à 1824, il acheta 1 290 acres et prit une hypothèque sur 700 autres. Cependant, après 1825, il vendit plus de terres qu’il n’en acheta – principalement pour financer des activités dans l’île – de sorte qu’à sa mort il possédait moins de 300 acres sur la terre ferme. La spéculation foncière fut rentable pour lui, puisque de 1820 à 1839 elle rapporta £2 770 sur des terres qui lui avaient coûté en gros £900.

Pour régler la succession de son oncle irlandais, McCormick dut se rendre en Angleterre et en Irlande en 1823. Pendant qu’il était à Londres, il fit parvenir à la chambre des Communes, dans le cadre d’une campagne visant à promouvoir l’agriculture dans le district de Western, un mémoire qui préconisait l’imposition par le gouvernement britannique d’un tarif préférentiel sur le tabac. Selon certains propriétaires fonciers du Haut-Canada, cette culture était promise à un avenir radieux et McCormick comptait en tirer un revenu en espèces. En outre, pour attirer des colons dans le district, il prépara un exposé sur la région et le distribua en Irlande ; parmi les documents de l’époque sur la situation du district de Western, le sien demeure le plus complet. McCormick revint dans le Haut-Canada en 1825.

Quand McCormick avait loué l’île Pelee en 1815, un doute pesait sur la légalité du titre de propriété de McKee – doute qui affecta par conséquent la légalité du bail puis la vente de celui-ci – parce que jamais il n’y avait eu extinction du titre indien. Cependant, McCormick était tout à fait convaincu d’être le locataire légitime, et à compter du milieu des années 1820 l’île devint le foyer de ses activités. Il aida à promouvoir la construction d’un phare en 1833 ; en avril suivant, il en fut nommé gardien et, pendant l’été, il installa sa famille dans l’île. Au milieu des années 1830, il conclut avec un entrepreneur de l’Ohio une entente en vue de l’établissement d’une scierie qui fabriquerait des traverses de cèdre pour un chemin de fer alors en construction et situé dans cet état. Il obtint également un contrat en vertu duquel il fournissait des pieux de cèdre au fort Malden. Cependant, il créa de l’animosité en s’appropriant ainsi le cèdre rouge de l’île pour son propre usage. Quelqu’un se plaignit au gouvernement que McCormick agissait illégalement, puisque l’île était encore propriété de la couronne, mais le commissaire des Terres de la couronne trancha en faveur de McCormick. Toutefois, il fallut attendre 1866 pour qu’un arrêté en conseil du gouvernement vienne confirmer le titre des McCormick.

En février 1838, un événement vint sérieusement bouleverser l’existence de William McCormick : un groupe de patriotes, venus de l’Ohio, franchirent les glaces et occupèrent l’île. McCormick s’enfuit alors sur la terre ferme avec sa famille, et un détachement de soldats britanniques força les envahisseurs à se retirer. Deux ans plus tard, il mourut dans l’île Pelee. Il avait tenté, dans son testament, de répartir équitablement l’île entre les membres de sa famille. En outre, il avait stipulé qu’aucun de ses enfants ou de leurs héritiers ne devait disposer d’aucune parcelle de terre avant la troisième génération, « à moins que ce ne soit au bénéfice d’un cohéritier portant le nom de McCormick ». Son fils aîné ne tarda pas à contrecarrer ses volontés : il s’appropria une grande partie des précieuses terres à bois et vendit des concessions à des gens de l’Ohio.

Kenneth G. Pryke

Le rapport que William McCormick a rédigé sur le district de Western en 1824 pour le distribuer en Irlande se trouve aux AO, Hiram Walker Hist. Museum coll., 20–135 (G. F. Macdonald papers). Il a été publié sous le titre de A sketch of the Western District of Upper Canada, being the southern extremity of that interesting province, R. A. Douglas, édit. (Windsor, Ontario, 1980).

AO, Hiram Walker Hist. Museum coll., 20–148 ; Land record index ; RG 1, A-I-6 : 13710–13711.— APC, MG 19, A3 ; RG 1, L3, 307A : Mc20/147 ; 337 : M11/50 ; 338 : M1/254 ; 341 : M12/203, 241 ; 377 : M misc. 3, 1802–1865/3 ; RG 5, A1 ; RG 8, I (C sér.), 1219 ; RG 9, I, B1.— DPL, Burton Hist. Coll., William McCormick papers.— Joseph Delafield, The unfortified boundary : a diary of the first survey of the Canadian boundary fine from St. Regis to the Lake of the Woods [...], Robert McElroy et Thomas Riggs, édit. (New York, 1943).— John Askin papers (Quaife), 1.— F. C. Hamil, The valley of the lower Thames, 1640 to 1850 (Toronto, 1951 ; réimpr., Toronto et Buffalo, N.Y., 1973).— Marion McCormick Hooper, Pelee Island, then and now ([Scudder, Ontario, 1967]).— K. M. J. McKenna, « The impact of the Upper Canadian rebellion on life in Essex County, Ontario, 1837–42 » (Canada, Direction des parcs et lieux hist. nationaux, Rapport sur microfiches, no 187, Ottawa, 1985).— G. E. Reaman, A history of agriculture in Ontario (2 vol., [Toronto, 1970]).— Thaddeus Smith, Point au Pelee Island : a historical sketch of and an account of the McCormick family, who were the first white owners on the Island (Amherstburg, Ontario, 1899).

Bibliographie générale

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Kenneth G. Pryke, « McCORMICK, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mccormick_william_7F.html.

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Auteur de l'article:   Kenneth G. Pryke
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   24 octobre 2014